Game in Society

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lundi 19 juillet 2010

La recette de l'addiction au jeux vidéo (coût faible, niveau CM2)

Une nouvelle proposition de loi visant à réguler la pratique du jeu vidéo c'est quand même cool mais c'est menacé par le spectre de l'addiction, vient de se présenter à l'assemblée nationale, le 13 juillet dernier, comme ça l'air de rien. Donc le jeu vidéo va rentrer au menu des cantines scolaires. Voici mes conseils de cuisine pour réaliser une belle salade pour nos chères têtes blondes. Et quand on peut faire plaisir à des enfants, en plein été, je trouve ça normal de soutenir leur recette. Vivement qu'ils légifèrent sur les hedge fund, les modes de scrutin, ou les délocalisations.

DISCLAIMER. Attention, l'abus de nourriture peut rendre gros. Surtout si vous mangez beaucoup d'abus.

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vendredi 16 juillet 2010

La série de l'été

Rapidement, au détour de mon été chargé, je vous signale la parution d'une série d'articles sur le monde.fr portant sur le serious game, et plus particulièrement des usages journalistiques de ces jeux. Les plus vigilants auront remarqué le superbe changement de rubrique, le JV n'est plus de la technologie ou du loisir mais entre de plein pied dans la rubrique média.

Pourquoi cette mise à l'agenda du thème et ce changement de rubrique ?

Les raisons sont triples :

  • l'appel à projet NKM sur le SG date de plus d'un an, et les premières réalisations sont en cours
  • Ian Bogost sort à la rentrée son livre sur le news gaming, même si en soi l'activité scientifique ne fait plus l'objet de couverture médiatique
  • Le Monde interactif, l'école de journalisme de Lille et Ktm advance se sont associés pour produire justement un serious game.... le sujet est secret, mais vu qu'il sortira fin 2011, soit quelques mois avant 2012, ça sera certainement sur la fin du monde.

En somme, si j'avais pu dire à une époque que le serious game avait pour fonction principale d'autolégitimer les actions des commanditaires... nous avons ici un bel exemple d'effacement progressif de la distance entre l'information et l'auto-promotion de ses nouveaux moyens de faire de l'infotainment, qui pose bien entendu un problème quand à la gestion des sources et la mise en avant d'experts comme caution scientifique (voir les travaux de Gusfield). Même si ici, ce n'est pas tout à fait le cas.

Reste à voir comment ils pourront utiliser le jeu vidéo pour faire passer l'actualité, et surtout comment cela sera perçu par les joueurs, car quand on voit les interprétations multiples et distanciées de jeux aussi subtils que Modern Warfare 2... ou même d'un jeu clairement anti-capitaliste comme McDonald Videogames considéré par certains comme étant un jeu produit par McDo, donc cool et fun... Les univers de référence, le capital ludique inégal des joueurs, va certainement poser de gros problèmes, s'ils ne sont pas pris en compte avant même la conception du jeu. Heureusement, farmville a certainement socialisé les non-joueurs aux interfaces vidéoludiques...et a réactivé les savoirs pratiques acquis dans la pré-adolescence de ces publics.

Les logiques de captation des nouvelles audiences, ce qui est à n'en pas douter le cœur du projet, face à l'hétérogénéité des publics visés (gamer et non gamer, vieux et jeunes, lecteurs du monde et autre, etc.) est un véritable défi pour le futur jeu. Enfin, la question des passages du jeu vers le quotidien en ligne, le "taux de rebond", me laissent dubitatifs et nécessiteraient une réelle étude de long terme sur les pratiques des joueurs, croisée avec leurs pratiques de lecture de presse, et enfin leur capitaux socio-culturels, leur degré de politisation et rapport au politique... étude ce qui sera sûrement à la charge d'étudiants de l'ESJ.

Je vous invite donc à suivre cette série d'articles bien écrits, par un passionné de jeux vidéo, qui ont l'immense mérite de rendre grâce à la branche des game studies.

mardi 11 mai 2010

GTA IV vs. Heavy Rain

J'ai longtemps voulu faire une critique d'heavy Rain, mais ce machinima ironise tellement bien sur les limites du gameplay narratif, que je lui laisse la parole.

