Game in Society

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mercredi 20 janvier 2010

Génération gamers : Qui a peur des jeux vidéo / en-ligne

Pour info, le reportage Génération gamers : Qui a peur des jeux vidéo? est disponible en-ligne. J'en avais parlé ici, je devrais participer à un débat après diffusion, d'ici peu.

Résumé sur Public Sénat :

En revisitant l'histoire du suicide d'un jeune joueur de jeu vidéo présenté par la presse comme une conséquence d'une nouvelle addiction à Internet, ce film propose d'explorer les peurs et fantasmes liés à l'explosion des jeux vidéo en ligne. Quelles sont les conséquences de l'arrivée des écrans dans les chambres des ados? Quelle doit être la bonne attitude des parents face à ces jeux sur Internet qui séduisent plus de 500 000 joueurs en France et rassemblent des dizaines de joueurs connectés dans le monde entier? Comment gérer certains phénomènes de jeux excessifs? Joueurs, psychiatres, parents témoignent d'un phénomène culturel massif, parfois déroutant, mais aussi fascinant. Un documentaire de David André, produit par Amip productions

vendredi 15 janvier 2010

Here comes a new challenger : Sophie Briard-Auconie

Dans la série, on accuse les jeux vidéo des dérèglements sociaux, et surtout des coups de folie, Mme Sophie Briard-Auconie nous a fait part de ses craintes à l'encontre des jeux vidéo.

Par une équation classique : violence juvénile / meurtre = jeux vidéo, Mme la députée européenne Briard-Auconie (NC) explique le meurtre du Kremlin Bicetre par ces mots :

En faisant mes courses de Noël pour mes enfants, je me suis intéressée à l’offre pléthoriques des jeux vidéos. Pour beaucoup d’entre eux, la violence est omniprésente, crue et devient même l’objectif à atteindre. Le but du jeu est de tuer, de voler des voitures en brutalisant les conducteurs puis d’échapper à la police dans un graphisme et une ambiance qui exhortent à la brutalité. Or, pour certains jeunes, l’usage de ces jeux vidéo représente leur quotidien pendant des heures et des heures. Leurs parents ou leur encadrement ne gèrent pas la nature des scénarii et encore moins le temps qu’ils y passent.

Encore une fois, je ne saurais critiquer les prises de position politique si elles relevaient d'un savoir minimal sur la question. Mais lorsque l'expérience ordinaire personnelle, apolitique, sert de grille de lecture à des problèmes sociaux très vastes, j'ai toujours du mal. C'est un grand classique que de faire valoir son statut de parent pour légitimer sa position sur les jeux vidéo, tant pour l'industrie que le personnel politique... à mon avis, la question de la connaissance du sujet "violence des jeux vidéo" se joue à un autre niveau, plus distancié du drame et des émotions.

Ainsi, de conclure sur la limitation de la vente aux magasins spécialisés et aux adultes est une prise de position lourde de conséquences, et une question qui ne peut être traitée au détour d'un communiqué de presse.

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mercredi 13 janvier 2010

8 bits culture rulez

Les legos et les jeux vidéo font bon ménage, en témoignent les multiples franchises sur console. Pour une fois, nous sortons de cette reconversion marketing, pour admirer cet hymne à la culture 8-bits, réalisé en stop-motion et legos. Classe, il y a même des chances que ça devienne le truc grand public de la décennie cette mode 8 bits, vu la courbe de population qui a grandi avec, le poids financiers de plus important du jeu vidéo, des initiatives comme Amusement. Je remercie nostradamus-IPSOS pour cette prévision, et le blog écrans pour les vidéo.

Entre le vidéo game lives qui remasterise en full orchestra surround les soundtracks cultes des 90s, et les morceaux contemporains remixés à la sauce 8 bits, y a du lourd à venir.

Il y a vraiment des gens très doués dans ce monde.

Bonus track pour les metalleux classiques

lundi 11 janvier 2010

Rock is dead star : Internationale San Diego

Rockstar est bien connu pour ses productions vidéoludiques dont la qualité égale le nombre de critiques et condamnations morales. Pour une fois, ce n'est pas le contenu de leurs jeux qui défraie le microcosme vidéoludique, mais les manières de faire ces jeux. En effet, les femmes des employés de Rockstar San Diego ont écrit une lettre ouverte appelant à changer les conditions de travail de leurs maris.

