Après un petit temps d'adaptation, on se prend au jeu, qui nécessite pas mal de dextérité et de chance. Là où le jeu devient assez génial, c'est de mettre une couche de politique, et donc de contextualiser, de donner sens à cet amas de pixel. Les groupes à incarner et à combattre sont complètement débiles. On nage dans la parodie marxiste, entre les fascistes italiens ninja, les techno-franc-maçons, les meccha-bourgeois, les rétroséparatistes radicaux, les cyber-machistes, enfants de vampires robots, homo-zombies, etc. Les associations sont nombreuses et les noms de groupes assez marrants, et finalement posent en plein dans l'actualité sur le débat de l'identité nationale la question du devenir de l'exogamie de groupes par ces associations sémantiques des plus improbables.

Blague exégétique intellectualisante mise à part, l'association des mots est dans la lignée des combo d'arcade, à savoir l'enchaînement d'actions (ici des groupes sociaux) assez improbable donnant un résultat très pop'n game culture, et dans la lignée des surréalistes.

Bref, encore un jeu où le politique et le social est un prétexte à du fun, mais où il confère ici une saveur assez sympathique. J'ai bien ris, grâce à l'ingéniosité de la répartition aléatoire des noms.

Le jeu en soi est assez limité, l'IA des groupes étant notamment indifférenciée. AUssi, j'aurais bien aimé voir comment coder les comportements des nazi-féministes sensibles, des rétrogothiques, des cyberlibéraux hétérogènes, ou encore des nécro-syndicalistes.

J'essaie d'avoir une interview de ce programmeur, ça m'intrigue. En attendant, vous pouvez aller faire un tour sur le forum du jeu. Et pour jouer, c'est .

100 vs. 100 ingame100 vs. 100 ingame2