Dans la foulée, je vous conseille aussi cette belle interview de Dan Houser qui impose le créateur de GTA IV comme une future référence du jeu vidéo.

mercredi 24 février 2010

Musée du jeu vidéo

Le musée du jeu vidéo va ouvrir ses porte le 14 avril prochain sur le toit de l'arche de la défense. Je vous copie colle une partie du dossier de presse qui m'a le plus interpellé:

Ce premier espace entièrement consacré aux jeux vidéo se veut accessible à tous et propose de retracer son histoire à travers ses consoles les plus emblématiques mais aussi des machines méconnues. Plus de 200 pièces seront ainsi présentées aux visiteurs. On y trouvera aussi des portraits de créateurs de jeu et d’icônes de la Game Culture pour mieux appréhender ce phénomène culturel.

Conçu pour les nostalgiques mais aussi pour les curieux de cet art numérique en pleine croissance, ce lieu aura comme objectif de démocratiser et promouvoir la culture vidéoludique auprès du grand public.

Déjà la création d'un musée du jeu vidéo est une belle entreprise de légitimation culturelle et devrait influer sur les discours représentations sociale sur le jeu vidéo.

D'autre part, je suis très intrigué sur le contenu de ce musée. C'est quand même un musée sur un bien de consommation ludique de masse, produit industriellement. Et cet extrait du communiqué laisse penser qu'on aura droit à un ensemble de machines, soit la partie la moins créative du jeu vidéo. Ne jugeons pas avant de le visiter, mais exclure a priori le contenu des jeux vidéo et ne mettre à dispositions que des boites aux design parfois douteux, me laisse sceptique.

Quant au travail d'historien du jeu vidéo, si c'est faire une liste des machines sorties autant aller flâner dans les boutiques de retrogaming et éplucher les journaux spécialisés ou les bons de commande des grandes surfaces. Reste enfin à savoir les liens entre ce musée et les autres entreprises existantes telles que le fond jeu vidéo de la BNF. D'autres musées existent, notamment au UK avec le national videogames archive, côtoyant des entreprises plus locales.

En tous cas, je rêve d'un musée où les jeux seront jouables ou sinon exposés en mode démo, classés selon les filiations, avec des commentaires sur le contexte socio-historique de production et de diffusion, les portraits des créateurs, industriels, politiques, ingénieurs, des productions indépendantes, des mods, des installations artistiques, des conférences avec les figures de cette industrie, des expos temporaires et thématiques, etc.

Sauf que là on dépasse le classement par tests et notes, et on franchit le pas vers quelque chose d'autre. Imaginez une exposition bioshock mélangeant pièces iconographiques d'art déco, les récits d'Ayn Rand et autres délires objectivistes... associant artwork, scénarii, version beta, etc... il ne reste plus qu'à négocier les droits d'auteur.... Aller, Messieurs Vivendi et Blizzard, faites lui don de WOW.

jeudi 28 janvier 2010

Séance ciné : moral kombat free

Le documentaire de Spencer Halpin paru en 2007, est disponible gratuitement en steaming pendant un mois. Vu la composition du panel d'interviewés, ça devrait être intéressant.

A voir. Sinon, pour ceux qui veulent réécouter les auditions de l'époque, c'est par , ou dans les archives du site de c-span.

mardi 26 janvier 2010

France 3 Poitou : journées de la cyberdépendance

Une reportage sur les journées de la cyberdépendance qui se déroulent en ce moment à Châtellerault. Mes camarades de l'OMNSH (dont Yann Leroux, David Peyron et Xanthie Vlachopoulos) y participent, et vous aurez l'occasion de voir Raphael Koster, doctorant en socio-anthropologie qui bosse sur les jeux vidéo.

Vous apprécierez la nuance du chercheur, les propos pleins de bon sens des lycéens, et la conclusion critique du reportage. On est sur la bonne voix!

Par contre l'invité ne fait que reproduire les études gentile en replaquant les fameux 8% d'addicts qui est un chiffre faux, non scientifique, tout comme les 1% lachés au détour de reportages, histoire de donner des stats.

Pour le reportage, c'est ici, à 6 minutes 40.

lundi 25 janvier 2010

Le Débat, en ligne

Voici l'émission, disponible en ligne. Bon visionnage. Vous apprécierez ma pose, directement influencée par Bison. Comme quoi les jeux vidéo sont finalement performatifs.


samedi 23 janvier 2010

Débat TV : violence, addiction, jeux vidéo sur Public Sénat

Ce soir, Public Sénat organise une soirée jeux vidéo, avec la diffusion du reportage génération gamers, suivi d'un débat de 45 minutes auquel j'ai participé, en compagnie du réalisateur David André, de Michael Stora, pychanalyste, connu des gamers, et Justine Atlan, directrice de l'association e-enfance. Je n'ai pas encore vu le résultat, les rush n'étant pas consultables avant émission, donc je vais découvrir le tout ce soir, dès 22h50.