Les griefs sont nombreux et symptomatiques des problèmes contemporains du travail : dead lines qui se multiplient, impossibilité d'avoir son samedi de libre même pour aller chez le médecin, suppression des semaines de congés, sans parler du climat délétère qui règne entre employés. Conséquences directes : les familles en souffrent et les employés tombent en dépression. Or si les conditions de travaillent n'évoluent pas, une action en justice sera menée.

La lecture des commentaires est d'ailleurs intéressante, puisqu'ils confirment le changement de politique managériale et soulignent que les horaires de boulot oscillent entre 14-16 heures par jour, six jours sur sept. Soit deux fois 35h en une semaine, sans prise des congés payés. Ce même rêve américain dénoncé par GTA IV.... c'est beau. Quant à l'augmentation des salaires, elle est inférieure à l'inflation.

Cet épisode n'est pas sans rappeler celui des EA spouse - mêmes conditions de travail, même initiative par les femmes - et pose encore une fois la question des conditions sociales de production d'un jeu vidéo, déjà dénoncée dans un précédent rapport.

Les conditions de travail décrites ne doivent pas nous faire oublier que le jeu vidéo est une industrie, soumise à des logiques de rentabilité financière qui prennent le pas sur la rationalité de la création d'une œuvre numérique. Et donc, ceci implique l'importation des techniques managériales exogènes opérantes dans les nouvelles techno, services et autres industries créatives.

Pendant ce temps là, en France, un projet de loi est élaboré pour limiter le stress au travail. On devrait faire venir les développeurs pour ressusciter wanadoo éditions ou annexer San Diego.

Affaire à suivre. Mais entre le far west de Red dead revolver et l'every day life au studio, on se demande s'ils ont des scénaristes ou des sociologues....

mardi 29 décembre 2009

Rétrospective 2009. On remet ça en 2010.

Pour fêter cette fin d'année, cette citation lumineuse de Howard Becker en 2002, grand sociologue US, qui devrait être sur frontispice de ce blog :

The “impact” paradigm, in otherwords, has never produced any solid findingsabout the good or bad effects of arts experiences. In this, it might be said, it reproduces the findings of generations of work on the effects of education, which has similarly failed to produce any stable findings about the efficacy of any particular way of imparting knowledge to young people.

Ferguson a montré la même chose pour les jeux vidéo. Les discours sur les médias sont reproduits, inlassablement.

Reste que pour l'addiction, on passe à un stade suivant de catégorisation, une sorte d'individualisation homogénéisante, puisqu'il s'agit d'éclater le public en une somme d'individualités, pour instituer des individus, tous égaux, tous sensibles et victimes potentielles. Et là, à mon avis, le rôle du processus d'individuation, en partie lié à une forme particulière du marché néo-libéral, a un rôle central dans la mesure où on saisit l'individu non plus comme citoyen mais comme consommateur, esseulé, désocialisé.

Par nature addiction et politique sont idéalement incompatibles en démocratie où le citoyen est celui tourné vers le bien commun. L'addiction au jeu vidéo réduit l'individu au consommateur, d'une pratique privée, tourné vers soi et en aucun cas l'intérêt général. Le plus mignon est finalement ce discours "techno-romantisme" - revival du romantisme à la sauce techno. Et si finalement les douleurs de l'âme du romantique étaient recodées dans le langage contemporain en maladies du matérialismes?

Reste que ces politiques d'éducation aux médias (de la pathologisation à la bonne consommation) se positionnent avant tout par rapport aux logiques de production de marchés connexes, et non par rapport à celles de la chose publique. Comme quoi les pouvoirs publics ont un rôle central : ils valident et favorisent l'émergence de marchés, sélectionnent les enjeux et acteurs légitimes... tout en donnant la possibilité de valider deux discours quasi-antagonistes : addiction et serious game. Miracle du capitalisme ou miracle de Noël, y a pas à dire, ils sont fort les marchands du temple.

Bonne fin d'année à tous, je tiens les paris, que 2010 va être riche en discours sociaux sur le jeu vidéo. Les compteurs sont au vert : 68% de jeunes (enfin, sur panel ridicule et antisociologique) choqués par le jeu vidéo... sans compter les menaces d'un fait divers. La violence et l'addiction n'ont pas dit leurs derniers maux.

mardi 15 décembre 2009

Bravo TF1

Je n'aurais jamais cru le dire un jour, mais TF1 a fait l'un des meilleurs reportages sur les jeux vidéo à ce jour. Sobre, précis, informatif. Voilà, c'est dit. Bravo aux journalistes.

Bravo TF1

Mention spéciale à Mathtieu Kassovitz qui a eu la chance de se faire Heavy Rain.

