Game in Society

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jeudi 28 janvier 2010

Séance ciné : moral kombat free

Le documentaire de Spencer Halpin paru en 2007, est disponible gratuitement en steaming pendant un mois. Vu la composition du panel d'interviewés, ça devrait être intéressant.

A voir. Sinon, pour ceux qui veulent réécouter les auditions de l'époque, c'est par , ou dans les archives du site de c-span.

mardi 26 janvier 2010

France 3 Poitou : journées de la cyberdépendance

Une reportage sur les journées de la cyberdépendance qui se déroulent en ce moment à Châtellerault. Mes camarades de l'OMNSH (dont Yann Leroux, David Peyron et Xanthie Vlachopoulos) y participent, et vous aurez l'occasion de voir Raphael Koster, doctorant en socio-anthropologie qui bosse sur les jeux vidéo.

Vous apprécierez la nuance du chercheur, les propos pleins de bon sens des lycéens, et la conclusion critique du reportage. On est sur la bonne voix!

Par contre l'invité ne fait que reproduire les études gentile en replaquant les fameux 8% d'addicts qui est un chiffre faux, non scientifique, tout comme les 1% lachés au détour de reportages, histoire de donner des stats.

Pour le reportage, c'est ici, à 6 minutes 40.

lundi 25 janvier 2010

Le Débat, en ligne

Voici l'émission, disponible en ligne. Bon visionnage. Vous apprécierez ma pose, directement influencée par Bison. Comme quoi les jeux vidéo sont finalement performatifs.


samedi 23 janvier 2010

Débat TV : violence, addiction, jeux vidéo sur Public Sénat

Ce soir, Public Sénat organise une soirée jeux vidéo, avec la diffusion du reportage génération gamers, suivi d'un débat de 45 minutes auquel j'ai participé, en compagnie du réalisateur David André, de Michael Stora, pychanalyste, connu des gamers, et Justine Atlan, directrice de l'association e-enfance. Je n'ai pas encore vu le résultat, les rush n'étant pas consultables avant émission, donc je vais découvrir le tout ce soir, dès 22h50.

Le cœur du sujet est l'addiction aux jeux vidéo, sur un ton non dramatique, même si la fin aborde très rapidement la violence et le contenu des jeux.

Quelques remarques techniques préliminaires :

  • 45 minutes à la télévision, c'est une réelle opportunité pour discuter, pourtant, il est très difficile de déplacer la problématique centrale imposée par la rédaction.
  • développer une argumentation en phrases courtes et dans un temps imparti est un exercice de rhétorique qui pose quand même de nombreuses questions sur la médiatisation de la science. Comment sortir des arguments stéréotypés est un défi que j'ai essayé de relever, mais vous verrez que la notion d'addiction est totalement naturalisée dans son emploi. A mon avis, tout un travail de formation à la communication médiatique est nécessaire, si on veut que les SHS se déploient dans les médias.
  • se battre contre des croyances est une lutte non pas vaine, mais de longue haleine qui ne se joue pas en une intervention médiatique, mais s'inscrit dans la durée.

En tous cas, une expérience très enrichissante. Je ferai certainement une analyse détaillée en retour. Et bien entendu, j'attends vos remarques et critiques. Et n'hésitons pas à continuer le débat ici

mercredi 20 janvier 2010

Génération gamers : Qui a peur des jeux vidéo / en-ligne

Pour info, le reportage Génération gamers : Qui a peur des jeux vidéo? est disponible en-ligne. J'en avais parlé ici, je devrais participer à un débat après diffusion, d'ici peu.

Résumé sur Public Sénat :

En revisitant l'histoire du suicide d'un jeune joueur de jeu vidéo présenté par la presse comme une conséquence d'une nouvelle addiction à Internet, ce film propose d'explorer les peurs et fantasmes liés à l'explosion des jeux vidéo en ligne. Quelles sont les conséquences de l'arrivée des écrans dans les chambres des ados? Quelle doit être la bonne attitude des parents face à ces jeux sur Internet qui séduisent plus de 500 000 joueurs en France et rassemblent des dizaines de joueurs connectés dans le monde entier? Comment gérer certains phénomènes de jeux excessifs? Joueurs, psychiatres, parents témoignent d'un phénomène culturel massif, parfois déroutant, mais aussi fascinant. Un documentaire de David André, produit par Amip productions

vendredi 15 janvier 2010

Here comes a new challenger : Sophie Briard-Auconie

Dans la série, on accuse les jeux vidéo des dérèglements sociaux, et surtout des coups de folie, Mme Sophie Briard-Auconie nous a fait part de ses craintes à l'encontre des jeux vidéo.

