Sous la direction de Charles Perraton (Département de Communication sociale et publique, UQAM), Éva Kammer (Doctorat en communication, UQAM) Maude Bonenfant (Doctorat en sémiologie, UQAM)

Problématique Désormais accessibles à tous, les technologies d’information et de communication renforcent le processus d’individuation et par là contribuent à la production de soi. Loin d’épuiser ou d’appauvrir les possibilités de représentation du sujet et d’expression de soi, il semble en effet que l’usage des techniques en général, et les pratiques médiatiques en particulier en élargissent le champ. Les formes de subjectivité qui s’y expriment de manière autobiographique ou autofictionnelle (par exemple le récit de voyage, le journal intime, l’essai, l’autoportrait, etc.), ou de manière performative (qu’il suffise de penser aux performances artistiques des créateurs, amateurs d'art, organismes culturels ou aux habiletés techniques des « hardcore gamers ») ne se rapprochent-elles pas de ce que Foucault appelle les « techniques de soi » ? Loin de préexister aux techniques médiatiques, l’individu et les différentes formes de subjectivité qu’il façonne ou adopte, semble effectivement se construire aussi dans l’appropriation qu’el en fait, au point où l’un et l’autre, le sujet et la technique, entretiennent des rapports de détermination réciproques. En partie conditionnée par le choix du média et de ses langages, la production de soi ne donne-t-elle pas au sujet la possibilité de construire ou d’expérimenter de nouveaux rapports à lui-même et au monde ?

En conservant une certaine distance critique face à cette production de soi que certains qualifient de narcissique, ou en se gardant bien de neutraliser les technologies par un discours utopique, le présent colloque s’intéressera aux manières dont le sujet se produit lui-même en s’appropriant différents dispositifs techniques. Les discussions lors de ce colloque porteront sur les dimensions éthique et esthétique des nouveaux rapports qu’entretiennent les individus avec les technologies envisagées par certains comme anthropotechniques ou par d’autres comme mnémotechniques – ce que Stiegler appelle les nouvelles formes d’hypomnemata en poursuivant la réflexion de Foucault sur les techniques de soi. Se posera dès lors la question suivante : les dispositifs techniques sont-ils de l’ordre des technologies de contrôle et des nouvelles forme d’asservissement ou sont-ils pour l’individu l’occasion d’un nouvel « art de vivre » et de réinventer les pratiques ?

Toutes les périodes et champs des sciences humaines tels que l’histoire, la communication, les Gender studies, la sociologie, l’histoire de l’art, du cinéma, etc., pourront être abordés. On étudiera les procédés de production de soi dans les différents médias et leurs pratiques, qu’ils s’agissent de l’écriture, de la photographie, des médias visuels (documentaires, télé-réalité, webfilms, bande dessinée, vidéos, etc.), des performances artistiques médiatiques, sans oublier les usages d'Internet (Webcams, Facebook, Youtube, blogs, etc.) et des jeux vidéo.

Comment s’inscrire? Les personnes intéressées à participer à ce colloque doivent soumettre un projet de communication traitant du thème présenté plus haut avant le 2 février 2009 (max. 1500 caractères, espaces compris), ainsi qu’une courte notice biographique. Les communications sont d’une durée maximale de 20 minutes et sont suivies d’une période de questions de 10 minutes.

Le tout devra être envoyé par courrier électronique à : techniques.de.soi@gmail.comCet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir

Éva Kammer, Cordonnatrice des activités étudiantes Centre de recherche sur l’intermédialité, Université de Montréal Case Postale 6128, succursale Centre-Ville, Montréal (Québec), Canada H3C 3J7 Tél.: (514) 343-6111 # 1 3854 — Fax : (514) 343-2393