Here comes a new challenger : Attali et la vision du futur des années 90
Par olivier le jeudi 25 juin 2009, 10:54 - actualité - Lien permanent
C'est toujours sympa de voir de nouveaux entrants dans l'espace critique du jeu vidéo, surtout quand c'est un poids lourd du monde politique. J'ai donc le plaisir d'accueillir Jacques Attali qui s'est positionné sur le jeu vidéo dans une émission télé sur Public Sénat, et dans une interview dans Slate.fr.
J'aime beaucoup son intervention qui me fait penser à de la science fiction désuète des années 80. Tout le discours est une resucée des aspirations et débats des années 80-90, offrant un doux parfum de nostalgie. Moi j'aime, ça me fait retourner en enfance, il ne manque plus que les skate-board volants.
Thèmes abordés :
- le jeu vidéo devient un media de masse... ouai... enfin depuis la NES... 1985... 62 millions de consoles...
- "le jeu vidéo a quitté la révolution ludique, et entre dans la révolution technologique" (merci la journaliste). Je pense qu'elle voulait parler de la dualité entre jeu et narration. Parce que la révolution technologique était surtout l'apanage des années 90, avec le support CD (ah le CD-I et son jeu de Tennis comme promesse du photo-réalisme), la guerre des bits, la 3DFX, la réalité virtuelle, le deuxième monde.... Et puis la Wii c'est quand même un retour au ludique et un sacré repompage réactualisé et perfectionné de la Joyboard...
- le jeu vidéo, comme avenir du cinéma... ouai... je suis pas compétent sur la matière, mais avec le CD on nous promettait des films interactifs. Se dont je suis convaincu c'est qu'un jour le cinéma sera parlant et en couleur.
- l'articulation réel et virtuel... ahahah on est de retour à Wargames, Tron et autres délires psychédélico-technique. Le jeu vidéo est réel, certes immatériel car numérique (quoique), mais existe par la pratique. Faut arrêter le trip néo-platonicien. Genre la fiction existe-t-elle ? Le cinéma est-il réel ? Suis-je dans la Patrix? blablabla.

Vous apprécierez l'art théorique de la maîtrise de l'imprécision, comment mettre des mots sur de la doxa de futurologue obsolète. Le plus joli étant le trick lacanien d'analyse épistémologique du terme console, "qui vient de consoler"... enfin surtout les francophones, car entertainment system ou video game système laisse les étrangers dans la plus profonde détresse.... Pourriture de langue étrangère, Toubon, reviens nous sauver.
Attention, il ne dit pas trop de bêtises, le Monsieur s'est quelque peu renseigné (on sent qu'il touche au casual gaming et au cloud computing) durant son rapport... il dit juste des trucs d'une platitude qui doit ravir le profane du jeu vidéo. Bon, en même temps, on a besoin de gens comme ça pour sortir le jeu vidéo de sa catégorisation "pratique de jeune débilitante". La question est : sort-il un livre sur le jeu vidéo? Brigue-t-il un job de haut commissaire aux jeux vidéo ? Est-il en auto-campagne marketing de sa compétence d'expertise pour des entreprises???
En tous cas, merci pour cette parenthèse revigorante dans le passé. Y a pas à dire, c'était mieux avant... si on pouvait rééditer les abandonware et les vendre, je serai heureux...