"Policemen asked the same question, soon discovered that Paul Harold Orgeron was an ex-convict and sometime tile layer, syphilitic, illiterate, and obsessed by dark fantasies of power and gods. He had been married, divorced, had remarried the same woman and been divorced again. He had cowed his daughter Zelda with abuse and with ugly accusations of promiscuity. He had fathered a son by his stepdaughter Betty Jean, who had run away in fear and shame. And in all the world—in some tormented way—he loved only the memory of Betty Jean and their son Dusty."

  • il était fasciné par les sombres fantasmes de pouvoir et de dieux.

Mais surtout, histoire qui accuse Nintendo du temps où ils tentaient d'adapter les jeux de carte Disney au Japon :

  • sa fille s'appelle Zelda. Prémonitoire (argh)

Août 1966 : Université d'Austin (Texas) Charles Whitman fait 15 morts et 31 blessés

Pour la référence intégrale : The Madman in the Tower, Friday, Aug. 12, 1966, Time

Un peu plus intéressant! L'acte du tueur est comparé à un film (The Sniper, 1952) et un roman (The Open Square, 1962). Mais le journaliste, avec précaution, stipule que le tueur n'avait sûrement pas du lire ou voir ces oeuvres.

Portrait du tueur : Après la description d'un jeune homme tranquille, ayant été au scoutisme et engagé dans l'armée,

Like many mass murderers, Charles Whitman had been an exemplary boy, the kind that neighborhood mothers hold up as a model to their own recalcitrant youngsters.

un focus sur un aspect intéressant qui n'est pas sans évoqué la tuerie de Winnenden

Yet beneath the easy, tranquil surface of both family and boy there flowed some unusual undercurrents. Charlie was trained to use guns as soon as he was old enough to hold them—and so were his brothers. "I'm a fanatic about guns," says his father, Charles A., 47. "I raised my boys to know how to handle guns." Charlie could plug a squirrel in the eye by the time he was 16, and in the Marine Corps he scored 215 points out of a possible 250, winning a rating as a sharpshooter, second only to expert. In the Marines, though, he also got busted from corporal to private and sentenced to 30 days' hard labor for illegal possession of a pistol, was reprimanded for telling a fellow Marine that he was going "to knock your teeth out." He rated his favorite sports as hunting, scuba diving and karate.

Tiens un père fan d'armes, une facilité d'accès donc à ces ressources et une éducation lui ayant appris le maniement ? Et je parle pas des sports et loisirs...

Verdict

On passe sur l'argument les jeux vidéo n'existaient pas à l'époque. Car ce qui importe c'est le rapport aux loisirs et pratiques culturelles déviantes de l'époque. Et chose étrange, alors que je m'attendais à voir le flipper, le jazz, le cinéma et autres pratiques de sauvages, il n'en est rien. La cause est ailleurs. J'ai essayé d'analyser les forums de discussion de l'époque pour voir comment le public réagissait, mais j'ai pas trouvé (pouet).

Tout ça (voir digressions hypothétique pour ceux qui ont le courage) pour dire que la stigmatisation du jeu vidéo est une preuve non pas d'inculture mais de la perte du réflexe à la critique, à l'analyse. Cette soif inextinguible d'expliquer ne peut s'épancher qu'avec du vite à boire. Moi, je veux sinon des crus classés, au moins un breuvage honnête, sinon je vais avoir une cuite.


Digression(s) hypothétique(s):

Seulement quelques pistes à avancer :

  1. Nous racontons toujours des histoires, la narration est toujours présente, mais les lieux du récit ont évolué depuis 1959. Ce qui était écrit devient montré. Même l'écrit contemporain s'exhibe plutôt qu'il ne dévoile. Les formes de la croyance évoluent. Par contre les instances productrices restent.
  1. une évolution de la profession journalistique? Peut-être, surtout au regard des conditions de production, de l'instantanéité de la fabrique de l'information, de l'écriture sous contrainte, etc. Quoique, c'est peut-être une question d'évolution des responsabilités, de la croyance en ce qu'est la profession. En même temps, des journalistes qui ont une approche dé-socialisante du sujet ne peuvent se réfugier derrière l'excuse sociologique.
  1. peut-être avant toute chose cette psychologisation, cette impudeur de la transparence qui pousse à sonder l'âme, déposséder l'individu de sa vie sociale, pour n'en faire qu'une machine à émotions, activés par des stimulus non pas sociaux (au mieux familiaux) mais avant tout technologiques. Nous ne serions donc plus sujets du social, mais esclaves du surmoi. Mais ce surmoi n'est qu'un habile déplacement du social dans l'individu, l'autorité, les contraintes n'existent que parce qu'il y a ce vivre ensemble.
  1. je crois que la lecture de la psyché ne peut se défaire de son opposition à l'objet (exemple même la notion d'objet transitionnel de Winnicott, on s'approprie l'objet, on l'investit et lui donne du sens pour le faire sien). Bref, une partie de la psychologie me semble trop occidentale, trop dans la lignée chrétienne avec l'opposition entre nature et culture. Et là se pose un problème de méthode pour les entre-deux : les technologies non matérielles, ces formes d'objets insondables, immatériels, si proche de l'évanescence et du flou de l'esprit : la musique, le cinéma, les jeux vidéo et autres incarnations de l'imaginaire. La légende raconte que certaines tribus indiennes craignent que les appareils photo volent leur âme. Cette peur de l'immatériel n'existe que pour ceux qui considèrent tout cela comme immatériel. Le musicien, le joueur, le cinéaste pratique, manipule, fait corps et donne chair à ces fantômes qui effraient les profanes.
  1. Donc, on aurait une sorte d'évolution idéologique, certainement. Cette focalisation obsédée sur l'individu est liée à plusieurs idéologies dont le dénominateur serait une sorte de grand marché universel où chacun par delà les déterminismes serait un consommateur potentiel, et donc une victime potentielle. Hallucination collective. Cette idéologie n'est pas à prendre au sens de dominant - dominé, mais plutôt d'être au monde (le dasein d'Heiddegger), dans un mixte techno-romantique où l'existence ne serait que par les technologies (de contrôle voire d'auto-contrôle) qui nous offrent un "voir au monde" (Weltanschauung).