Europe 1 - l'urgence du non débat
Par olivier le vendredi 18 septembre 2009, 18:14 - actualité - Lien permanent
Pour info, c'est là.
Pour le contenu, on pourra toujours objecter l'approche behavioursite de Lowenstein et l'amalgame entre tuer 200 000 personnes, et des ennemis dans un jeu vidéo. Cela n'a pas la même valeur, les joueurs le savent. Par exemple, la deuxième vidéo ci-dessous montre que c'est avant tout une histoire de points et combos, bref de mécanisme ludique... et que l'on tranche davantage dans une masse de pixel plutôt qu'on ne tue des individus. Qui plus est je n'ai jamais eu de jeu mettant cela en scène, même le dernier niveau de Heavenly Sword en mode déesse ou Nighty-nine Nights ou Serious Sam.... mais je veux bien tester son jeu !
La défense est assurée par Nicolas Gaume. En se réfugiant derrière le PEGI, il n'apporte pas grand chose au moulin, car il ne met pas assez en avant le système. Qui plus est, quand on connaît un peu la genèse de la régulation des jeux vidéo, dans le monde entier, on rigole sur la responsabilité ou l'éthique de certains éditeurs (attention pas de généralité, seulement le club de 9 des années 93-94)... Sinon les études, il y en a aux US, chez les behaviouristes, voir Craig Anderson.
Bref, un débat de sourds, bien mis en scène par M-O FOgiel qui met la pression sur Lowenstein et Gaume, et balance des auditeurs alors même que les deux protagonistes n'ont pas eu le temps de parler.... C'est beau l'urgence pour créer la polémique... Au final on a plutôt deux positions bien stéréotypées, sans dialogue possible, et d'un intérêt malheureusement très limité...
Heavenly Sword Intro with Gameplay (Play Through)
[720p] Ninety Nine Nights - PLAY
Commentaires
cher Ami,
Hier nous avions "Ciel mon mardi" avec des acteurs pour contredire l'extrême droite ou les témoins d'ovni ; aujourd'hui nous avons ce genre d'émission trop courte avec des gens trop occupés à vendre leur "réalité clique" ou la mentalité de bistrot prenant le jeu pour "un sédatif"... Que faire ? disait Machin... Dans notre verger terrestre, la science ne prime pas, et n'a jamais primé, mais la socio-économie ; alors remettons-nous en aux ventes faramineuses de jeux et aux plaisirs (collectifs & solitaires) des kids pour défendre ce truc qu'on appelle encore jeux vidéo. Bonjour chez vous. DMU.
Prenez vos responsabilités : c'est aussi sur le site de Europe 1 qu'il faut commenter.
C'est fait,
le premier sur le behaviourisme, le second qui reprend ce post. Je pense qu'il ne passera pas, les journalistes n'aiment pas qu'on critique leurs dispositifs et manières de faire.
Messieurs,
La "critique paranoïaque" (pas celle de Dali, ni celle de P.K. Dick ou Dan Simmons, quoi que...) pourrait avancer une formule concernant "nos responsabilités" et les média : ceux qui diffusent de "l'information" sont ceux qui diffusent (de) "l'information". Tautologie de certains circuits que vous pourfendez bravement ! On ne passe pas impunément sur les plateaux ; on ne porte pas sa voix sans y mettre un peu de velours ; on sourit (pour revenir). En outre (ou plus exactement) depuis les situs et Lefebvre (Critique de la vie quotidienne, I, II, III), nous savons que les images et l'information sont des marchandises, avec leur circuit, leur profit, leur petit commerce et leurs multinationales. Voire leur pègre. Certains journalistes, comme les avocats pour le monde maffieux, appartiennent à ces cliques, ce qui tort toute réflexion démocratique (i.e. populaire). Bonjour chez vous. DMU.
Cher DMU,
Je te rejoins sur la question de la marchandise. Comme disait R. CHartier, les écrivains produisent des textes et des objets. Il en est de même pour le jeu vidéo qui sont des produits, tout autant que les discours sur ces jeux vidéo. Ces deux marchés sont liés, nous en sommes partie prenante. D'ailleurs la notion de polémique est à mes yeux un pure produit de l'ordre capitaliste : un marché compétitif, où chaque exposant vend son point de vue (et les livres et services qui vont avec). Bref, c'est très difficile de se positionner contre tout en étant dedans. C'est peut-être ça le "génie" du capitalisme, cette capacité à tout absorber, tout marchandiser, à imposer sa rationalité de production des discours. Les critiques deviennent des produits, comme l'a souligné le travail de Shapiro et Boltansky.
Quand j'ai lu "Lowenstein", j'ai tout de suite pensé à Douglas, l'ex-président de l'Entertainment Software Association. Cela m'aurait fait bizarre de le voir dans le camp des "contre".
Je ne connaissais pas William, honte à moi. Par contre, je constate qu'il utilise le terme "d'addiction" au sens trèèèès large : http://www.pafmag.com/lowenstein.ht...
En tout cas, pour ma part, je peux me vanter d'avoir relayé une preuve par l'image des dangers de WoW : http://gamingsince198x.fr/?p=1734
Sympa la BD Shane!
Pour addiction c'est très large effectivement, et semble faire un mixte behaviourisme et psychosociosanalyse
De plus, mon fils cadet se prénomme ...Douglas. Hélas, Il n'est pas le président de votre chère association ESA...
merci pour vos commentaires : toujours enrichissant, instructif de se balader.
Signé : William Lowenstein, qui pense également que MOF n'est pas fait pour conduire des débats.