GTA IV : copycat killing ou le procès de naturalisation du virtuel
Par olivier le mercredi 6 août 2008, 19:46 - actualité - Lien permanent
Le crime du chauffeur de taxi est présenté comme "copycat", c'est à dire une
copie d'un crime préexistant.
Problème sémantique, le crime n'a pas de précédents dans la réalité. Tuer
dans un jeu vidéo n'a pas les mêmes incidences que dans la vie réelle et n'aura
pas les mêmes conséquences pénales; c'est la nature même d'un jeu d'être coupé
de la réalité, selon Johan Huizinga.
Qu'importe, le virtuel se naturalise, la pratique du jeu est une réalité.
Admettons cette entourloupe sémantique.
Dans ce cas, le meurtre du chauffeur de taxi est-il similaire à ceux de
GTA?
Selon le rapport de police, le jeune Thaïlandais est entré dans le taxi, non
par force, et une fois dedans a utilisé un des couteaux achetés précédemment, a
pris le chauffeur par derrière, glissant l'arme sur la gorge. Le chauffeur
s'est rebellé et a sorti une barre de fer; la bagarre a éclaté et mal
tourné.
Comment tue-t-on dans GTA ?
On peut effectivement tuer au couteau, dans la rue. On peut effectivement
braquer des taxis. Les chauffeurs peuvent avoir des flingues, mais je n'ai
jamais vu de barres de fer. Peut-on reproduire la séquence réelle dans le
jeu ? Non, pas dans cet ordre. Avons-nous affaire à un "copycat killing",
à la fois oui et non. Dans la forme non, dans le fond oui. Une question se
pose : si les jeux vidéo s'inspirent du réel, notamment la série GTA,
qu'il simule, peut-on considérer qu'un comportement inspiré d'un jeu vidéo,
lui-même simulation du réel, puisse être l'unique source d'inspiration ?
Et si la réalité était plus triste que cela, voire plus simple. Combien de
meurtre de chauffeurs de taxi ont été commis de la même façon? Pourquoi le
nier, pourquoi ne pas résoudre le problème de cette insécurité ? Pourquoi
ce transfert vers un jeu vidéo, alors que ce meurtre a déjà eu des précédents.
Bref, pourquoi ce manque de rigueur si s'en est un?
Le postulat développé dans l'article suppose que le jeu vidéo est devenu un
ordre de réalité primaire. La question du système normatif de référence est au
cœur du problème: qui est le référent de qui, le jeu ou la réalité, la pratique
simulée ou la simulation de la pratique?
Ceci traduit en partie la fascination pour ces nouvelles pratiques, et d'une manière paradoxale comment les autorités qui la condamnent participent de sa naturalisation, de sa banalisation.
En bonus, une pub japonaise / "multiple point of view"
Japanese grand theft auto parody
Commentaires
n'hesitez pas a vous equiper d'un lexique wow, j'ai du maal � comprendre, j'avoue
en tout cas merci pour ce billlet int�ressant ! c'ets toujours
sympathique de paqser sur ce blog 
Un blog est un journal personnel en effet mais surtout un lieu dechange et de partage d idees (tout comme je fais actuellement sur le sujet) Bref, Merci pour les tuyaux, cest tres enrichissant.