Le plus intriguant c'est que la France s'en occupe maintenant. Ok la non tuerie du jeunes a dérayé a chronique, les jeux vidéo étant en ligne de mire, comme d'habitude.

Une argumentation ecolo-friendly : de l'art du recyclage

D'une part cette question était le cœur des débats politiques de 1993 - 1994 aux USA. Le système ESRB est apparu suite à la polémique Mortal Kombat et Night Trap. La Federal Trade Commission et la Federal Communication Commission se sont penchés sur le sujet, par des études, des enquêtes de terrain undercover. Après une décennie d'existence, il s'avère qu'aux USA, l'accès aux jeux vidéo violents par un mineur est le mieux garanti, car les revendeurs ont signé des conventions avec l'ESRB. Wall-mart, Gamestop,ont compris l'intérêt de se rallier au label US. En France, pas encore, même si certains revendeurs, au cas par cas, se sentent impliqués. Pour le créateur de l'ESRB, dans un entretien que j'ai eu avec Arthur Pober, il est apparu qu'il s'agit d'un point central, au même titre que la commission sur la publicité de l'ESRB.

D'autre part, n'oublions pas qu'il existe des dispositions règlementaires pour interdire l'accès aux jeux vidéo violents. Sous l'égide du ministère de l'Intérieur et selon la loi de 1949 sur la protection des mineurs, les jeux vidéo font l'objet d'un suivi par une commission fantôme en charge de la régulation des supports audio-visuels privés, un peu comme en Grande Bretagne. Sauf qu'en France, ça ne marche pas, faute de moyens.

Enfin, notons que l'addiction refait son retour comme argument massue, mais aussi le problème de concentration à l'école, Dans tous les cas, il s'agit de la responsabilité des parents. Soulignons que c'est facile d'accuser les plus démunis face au jeu vidéo, et que c'est l'argument massue de l'industrie.

Cette interview de Morano me laisse une fois de plus sceptique quant aux motivations et à la capacité de produire une travail fondé. Si le débat est nécessaire et légitime n'en déplaise à l'industrie, la question de la violence est du pain béni lorsque l'on joue la carte sécuritaire. La forme et le fond, les arguments et le manque de connaissance le ternissent malheureusement. Aucune étude ne peut établir un rapport de causalité, tout au plus de la corrélation. Est-ce que les jeux vidéo rendent violents, ou les jeunes violents sont prédisposés à jouer aux jeux vidéo ? Impossible de l'établir, à moins de faire une étude épidémiologique sur une dizaine d'année et sur un échantillon de plusieurs dizaines de millier de personnes, dans leurs conditions de vie réelle et non pas en laboratoire comme aiment le faire les behaviouristes (Dave Grossman en tête). Ce manque d'étude devrait pousser à la prudence et éviter de condamner les rares jeux connus par ces profanes du jeu vidéo.

En attaquant les revendeurs et les parents, les pouvoirs publics entérinent la relation consumériste du jeu vidéo.Ils réduisent le jeu vidéo à une problématique marchande, et évacuent de la sorte la dimension culturelle et donc sociale pour une approche individualiste. Ils se positionnent selon le schéma du penser le jeu vidéo développé par l'industrie. Alors oui le jeu vidéo est une industrie techno-culturelle, mais évacuer le social de la sorte, conduit à des inepties, et apparaît surtout comme une nouvelle forme du politique. La stigmatisation du consommateur est fatigante, Que ce soient les immigrés, les fumeurs de joints, les joueurs, on ne s'attaque pas aux producteurs, mais seulement au péquin de base qui n'a pas les mêmes moyens pour se défendre. Tout ça parce que on ne sait pas démanteler les réseaux d'exploitation de la misère, et que cela répond au schéma néolibéral. Je ne sais pas si c'est irresponsable, mais en tous cas, ça traduit une certaine incapacité du politique de combattre les filières à la source. Alors plutôt que de s'attaquer uniquement aux evendeurs et familles, un travail avec l'industrie, et un réveil de l'industrie seraient nécessaires.

Podcast à lire sur le site de RMC, et puis quand les archives seront mortes ici même (début 6:24) :

Maintenant que c'est fait, allons faire un tour du côté de la réponse de M. Larue, qui ne manque pas de sel.