Pascal Nègre : "Le jeu vidéo m'a tuer, bande de pauvres"
Par olivier le jeudi 18 juin 2009, 09:28 - rapports et études - Lien permanent
Étude intéressante parue dans le Guardian et reprise sur fluctuat.net, Qui tue l'industrie musicale, le jeu vidéo ou le discernement ! Si cette étude ne concerne que les dépenses des Anglais, elle met en évidence deux choses :
- la part croissante du jeu vidéo dans les dépenses, mais suivant la tendance globale, certes en faisant un peu mieux, surtout ces deux dernières années
- le doublement des dépenses globales en matière de divertissement (désolé mais un film de la Warner ou un CD de vivendi n'est pas de la culture pour moi) depuis 1999
En y regardant de plus près, l'année 2007 est marquée par l'arrivée de la Wii et l'assise de la 360, 2008 par la sortie de la PS3, donc à une période de renouvellement et de changement de cycle de machines, ce qui gonfle les chiffres de l'industrie. Concernant les autres industries :
- la chute des locations de DVD est-elle liée au téléchargement légal ou illégal, l'arrivée du blu-ray? Ou bien les cartes illimitées qui invitent les gens à se ruer en salle?
- la forte décroissance positive (ou croissance négative) de l'industrie du disque est-elle liée au piratage, au téléchargement légal sur ou à l'évolution de l'offre, la massification des concerts et la hausse des prix des places?

En fait, le bon sens semble nous laisse penser que le panier de consommation de produits de divertissement n'est pas extensible (travailler plus pour acheter de la glande plus), et que par conséquent des choix doivent se faire. Avec la multiplication des services et offres (téléphonie, accès internet), la musique n'a plus la position de quasi-monopole des dépenses culturelles du temps passé.
Par exemple, ce week-end entre le concert d'ACDC et les fragments de Beckett au Bouffes du Nord, j'ai dépensé mon budget mensuel en quelques heures (OK, les deux étaient très bons), donc l'industrie du disque attendra que je donne des sous, dommage j'ai donné à la musique (très mal) amplifiée.
Je propose donc un grenelle du pouvoir d'achat de loisirs pour relancer la consommation de disque. Ou alors taxer encore plus les autres pratiques. Ou out simplement s'assoir sur sa gloire passée, et ne plus fragmenter les chiffres en supports mais en industrie.
Commentaires
« désolé mais un film de la Warner ou un CD de vivendi n'est pas de la culture pour moi »
Read The Fucking Wikipedia !
Faudra que tu m'expliques pourquoi tu ajoutes une notion de qualités au mot culture. Et puis dire que la Warner ou Vivendi ne participe pas à la création culturelle mondiale c'est comme dire 2+2 = 5. Dans ce cas le jeu vidéo est encore moins de la culture.
Je sais c'est de la provoc gratuite qui permet de comparer des choses différentes sur un même plan!
Par contre tout contenu ne peut être considéré comme culture.
Et le jeu vidéo comme bien n'est pas de la culture (au mieux un artefact), sauf à être reconnu comme tel (enjeux internes au champ des créateurs). Une industrie de divertissement ou de contenu tout au plus. Après comme pratique oui. Mais vu que l'étude parle que de produits et biens de consommation industriels... remarque, selon wikipedia et sa vision extensive, on peut mettre le marché financier comme produit culturel, puisqu'il succède à la nature. (fin de la provoc)
Tout ça pour dire que c'est un mot valise, à la fois ultra-subjectif (avec un lien fort entre identité et pratique), et à la fois objectivable (institutionnalisations, reconnaissances, etc).
En fait, TOUT est culture. Sinon on en vient à dire par exemple que les "cultures" extra-européennes étaient "culture" parce que les ethnographes le disaient. Les vraies questions seraient plutôt "la culture de qui(s)" et... pour mener quel genre de vie ?
Ensuite, si l'on veut classer, il y a deux solutions méta-théoriques:
-soit explorer, de façon éventuellement critique mais du moins attentive, les évaluations indigènes (y compris celles de l'industrie du disque);
- soit construire des modes d'évaluation transversaux, tels que "le contenu" ou encore, rien à voir avec le précédent, "ce qui aide à mieux vivre"....