Game in Society

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vendredi 27 janvier 2012

Petite note aux lecteurs du dossier CLEFS sur les jeux vidéo

J’ai eu le plaisir d’être contacté par Claire Steiner du magazine CLES, pour le dossier sur le jeu : « pourquoi jouons-nous de plus en plus ». Mme Steiner ayant eu la gentillesse de mentionner le présent blog, je me permets de vous proposer quelques prolongements.

cles Sur la façon dont a été considéré le jeu vidéo dans les années 1980, il faut entendre qu’il était avant tout vu comme une « électronisation du jouet », soit comme un loisir destiné aux plus jeunes, selon le principe développé par les industriels (Atari puis Nintendo) du family entertainment. Dans les années 1990, la perception a évolué avec des débats sur la violence de certains jeux, comme Mortal Kombat, puis avec l’émergence de lectures de sombres faits divers impliquant les jeux vidéo. Ces discours n’ont pas disparu et traduisent la face négative d’une même pièce qui consiste à attribuer des effets directs aux jeux vidéo : développer l’agressivité ou rendre intelligent procède de cette même logique.

Dans cette perspective, à propos du serious game, j’ai coutume d’être plus mesuré quant aux effets de ces dispositifs : le jeu ne suffit pas en soi et doit être inséré dans un ensemble plus large. C’est un outil dans une formation professionnelle ou continue, et sert avant tout de support à d’autres pratiques de transmission des savoirs. Le cas du newsgame est un exemple intéressant.

Ainsi, lorsque je regrette que les entreprises « hésitent à choisir un jeu trop performant, trop ludique » et qu’elles aient peur que le jeu « déforme leur message », je ne pense pas qu’un bon jeu pourrait se substituer aux formateurs ou aux professeurs. Je considère davantage que les spécificités discursives des jeux vidéo ne sont pas encore totalement prises en compte.,Par extension, nous ne sommes qu’à un premier stade d’utilisation des potentialités des jeux vidéo à des fins non divertissantes. J’ai pu développer cela dans ce texte sur les potentialités du jeu vidéo pour le webdoc, dans cette émission sur le transmedia, et dans celui-ci sur le phénomène de la gamification qui rencontre les mêmes limites.

Enfin, Je ne saurais que trop vous recommander le site de l’OMNSH, qui croise de nombreuses approches (sociologie, psychologie, philosophie, communication) sur le jeu vidéo.

vendredi 20 janvier 2012

Les études sur la violence des jeux vidéo sont scientifiquement faibles : une entrée par le corpus

Suite à l’article dans L’Express, j’ai pu recevoir quelques mails me demandant de m’expliquer sur l’absence d’effet des jeux vidéo violents. Beaucoup ont mis en avant la méta-analyse d’Anderson, et ont invalidé celle de Ferguson. Certes, je ne suis pas expert en psychologie, sociale, behavioriste ou cognitive. Aussi je leur accorde bien volontiers tout le crédit du monde sur ce choix, même s’ils ont une vision réductrice et auto-centrée qui ne prend pas du tout en compte les autres approches, sociologie en tête. Aussi de ce point de vue, il n’y a pas du tout consensus même sur les méta-analyses, et que ces méta-analyses ne sont que des instruments de reproduction d’un sous-champ disciplinaire, et que la quantité ne se substitue pas à la qualité (et inversement). Passons, ce sont d’autres débats.

Pourtant une approche socio-économique permettrait de voir comment avec la production de tels discours nous renforçons les entreprises marketing des industriels qui font de la violence leur cœur de discours, et ce depuis le clash entre Nintendo et Sega autour de Mortal Kombat en 1993. Ne laissons pas imposer les thèmes sur les jeux vidéo par le marché et les entrepreneurs, ni le paradigme performance technico-graphique comme critère de jugement pour des analyses scientifiques. Par exemple, la tarte à la crème qui alimente tant les testeurs que les chercheurs : « les jeux sont de plus en plus réalistes », pose la question « réalistes par rapport à quoi ? ». Il apparaît très vite que c’est par rapport aux critères de figuration audiovisuelle, cette maraude des développeurs (je précise que je ne parle pas ici des game designers et des graphistes) qui engendre des horreurs ludiques comme les full movie game based et permettait à l’industrie du middleware et du hardware graphique d’exister et de croitre indéfiniment.