Quelques précisions quand même (faut pas déconner) :

  • Modern warfare 2 peut être le jeu le plus vendu de 2010, mais n'éclatera pas super mario sur nes. On est très loin du compte.
  • Faut arrêter le coup des graphismes ultra réalistes. Ca ne veut rien dire, on était déjà en émoi devant Night Trap en 93.
  • Heavy Rain, film interactif, on se croirait début 90s.

Pour la peine, retour en 1993. Voire même en 1983...

mardi 8 décembre 2009

Linker 1 - Link 0 : Nintendo débouté

Via 01net. Des fabricants de linker (Absolute Games, Assentek (Novacorp), Divineo, FL Games, Hobby One), ont gagné un procès contre Nintendo jeudi dernier, dans une affaire de contre-façon sur les droits de propriété intellectuelle. Le TGI de Paris a donné raison aux linkers et a débouté Nintendo.

Grosso moddo, la vente de ces appareils, qui sont utilisés pour la DS est autorisée, du moins n'est pas illégale. C'est seulement une partie des programmes (les émulateurs et copies de jeux) qui l'est, aussi les fabricants ne sont pas impliqués.

Il semblerait que le juge ait fait une distinction ente le support et le contenu, autorisant le support sur le fondement du libre accès aux consoles, notamment à la mémoire flash, et ce pour encourager la création de logiciels tiers non soumis au contrôle de Nintendo. Les programmes tiers autorisés sont a priori les homebrew, programmes légaux, et non pas les copies de jeux.

Argument d'Assentek :

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lundi 7 décembre 2009

Boycott des commentaires sur jeuxvideoinfoparents

Ce qui est génial avec le web 2.0, les réseaux sociaux et autres, c'est la masse de travailleurs gratuits qui profitent à ceux qui fabriquent des choses. Une masse silencieuse qui n'est jamais remerciée, alors même qu'elle permet de parfaire la production. Y a pas à dire, nous atteignons un stade suprême du capitalisme cognitif ou l'exploité le veut (et nous rejoignons ici même les théories de la domination de La Boétie à Max Weber), où le contrôle qualité est décentralisé et littéralement dématérialisé.

Dernier cas en date, le site jeuxvideoinfoparents. Les commentaires sur twitter, les différents posts sur différents blogs dont celui-ci, ont pu révéler des absurdités, des erreurs fondamentales d'attribution, des coquilles à n'en plus finir. Plein de bonne conscience, les lecteurs ont mentionné les problèmes, ont offert un vrai travail de correction. Des citoyens exemplaires travaillant pour une association adoubées par les pouvoirs publics, la chose est courante.

Ainsi, quelle n'a pas été ma joie de constater que les liens indiqués dans ce billet, pointaient vers les versions corrigées depuis ce matin.

Alors juste pour information, combien avons-nous fait gagner au site ?

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dimanche 6 décembre 2009

De l'art de la reconstitution

Lu ici, le journalisme change ses méthodes de reconstitution des faits divers. Finie la caméra faussement cachée, place à la reconstitution 3D avec un moteur digne des sims. Aujourd'hui, Tiger Wood, actuellement en plein scandale.

vendredi 4 décembre 2009

Jeuxvideoinfoparents.fr : le test XXL!

La sortie d'un nouveau site d'information est toujours un moment unique dans la vie d'un non gamer. Le studio de développement associatif E-enfance, après avoir fait ses preuves dans la communication survival horror revient et change de genre avec sa nouvelle production. Jeuxvideoinfoparents, ou JVIP crée un nouveau genre dans le microcosme du non jeu-vidéo : après le casual gaming, voici venu le casual thinking.

Ce site vous met dans la peau d'un parent qui n'y connait rien au jeu vidéo, mais qui doit impérativement assouvir les besoins consuméristes de son enfant. De pages en pages, vous apprenez ce qu'est un jeu vidéo. Notre héros sauvera-t-il ses têtes blondes des dangers de la violence addictive des jeux vidéo ? Fera-t-il un bon achat à Noël ? Pourra-t-il disserter sur la profondeur philosophique de l'Objectivisme Randien dans Bioshock?

Alors, JVIP risque-t-il de détrôner Pedagojeux, le blockbuster de l'info grand public? E-enfance a-t-elle réussi un coup et grignotera-t-elle des parts de marché à action innocence? Peut-on conseiller ce site à Nadine Morano ?

En exclusivité mondiale, le test sans concession qui répondra à vos plus sombres angoisses de parents. Parce que vous aussi, vous avez droit à un Internet en toute sécurité

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