Le cœur du sujet est l'addiction aux jeux vidéo, sur un ton non dramatique, même si la fin aborde très rapidement la violence et le contenu des jeux.

Quelques remarques techniques préliminaires :

  • 45 minutes à la télévision, c'est une réelle opportunité pour discuter, pourtant, il est très difficile de déplacer la problématique centrale imposée par la rédaction.
  • développer une argumentation en phrases courtes et dans un temps imparti est un exercice de rhétorique qui pose quand même de nombreuses questions sur la médiatisation de la science. Comment sortir des arguments stéréotypés est un défi que j'ai essayé de relever, mais vous verrez que la notion d'addiction est totalement naturalisée dans son emploi. A mon avis, tout un travail de formation à la communication médiatique est nécessaire, si on veut que les SHS se déploient dans les médias.
  • se battre contre des croyances est une lutte non pas vaine, mais de longue haleine qui ne se joue pas en une intervention médiatique, mais s'inscrit dans la durée.

En tous cas, une expérience très enrichissante. Je ferai certainement une analyse détaillée en retour. Et bien entendu, j'attends vos remarques et critiques. Et n'hésitons pas à continuer le débat ici

mercredi 20 janvier 2010

Génération gamers : Qui a peur des jeux vidéo / en-ligne

Pour info, le reportage Génération gamers : Qui a peur des jeux vidéo? est disponible en-ligne. J'en avais parlé ici, je devrais participer à un débat après diffusion, d'ici peu.

Résumé sur Public Sénat :

En revisitant l'histoire du suicide d'un jeune joueur de jeu vidéo présenté par la presse comme une conséquence d'une nouvelle addiction à Internet, ce film propose d'explorer les peurs et fantasmes liés à l'explosion des jeux vidéo en ligne. Quelles sont les conséquences de l'arrivée des écrans dans les chambres des ados? Quelle doit être la bonne attitude des parents face à ces jeux sur Internet qui séduisent plus de 500 000 joueurs en France et rassemblent des dizaines de joueurs connectés dans le monde entier? Comment gérer certains phénomènes de jeux excessifs? Joueurs, psychiatres, parents témoignent d'un phénomène culturel massif, parfois déroutant, mais aussi fascinant. Un documentaire de David André, produit par Amip productions

vendredi 15 janvier 2010

Here comes a new challenger : Sophie Briard-Auconie

Dans la série, on accuse les jeux vidéo des dérèglements sociaux, et surtout des coups de folie, Mme Sophie Briard-Auconie nous a fait part de ses craintes à l'encontre des jeux vidéo.

Par une équation classique : violence juvénile / meurtre = jeux vidéo, Mme la députée européenne Briard-Auconie (NC) explique le meurtre du Kremlin Bicetre par ces mots :

En faisant mes courses de Noël pour mes enfants, je me suis intéressée à l’offre pléthoriques des jeux vidéos. Pour beaucoup d’entre eux, la violence est omniprésente, crue et devient même l’objectif à atteindre. Le but du jeu est de tuer, de voler des voitures en brutalisant les conducteurs puis d’échapper à la police dans un graphisme et une ambiance qui exhortent à la brutalité. Or, pour certains jeunes, l’usage de ces jeux vidéo représente leur quotidien pendant des heures et des heures. Leurs parents ou leur encadrement ne gèrent pas la nature des scénarii et encore moins le temps qu’ils y passent.

Encore une fois, je ne saurais critiquer les prises de position politique si elles relevaient d'un savoir minimal sur la question. Mais lorsque l'expérience ordinaire personnelle, apolitique, sert de grille de lecture à des problèmes sociaux très vastes, j'ai toujours du mal. C'est un grand classique que de faire valoir son statut de parent pour légitimer sa position sur les jeux vidéo, tant pour l'industrie que le personnel politique... à mon avis, la question de la connaissance du sujet "violence des jeux vidéo" se joue à un autre niveau, plus distancié du drame et des émotions.

Ainsi, de conclure sur la limitation de la vente aux magasins spécialisés et aux adultes est une prise de position lourde de conséquences, et une question qui ne peut être traitée au détour d'un communiqué de presse.

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