Aussi, plutôt que de continuer à livrer une bataille théorique et idéologique sur les effets des jeux vidéo, je vais essayer de jouer le jeu de ces modalités d’analyse afin de les pousser au bout de leur logique. Donc partons des travaux de l’école Anderson/Gentile, et attardons-nous sur la fameuse dernière étude – celle qui est devenue un troll. À titre préliminaire, je remercie le Professeur Bègue de m’avoir fait parvenir son étude. J’ai d’ailleurs longtemps hésité à publier ce post, dans la mesure où je n’ai pas l’habitude de révéler des choses non publiques, ce qui serait contraire à un minimum d‘éthique. Heureusement, M. Bègue a fait une tribune intéressante qui contient les éléments dont j’avais besoin : le corpus.

N’ayant pas les compétences théoriques pour critiquer légitimement les fondements épistémologiques et constatant que nos différences d’approche sont indépassables, je démonterai l’étude en m’attaquant à l’une des pierres angulaires de la démonstration ; les corpus retenus pour les tests. Et je montrerai comment ces études ont un biais qui les invalide dans leur intégralité. Mais comme je suis pour le dialogue scientifique, même avec les défenseurs d’une lecture individualiste et asociale du monde (ce n’est pas un jugement de valeur mais une approche méthodologique qui existe), je prendrai le temps de souligner précisément ce qu’il faudrait intégrer pour commencer à considérer sérieusement et pacifiquement ces études. Et peut-être s’extraire de l’approche restrictive en termes de violence.

Un questionnement initial : le choix du corpus

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jeudi 19 janvier 2012

Sur la gamification

Quand j'ai entendu parlé de la gamification pour la première fois il y a deux ans, sur les listes de game studies, j'étais un peu sceptique. Encore un concept dans l'effervescence qui entoure les jeux vidéo. Puis j'ai parcouru le fascinant bouquin de Jane McGonigal, qui transpirait l'évangélisation. J'ai adoré le détester tout en détestant l'adorer. Mon point de désaccord était peut-être une simple histoire de marketing. On l'a vendu comme un ouvrage parlant de l'extension du domaine des jeux vidéo, alors qu'en fait Jane ne fait que du role playing avec des outils numériques. Donc pris entre cette envie de croire et une résistance naturelle aux gourous, j'ai décidé de me lancer dans une réflexion sur le terme de gamification au prisme de ce que j'ai pu apprendre du jeu vidéo.

Pour être complètement honnête, à l'activité de réflexion académique s'est ajoutée progressivement une activité de réflexion plus pragmatique : après une expérience en serious game, j'ai eu au plaisir des rencontres de faire du conseil sur des projets ultra sexy pour faire du jeu vidéo autrement ou de l'autrement avec du jeu vidéo. Donc cette série de post sur la gamification traduit un double positionnement (dédicace aux sociologues), mais comme j'aime être bien assis, j'ai essayé de rapprocher les deux chaises, ce qui n'empêchera pas les paradoxes et les contorsions.

La critique, tout d'abord du concept, de son succès, de l'évangélisation. Rare sont les notions qui connaissent un succès aussi fulgurant. Et pourtant rares sont des notions qui relabellisent avec autant de brio des pratiques existantes. Parce que si on regarde bien la gamification est généralement une coquille vide. Pire encore, la gamification n'existe pas, ce qui sera l'objet de la première partie.

Puis une fois la mise à distance effectuée, se pose les conditions d'émergences : comment cette nouvelle offre de service correspond à des attentes. Et là, on voit que la gamification répond à un des enjeux majeurs actuels : la question de l'engagement des publics. Et rien d'étonnant que dans le cadre de l'économie de l'attention, la gamification soit apparue comme le graal. Ce sera l'objet du second article.

Maintenant, dans son fondement, est-ce que la gamification tient toute ses promesses? Non, bien évidemment, surtout si l'on pense le terme du côté du game design. Aussi, après avoir considéré que les faiblesses de la gamification 1.0, nous allons essayer de penser ce que serait la version 2.0 de la gamification si elle osait le game design.

Et tout ceci nous amène à questionner ce que la gamification signifie politiquement. Le dernier post traitera ainsi de la gamification, des algorithmes.