Par une équation classique : violence juvénile / meurtre = jeux vidéo, Mme la députée européenne Briard-Auconie (NC) explique le meurtre du Kremlin Bicetre par ces mots :

En faisant mes courses de Noël pour mes enfants, je me suis intéressée à l’offre pléthoriques des jeux vidéos. Pour beaucoup d’entre eux, la violence est omniprésente, crue et devient même l’objectif à atteindre. Le but du jeu est de tuer, de voler des voitures en brutalisant les conducteurs puis d’échapper à la police dans un graphisme et une ambiance qui exhortent à la brutalité. Or, pour certains jeunes, l’usage de ces jeux vidéo représente leur quotidien pendant des heures et des heures. Leurs parents ou leur encadrement ne gèrent pas la nature des scénarii et encore moins le temps qu’ils y passent.

Encore une fois, je ne saurais critiquer les prises de position politique si elles relevaient d'un savoir minimal sur la question. Mais lorsque l'expérience ordinaire personnelle, apolitique, sert de grille de lecture à des problèmes sociaux très vastes, j'ai toujours du mal. C'est un grand classique que de faire valoir son statut de parent pour légitimer sa position sur les jeux vidéo, tant pour l'industrie que le personnel politique... à mon avis, la question de la connaissance du sujet "violence des jeux vidéo" se joue à un autre niveau, plus distancié du drame et des émotions.

Ainsi, de conclure sur la limitation de la vente aux magasins spécialisés et aux adultes est une prise de position lourde de conséquences, et une question qui ne peut être traitée au détour d'un communiqué de presse.

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mercredi 13 janvier 2010

8 bits culture rulez

Les legos et les jeux vidéo font bon ménage, en témoignent les multiples franchises sur console. Pour une fois, nous sortons de cette reconversion marketing, pour admirer cet hymne à la culture 8-bits, réalisé en stop-motion et legos. Classe, il y a même des chances que ça devienne le truc grand public de la décennie cette mode 8 bits, vu la courbe de population qui a grandi avec, le poids financiers de plus important du jeu vidéo, des initiatives comme Amusement. Je remercie nostradamus-IPSOS pour cette prévision, et le blog écrans pour les vidéo.

Entre le vidéo game lives qui remasterise en full orchestra surround les soundtracks cultes des 90s, et les morceaux contemporains remixés à la sauce 8 bits, y a du lourd à venir.

Il y a vraiment des gens très doués dans ce monde.

Bonus track pour les metalleux classiques

lundi 11 janvier 2010

Rock is dead star : Internationale San Diego

Rockstar est bien connu pour ses productions vidéoludiques dont la qualité égale le nombre de critiques et condamnations morales. Pour une fois, ce n'est pas le contenu de leurs jeux qui défraie le microcosme vidéoludique, mais les manières de faire ces jeux. En effet, les femmes des employés de Rockstar San Diego ont écrit une lettre ouverte appelant à changer les conditions de travail de leurs maris.

Les griefs sont nombreux et symptomatiques des problèmes contemporains du travail : dead lines qui se multiplient, impossibilité d'avoir son samedi de libre même pour aller chez le médecin, suppression des semaines de congés, sans parler du climat délétère qui règne entre employés. Conséquences directes : les familles en souffrent et les employés tombent en dépression. Or si les conditions de travaillent n'évoluent pas, une action en justice sera menée.

La lecture des commentaires est d'ailleurs intéressante, puisqu'ils confirment le changement de politique managériale et soulignent que les horaires de boulot oscillent entre 14-16 heures par jour, six jours sur sept. Soit deux fois 35h en une semaine, sans prise des congés payés. Ce même rêve américain dénoncé par GTA IV.... c'est beau. Quant à l'augmentation des salaires, elle est inférieure à l'inflation.

