Bref, la violence d'un débat récurrent me fatiguant, je vous mets des extraits m'inspirant un commentaire :

Sur le premier point:

Depuis longtemps, il est prouvé que la violence des médias et, surtout, les jeux de tueurs exercent des effets déplorables sur les enfants et les adolescents notamment.

ah bon? sources ?

De même, les parents, enseignants et éducateurs ne peuvent manquer de constater depuis longtemps que les jeux vidéo violents rendent les enfants et adolescents agressifs, violents et dépourvus de sentiments. Plus brutaux sont les jeux et plus de temps les enfants y perdent, pires sont les prestations scolaires.

Quel protocole d'enquête utiliser pour mesure l'opinion ? Résultats et stats d'observation de terrain? Je suis preneur de l'analyse de contenu, pour voir les fondements épistémologiques. On comparera.

De nombreux parents sont désespérés, les enseignants doivent lutter contre une brutalité et des échecs scolaires croissants.

Rapport ?

II. Les jeux de tueurs constituent un entraînement à la guerre

Les jeux de tueurs sont issus des programmes d’entraînement professionnel de l’armée des Etats-Unis, qui visent à affiner la technique de tir, la précision face à l’objectif et la réaction directe à l’apparition d’ennemis. La sensibilité des soldats s’émousse, le réflexe les dissuadant de tuer s’atténue, ils sont prêts au carnage. De même, les jeux de tueurs inculquent aux enfants et adolescents des connaissances particulières sur les armes et la tac­tique militaire, car ces prétendus jeux sont en fait des simulations de la guerre réelle. Ils provoquent la peur, le stress et des dé­charges d’adrénaline. Ils obligent à des actions directes suivant un schéma stimulus-réaction et empêchent ainsi une distance et une empathie critiques ciblées. Les champs virtuels et le monde réel s’entremêlent, ne peuvent plus être distingués.

Cette hypothèse est tenace. Il y a des liens entre jeux vidéo et complexe militaro-industriel (Au passage, merci Eisenhowerd'avoir permis aux thèses conspirationistes de se légitimer avec la parole d'autorité d'un Président, ainsi que d'avoir fait naître l'imaginaire de la suspicion). Stephen Kline (Digital Play) a illustré ces liens, cependant, la plupart du temps ce sont les militaires qui ont utiliser des jeux pour la simulation, et non l'inverse. De même la masculinité militarisée est un réseau sémantique culturellement partagée, un imaginaire de ma virilité adolescente, non pas insufflé par l'armée américaine à bon escient, mais simple co-produite par la société, et trouvant dans l'armée son expression la plus archétypale.

Sur les "connaissances inculquées", là encore le seul qui apporte une réelle connaissance du maniement des armes est NRA Gun Club, je vous renvoie à l'intro de Quaderni où Ian Bogost montre comment ce jeu est certainement un des meilleurs plaidoyers pour les gamers, tant la dimension ludique a disparu, les mécanismes sont fastidieux.

IV. Complices, collaborateurs et profiteurs de l’industrie des jeux violents (...) Les scientifiques qui le nient se font complices et profitent du complexe militaro-médiatico-industriel, leurs instituts recevant un soutien financier important de l’industrie des jeux. Les universités ne reçoivent plus guère de fonds de l’Etat et se transforment toujours davantage en serviteurs de l’industrie. Ainsi, la corruption de la science et sa dépendance des militaires sont quasiment automatiques.

Nous demandons ...

que la fabrication et la propagation de jeux vidéo destinés aux enfants, glorifiant la guerre et stimulant la violence soit interdite, car la guerre est nocive non seulement pour les enfants, mais aussi pour les adultes,

Pour ça va falloir redéfinir les critères de l'ONU sur le recrutement des enfants, interdits. Ici c'est davantage de la pub, même pour america's army, sachant que pour être recruté il faut physiquement se déplacer dans un centre.

que les scientifiques publient les données relatives à leur financement par l’industrie des jeux

OK Moi je reçois, ZERO euros de l'industrie, le ministère de la recherche m'a donné une allocation de recherche. Après la fac m'a recruté en assistant temporaire de recherche et enseignement (ATER), les seuls liens venant de la taxe d'apprentissage, or il n'y a pas d'industrie de JV à Paris 1. Seul Microsoft m'a prêté une xbox 1er génération, avec 5 jeux, dont deux en double (ahah). Mais j'ai acheté une 360 tout de suite après. Sony et Nintendo m'ont envoyé aux fraises. La FNAC m'a proposé un système de prêt et d'échange de jeux, mais pour 15 jours, or j'avais pas le temps de les finir, donc j'ai arrêté ce partenariat très vite, et j'ai acheté les jeux. Pour le PC? idem, c'est ma propriété. J'achète les jeux en occasion (un budget assez conséquent en fait), et je ne concevais pas de demander un remboursement à mon labo (même si techniquement c'est mon terrain), mais faut pas abuser quand même, je suis pas dans un département de game studies.

Pareil pour l'OMNSH, on n'a aucune source de financement autre que les interventions auprès d'éducateurs et formateurs, universités populaires, colloques, les côtisations des membres. Nous ne sommes pas non plus payés par les journalistes, contrairement à l'Allemagne où un universitaire peut recevoir jusqu'à 2000 euros pour sa prestation dans une émission télé.

Après la question de l'indépendance ne se règle pas seulement par la transparence. C'est avant tout une culture des liens avec le privé, comment les entreprises investissent dans la recherche, n'attendent pas de résultats spécifiques, notamment aux US. EN France, on a une certaine suspicion vis à vis des financements privés, la peur de se faire assujettir aux logiques du marché. En même temps au niveau européen, on impose les méthodes comptables et managériales d'évaluation quantitative et productiviste de la recherche, te sans avoir plus de sous... donc faut arrêter avec cet argument. Donc feraient bien de se renseigner sur les conditions de production de la science, les lieux, les espaces et les logiques de validation par pairs.

pacman killer

Cette ruse des tyrans d'abêtir leurs sujets n'a jamais été plus évidente que dans la conduite de Cyrus envers les Lydiens, après qu'il se fut emparé de leur capitale et qu'il eut pris pour captif Crésus, ce roi si riche. On lui apporta la nouvelle que les habitants de Sardes s'étaient révoltés. Il les eut bientôt réduits à l'obéissance. Mais ne voulant pas saccager une aussi belle ville ni être obligé d'y tenir une armée pour la maîtriser, il s'avisa d'un expédient admirable pour s'en assurer la possession. I1 y établit des bordels, des tavernes et des jeux publics, et publia une ordonnance qui obligeait les citoyens à s'y rendre. Il se trouva si bien de cette garnison que, par la suite, il n'eut plus à tirer l'épée contre les Lydiens. Ces misérables s'amusèrent à inventer toutes sortes de jeux si bien que, de leur nom même, les Latins formèrent le mot par lequel ils désignaient ce que nous appelons passe-temps, qu'ils nommaient Ludi, par corruption de Lydi.