Bien entendu, un sujet sur la gamification appelle aux commentaires, like et dislike et autres manifestations de votre part :) D'ailleurs, ce texte sera sûrement l'objet d'une réécriture plus sérieuse.

Update : la version PDF pour les liseuses Sur la gamification

La gamification comme politique de l'algocratie - Sur la gamification (4/4)

Après avoir étudié les limites et critiques, puis posé les enjeux économiques et organisationnels, nous avons laissé notre étude sur ce que le la gamification aurait à gagner si elle osait le game design. Maintenant, au regard des enjeux futurs qui dépasse la gamification v 1.0 nous allons essayer d'interroger la notion d'un point de vue plus politique autour d'une simple question : qu'est-ce que serait un monde gamifié?

Les formes de l’exploitation : du community au « commodity management »

Pour Ian Bogost, la gamification est une forme d’exploitation, et face à l’usage de plus en plus important par le business, décide de renommer la gamification marchande comme « exploitationware ». La critique est claire : la gamification est un processus d’asservissement qui permet d’exploiter les participants. Ce qui est objectivement vrai, mais il y a plusieurs formes de domination, qui sans entrer dans un débat de philosophie politique ne signifie pas forcément asservissement. De notre point de vue, la gamification est une « institution totalitaire » au sens de Goffmann Asiles, 1979 c’est à dire une institution dévolue et puisant sa raison d’être dans une seule fonction : ici mesurer et capter le public. Reste que la gamification est une forme particulière d’institution, c’est un instrument d’action qui répond à une problématique particulière (comme capter le public) qui se veut universel. Mais à la différence des institutions totalitaires fermées sur elles-mêmes, la gamification est pervasive : elle procède d’une colonisation des espaces existants en articulant espace en-ligne et espace hors ligne. En soit, elle est une des formes de l’idéologie des technologies de l’information et de la communication, ce fantasme de numériser le monde et d’y rajouter une couche de réalité augmentée, de trouver dans les datas la solution aux problèmes – version techno de la transparence de l’idéologie économique néo-libérale. Passons ces condamnations qui de toutes manières ne remettrons pas en cause le système et ne feront que renforcer la croyance dans l’efficacité de la gamification.

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Si la gamification était vraiment la gamification - Sur la gamification (3/4)

Après avoir étudié les limites idéologiques et les enjeux socio-économiques de la gamification, nous allons essayer d'explorer une gamification v 2.0 qui oserait le game design.

Si la gamification venait du game design

Pour réussir la gamification, un requisitum serait de ne pas coller des pins-rustines sur des architectures préexistantes de parcours de l’information en ligne voire de progression dans l’échelle sociale. Il faut repenser la mise en forme et la mise en scène du contenu. Attention, ceci ne veut pas dire que les journalistes doivent écrire ou tourner des séquences filmées différemment, ou que les publicités doivent radicalement changer. Au contraire, la force du jeu vidéo est dans sa capacité à la remédiation. Cette notion déployée par Bolter et Grusin nos semble utile pour définir à la fois la tendance à afficher une pluralité de formes médiatiques dans une même page, mais aussi la capacité du dispositif à s’effacer pour que le lecteur soit en relation directe avec l’événement, l’objet vendu et autres choses.

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Engagement contre attention deux régimes d’implication des joueurs - Sur la gamification (2/4)

Pris dans une problématique plus large d’économie politique des médias, la gamification se présente comme une solution aux mutations à l’œuvre avec le passage au numérique. Mais encore une fois, tout instrument comporte un problématisation, et ne fait au final qu’encoder des enjeux plus larges.

Le défi de l’économie de l’attention

Le succès de la gamification cache en réalité un problème bien plus structurel de l’économie des médias. Le passage au numérique a favorisé la multiplication des médias et des supports, et avant toute chose a remis en cause les monopoles du siècle dernier. Changement de structure économique, mais aussi du calcul de l’audience : dès lors le défi n’est pas seulement de générer du trafic, mais bien de retenir le public. Ce problème a été étudié comme étant celui de l’économie de l’attention : dans une économie où il y a surproduction et profusion d’informations, la rareté n’est plus l’information, mais bien l’attention du public.

