You can leave your game on 2
Par olivier le mardi 7 avril 2009, 10:11 - réflexions - Lien permanent
Suite à l'affaire du jeune pris de paranoia dans un parc, j'avais contacté le journaliste pour qu'il m'explique le lien entre jeu et paranoïa.
Réponse : ce sont les parents qui ont avancé le lien entre les jeux vidéo et cette crise.
D'où une double interrogation:
- les jeux vidéo vont-ils devenir un facteur d'irresponsabilité pénale ? Vont-ils être facteur explicatif de tous les travers ?
- La notion de jeu vidéo comme instrument d'aliénation est-elle à ce point socialement diffusée?
Il y avait déjà eu l'été dernier le jeune qui, après avoir brûlé une voiture avait avancé être sous l'emprise de GTA. Le jeu vidéo comme nouvel argument pénal, why not... au moins arrivera un moment où les tribunaux rejetteront tout ça, et le débat sera clos.
Le problème avec ces récits de causalité
(Deborah A. Stone, causal stories, 1989), c'est qu'ils
tentent toujours de faire passer ce qui relève de l'accident, du destin, de la
fatalité, vers la sphère de contrôle du social. Ce processus de
problématisation, à savoir insuffler de l'intentionalité à un objet, le rendre
responsable, est bien entendu un enjeu de pouvoir, des luttes politiques.
Pensez par exemple aux concept d'accidents de travail. Les conséquences de requalification d'un coup du sort en dysfonctionnement permet de pouvoir réguler, encadrer, prévenir et rétribuer dans le cadre de politiques publiques. Et tout le système économique autour : assurances, maintenance, contrôle qualité (normes ISO), etc.
Je reviendrai ultérieurement sur le rôle de la science dans la production de données en masse pour naturaliser l'histoire, la rendre crédible, lui conférer une vérité scientifique, toute infondée soit-elle (merci aux cautions qui décrédibilise notre profession de chercheur).
Par contre dans notre cas, le plus étrange est que la folie permet l'irresponsabilité pénale. Alors à quoi bon chercher un responsable ? Peut-être parce qu'il est difficile d'accepter tout simplement la pathologie. Et puis, au final, tant mieux si les jeux vidéo ont déclenché (j'en doute fortement) cet acte, au moins il sera pris en charge assez tôt. En espérant qu'il ne perde pas de temps dans les centres de désintox. Car là c'est un psychiatre qu'il faut, pas un psychologue.
Commentaires
Pour votre dernière phrase, je crois que c'est là une vérité générale... (j'ai quelques problèmes avec les psychologues)
Mouais... outre que l'inculte que je suis ne saisis pas trop la différence entre psychologue, psychiatre, psychanalyste, psychothérapeute et autres, il faut quand même faire remarquer que quand ces gens-là sont remontés contre la violence des jeux vidéo, peu importe ce qu'on met après le "psy", ils ne valent pas mieux les uns que les autres.
J'en veux pour preuve le psychiatre Thomas Radecki, caution scientifique de la National Coalition on Television Violence (qui s'est particulièrement illustré lors de la croisade anti-Dungeons & Dragons), ou les psychothérapeutes allemands de la GWG, qui taxent les "jeux de tueurs" de "mines antipersonnel de l'âme" et qui réclament leur interdiction totale à cor et à cris.
Allez je suis sympa:
http://www.provirtuel.com/doc/4psy....
Ah, c'est plus clair comme ça. Merci beaucoup
C'est plus clair oui. Mais dans ton inconscient, ton subconscient, ou ta conscience profonde?