Cet épisode n'est pas sans rappeler celui des EA spouse - mêmes conditions de travail, même initiative par les femmes - et pose encore une fois la question des conditions sociales de production d'un jeu vidéo, déjà dénoncée dans un précédent rapport.

Les conditions de travail décrites ne doivent pas nous faire oublier que le jeu vidéo est une industrie, soumise à des logiques de rentabilité financière qui prennent le pas sur la rationalité de la création d'une œuvre numérique. Et donc, ceci implique l'importation des techniques managériales exogènes opérantes dans les nouvelles techno, services et autres industries créatives.

Pendant ce temps là, en France, un projet de loi est élaboré pour limiter le stress au travail. On devrait faire venir les développeurs pour ressusciter wanadoo éditions ou annexer San Diego.

Affaire à suivre. Mais entre le far west de Red dead revolver et l'every day life au studio, on se demande s'ils ont des scénaristes ou des sociologues....

mardi 29 décembre 2009

Rétrospective 2009. On remet ça en 2010.

Pour fêter cette fin d'année, cette citation lumineuse de Howard Becker en 2002, grand sociologue US, qui devrait être sur frontispice de ce blog :

The “impact” paradigm, in otherwords, has never produced any solid findingsabout the good or bad effects of arts experiences. In this, it might be said, it reproduces the findings of generations of work on the effects of education, which has similarly failed to produce any stable findings about the efficacy of any particular way of imparting knowledge to young people.

Ferguson a montré la même chose pour les jeux vidéo. Les discours sur les médias sont reproduits, inlassablement.

Reste que pour l'addiction, on passe à un stade suivant de catégorisation, une sorte d'individualisation homogénéisante, puisqu'il s'agit d'éclater le public en une somme d'individualités, pour instituer des individus, tous égaux, tous sensibles et victimes potentielles. Et là, à mon avis, le rôle du processus d'individuation, en partie lié à une forme particulière du marché néo-libéral, a un rôle central dans la mesure où on saisit l'individu non plus comme citoyen mais comme consommateur, esseulé, désocialisé.

Par nature addiction et politique sont idéalement incompatibles en démocratie où le citoyen est celui tourné vers le bien commun. L'addiction au jeu vidéo réduit l'individu au consommateur, d'une pratique privée, tourné vers soi et en aucun cas l'intérêt général. Le plus mignon est finalement ce discours "techno-romantisme" - revival du romantisme à la sauce techno. Et si finalement les douleurs de l'âme du romantique étaient recodées dans le langage contemporain en maladies du matérialismes?

Reste que ces politiques d'éducation aux médias (de la pathologisation à la bonne consommation) se positionnent avant tout par rapport aux logiques de production de marchés connexes, et non par rapport à celles de la chose publique. Comme quoi les pouvoirs publics ont un rôle central : ils valident et favorisent l'émergence de marchés, sélectionnent les enjeux et acteurs légitimes... tout en donnant la possibilité de valider deux discours quasi-antagonistes : addiction et serious game. Miracle du capitalisme ou miracle de Noël, y a pas à dire, ils sont fort les marchands du temple.

Bonne fin d'année à tous, je tiens les paris, que 2010 va être riche en discours sociaux sur le jeu vidéo. Les compteurs sont au vert : 68% de jeunes (enfin, sur panel ridicule et antisociologique) choqués par le jeu vidéo... sans compter les menaces d'un fait divers. La violence et l'addiction n'ont pas dit leurs derniers maux.

mardi 15 décembre 2009

Bravo TF1

Je n'aurais jamais cru le dire un jour, mais TF1 a fait l'un des meilleurs reportages sur les jeux vidéo à ce jour. Sobre, précis, informatif. Voilà, c'est dit. Bravo aux journalistes.

Bravo TF1

Mention spéciale à Mathtieu Kassovitz qui a eu la chance de se faire Heavy Rain.

Quelques précisions quand même (faut pas déconner) :

  • Modern warfare 2 peut être le jeu le plus vendu de 2010, mais n'éclatera pas super mario sur nes. On est très loin du compte.
  • Faut arrêter le coup des graphismes ultra réalistes. Ca ne veut rien dire, on était déjà en émoi devant Night Trap en 93.
  • Heavy Rain, film interactif, on se croirait début 90s.

Pour la peine, retour en 1993. Voire même en 1983...

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