Ainsi la multiplication des outils et des plateformes en ligne permettant de fournir du contenu n’impose plus d’avoir accès aux médias traditionnels pour que sa vidéo ou son post soit visible. En ce sens, les médias traditionnels voient leur monopole technique qui impliquait un monopole éditorial ébranlé. L’ouverture des ressources de production de sources est un défi qui dépasse la simple question de la déontologie : elle remet en cause la consommation de l’information, où le public est de plus en plus volatil – la bête noire de tout système financier et économique.

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La gamification n'existe pas - Sur la gamification (1/4)

Le terme est des plus à la mode (oui, oui). Souvent associé à tord à Jane McGonigal, la gamification est annoncée comme le saint graal qui révolutionnera la consommation en ligne, de la lecture de la presse aux achats sur sites marchands. Pourtant, cette notion renvoie à un ensemble disparate de pratiques qui consistent à importer des éléments du jeu vidéo dans d’autres applications webs et ce afin de capter le public par des processus d’engagement.

Pourtant si l’on s’en tient à cette définition, la gamification n’existe pas. Premièrement parce qu’il n’y a pas une mais des gamifications selon qu’il s’agit de transformer des pratiques ou des objets, ou selon que les buts soient commerciaux ou désintéressés. Deuxièmement, malgré le succès de ce terme, placé en tête des trendings concept de l’année, se cache un processus bien plus large qui ne consiste pas uniquement en l’importation de mécaniques issues du jeu vidéo, pouvant être réduits à de la « pointification ». Comme le note Avec malice Ian Bogost, la gamification c’est « bullshit », au sens philosophique du terme, soit un discours qui vise à faire vendre, ou un ensemble d’illusions pour Yann Leroux. Les critiques sont nombreuses, bien senties et issues du monde du jeu vidéo.

Pourtant, pour combattre les feux de forêt, la logique du contre-feu peut être salutaire. Aussi avant de montrer en quoi la gamification n’existe pas, et comment elle pourrait exister, nous allons dans un premier temps nous intéresser à lire les signaux de fumée.

La gamification existait avant la gamification

Quand on regarde rapidement les sites qui proposent de la gamification, une chose saute aux yeux : ce qui est issu du jeu vidéo est le système de points, soit le tableau de score bien classique des jeux d’arcade. Nous avions évoqué dans un billet précédent le rôle du score dans la narration procédurale, pour le webdoc, le transmédia mais aussi la gamification. Il s’agissait alors de montrer en quoi le score était à la fois une composante narrative et une nouvelle manière d’organiser le récit.

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vendredi 13 janvier 2012

Comment une étude devient un troll : violence et jeux vidéo

Une dépêche AFP, issue d'un article sur le Dauphiné libéré annonce qu'une nouvelle étude établit des liens entre violence et jeux vidéo. Jusque là, rien de nouveau, Ce qui m'interpelle n'est pas tant le contenu de l'étude, qui postule que la pratique de jeux vidéo violents a des effets sur l'imaginaire des joueurs et les pousse à adopter des comportements violents. Ce type d'approche est très classique, et reproduit la thèse des effets, avec une certaine habileté puisqu'elle se limite au niveau cognitif et ne prétend pas au passage à l'acte. Donc, je ne reviendrai pas dessus, je l'ai déjà fait ici ou sur d'autres espaces.

Non, ce qui m'interpelle est le fait que l'étude soit intégrée dans un dispositif de communication qui va à l'encontre même de certains principes scientifiques. Je ne suis pas là pour défendre une position de la "bonne" science, mais plutôt pour soulever un problème qui me semble central. Communiquer sur une étude est une chose qui peut être légitimée, la science publique est par définition publique et le fait que nos travaux ne soit pas visible et lisible contribue à l'isolement du chercheur - et à l'inverse les ranking et autres critères de notation de l'influence d'un article sont tout autant néfastes. Mais communiquer alors même que l'étude est inaccessible et pour cause, elle n'est pas publiée, met dans une situation extrêmement embarrassante. Autant, lorsque l'équipe de Walsh, Gentile ou Anderson fait de la com autour de ses études, elles sont publiées ou accessibles, donc on peut s'y référer. Autant là, à part des entrefilets on n'a aucune matière pour analyser le protocole d'enquête et les résultats, critiquer la méthodologie. Et par conséquent, on quitte le domaine de la preuve, de l'exigence scientifique pour basculer vers la croyance, la morale et autres.

