• ils ne savent pas interpréter des statistiques : une corrélation entre deux phénomènes n'est pas un rapport de causalité.
  • la dépression est liée à des prédispositions psychologiques et à l'organisation sociale, la hiérarchie, la lisibilité et la responsabilité, bref à la norme. Y a qu'à lire Ehrenberg voire même Stiegler quand il définit la dépression et l'addiction comme une socio-pathologie (même si ce dernier tend à prendre des symptômes pour la cause).
  • le manque de norme produit l'anomie, et des maladies. Voir Durkheim ou l'article de Quaderni de Sylvie Craipeau et Raphael Koster.
  • la division du travail domestique libère plus de temps de jeu pour les hommes et produit un rapport différencié entre sexes. Mais ça on s'en tape.

Donc, faut arrêter les arguties, s'il y a bien une maladie ayant des causes sociales, c'est bien la dépression. La question est donc de savoir le contexte familial, l'intégration professionnelle, les conditions d'accès au jeu vidéo, la trajectoire des joueurs. S'ils ont tant de temps c'est qu'ils sont en partie socialement mal intégré.

Et y a rien de pire que d'être socialement mal intégré au niveau de l'estime de soi. Donc l'exposition prolongée n'est qu'un révélateur de problématiques sociales plus larges.

Si les jeux vidéo avaient autant d'effets, ils auraient réduit la violence, la faim dans le monde et libèreraient les hommes de la violence sociale. Ca me fatigue ces enquêtes asociales et biaisées. Pas autant que leur médiatisation, mais quand même...

Alors oui, il y a corrélation, mais les facteurs ne sont pas des causes. Le truc c'est que c'est tellement plus "glamour" ces errances scientifiques. Et puis c'est lourd l'interdisciplinarité et la rigueur.

Même l'AFP reprend l'enquête. Je âris que ça va faire des reportages à la con. Merci, ce blog pourra être encore alimenté. Et je vous passe la dimension moraliste de l'article :

Selon ce médecin, le fait de consacrer un long moment à regarder la télévision ou à jouer à des jeux vidéo peut contribuer au développement de symptômes dépressifs par différents mécanisme. (sans S, c'est plus classe)

Ces jeunes pourraient ainsi consacrer moins de temps à des activités sociales, intellectuelles ou à faire du sport, qui ont des effets protecteurs contre la dépression, note l'étude.

C'est sûr qu'à délégitimer les jeux vidéo, on commence à se sentir coupable de s'adonner à ces frivolités. Où comment mettre de la culpabilité, de la dépréciation de soi là où structurellement il n'y en a pas (à la rigueur sauf à jouer à un jeu hardcore et que vous perdez tout le temps).

Moi c'est de lutter contre ces absurdités interprétatives et cette dénégation des facteurs sociaux qui me rend dépressif.