• le serious game est avant tout un marché, à la convergence de celui du jeu vidéo et de la communication
  • les usages du publics sont plus que variés. Le message est interprété de manière complètement opposée, les effets sont très limités
  • le serious game marche dans la perspective d'une économie de la publicité sur le web (nombre de clics), et par conséquence est encore trop centré sur les financiers / publicitaires. L'exemple typique est le recueil de bases de données.
  • le processus de production à l'œuvre est celui de la différenciation (cf. Bourdieu), c'est à dire qu'ils ne visent pas tant le public des usagers, que celui des producteurs. On essaie de faire pareil et différemment de son petit copain.
  • l'arrivée d'acteurs du jeu vidéo pourrait changer la donne, et permettre l'émergence de serious games de meilleure qualité que ceux produits par les web agencies. Au moins l'appel de NKM aura servi à cela.

Le serious games n'est qu'à ses débuts, le marché pousse et semble s'institutionnaliser. Ici nous avons beaucoup parlé des produits institutionnels et commerciaux, mais très peu des productions amateurs, qui sont le lieu de prédilection des political games.

Enfin, reste un grand absent : le jeu vidéo classique, les productions triple AAA qui sont bien plus intéressantes à mes yeux que cette micro-niche. Dans cette perspective, les deux derniers political games qui m'ont le plus marqué : GTA IV et sa critique du rêve américain, du néo-libéralisme et du tout sécuritaire, et Bioshock dans sa mise en scène de l'Objectivisme. Ces deux œuvres vidéoludiques ont un discours bien plus travaillé que les productions du serious gaming, que ce soit dans la narration ou la mise en scène de l'expérience. Et surtout : ces jeux sont "fun", ce qui manque cruellement au serious game.

Pour conclure, si le serious games se développe, c'est avant tout lié à un travail politique certain des entrepreneurs, le coût de production assez bas, la réactualisation du ludo-éducatif, le soutien des politiques publiques d'éducation et des nouvelles techno, et surtout le fait qu'il surfe sur le jeu vidéo, tout en niant le jeu vidéo. Car ce qui est sérieux dans ces jeux c'est avant tout le marché plus que le contenu...