Dès lors, que retient-on de ce communiqué de presse fabriqué à partir de bribes d'interview (bravo la circulation de l'information...) ? Une sorte de chimère destinée à activer les positions de chacun : Un troll scientifico-moral.

Construction du troll

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jeudi 15 décembre 2011

CR séminaire EHESS Idéologie des jeux vidéo + Hint

Voici le storyfy enrichi de mon intervention d'hier sur l'idéologie des jeux vidéo, à l'invitation d'Antonio Casilli

Storify JV EHESS

Je rajoute quelques slides concernant la partie analyse de GTA IV.

GTA IV, c'est Pac-man (déplacement et twists narratifs) + Space invaders en 3D (interactions objet intermédiées par le tir).

GTA IV pac man en 3D

Vous pourrez admirer mes talents de photoshoppeur sous paint.

Ci dessous, un mapping des différentes missions (par grappes) : Centralité de la carte

Là dessous, un graphe des relations sociales dans le premier chapitre, pour mettre en évidence la position centrale de Roman et les effets de socialisation. La carrière de déviance est initiée par le relations intimes et la famille : Niko Bellic aide son cousin (chap.1), puis aide les amis de son cousin (chap. 2 Elisabetha and co).

Graphe social, premier chapitre GTA IV

Enfin, un dernier graphique, montrant comment le travail ordinaire de ne paie pas, comme effet de renforcement de la distance entre le rêve américain et la réalité sociale des protagonistes déclassés, incapable d'y accéder par les moyens ordinaires (chapitre 1, l'épisode avec les Albanais ou Russes).

GTA IV progression sociale - carrière

La fameuse scène de la banque, en plus de la référence à Heat et autres films d'action comme point d'orgue de mise en scène pour beaucoup de joueurs, marque un tournant important dans l'histoire générale :

  • le passage dans la grande criminalité (saga irlandaise et italienne)
  • travail professionnel incorpore une dimension affective (qui aura des incidences avec la soeur de Packie McReary)
  • les 250 000 dollars font que la suite n'est plus affaire de gagner sa vie (stigmates initiaux renversés, fin du déclassement), mais consacre la partie vengeance et amour (basculement vers une quête d'émancipation de Niko)

Et le storify du séminaire HINT : Histoires de jeux vidéo

jeudi 1 décembre 2011

La fin du PEGI et de l'ESRB?

Le monde du jeu vidéo est en pleine mutation, l’augmentation du jeu sur mobile, le succès du jeu en ligne sont des marqueurs des plus significatifs d’un changement fondamental de l’industrie telle que nous l’avons connue. Si certains y voient le déclin du jeu vidéo sur console, j’y verrai davantage une nouvelle vague de massification, une diversification du jeu vidéo, que ce soit dans ses formes (serious games, gamification, jeu indépendant) ou de ses supports avec le passage de plateformes hardware vers des plateformes software.

Pour autant, est-ce que cela va reconfigurer la chaîne industrielle, en reléguant les consoliers à un rôle mineur alors qu’ils ont dominé les années 1990 et le début des années 2000 ? Plutôt que de se lancer dans de la prospective, je m’attarderai sur un élément central de la construction d’un marché : les politiques de régulation des contenus.

Cette semaine ont eu lieux deux annonces très importantes, non pas dans les effets, mais par ce qu’elles disent de l’état actuel des marchés du jeu vidéo : l’arrivée de l’ESRB pour labelliser les contenus sur les téléphones mobiles, et encore plus étonnant, le soutien de Nintendo à l’initiative européenne de faire un internet plus sûr pour les enfants.

Concernant l’ESRB – l’organisme de régulation des contenus opérant pour le territoire Nord-américain – cette sortie du monde console et PC a nécessité le soutien des opérateurs téléphoniques, qui ont massivement répondu favorablement à l’initiative… à l’exception de google et apple, les deux ayant leurs propres systèmes de classification des contenus.

En Europe, on nous annonce que « les principales entreprises du secteur technologique et des médias créent une coalition pour mieux adapter l’internet aux besoins de nos enfants », dont Nintendo, mais aussi Google et Apple.

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