La lutte des classes : le jeu vidéo
Par olivier le mercredi 2 décembre 2009, 18:11 - jeux - Lien permanent
Finaliste 2008 du concours argentin CODEAR en 100 x 100 pixels, de l'ADVA, (l'association argentine des développeurs de jeux vidéo), le jeu 100 vs. 100 est du grand n'importe quoi sur fond de néo-lutte des classes. L'intro du jeu, très minimaliste, mais à la fois très arcade met directement dans le bain :
Ils se sont trompés. Nous avons raison. C'est eux ou nous. Nos meilleurs 100 contre leurs meilleurs 100.

La guerre pour la domination idéologique peut commencer. Le joueur manipule l'armée des 100 meilleurs hommes, qui forme un bloc, et doit éliminer l'équipe adverse. Le gameplay est très simple : des flèches pour diriger, une touche (entrée) pour asséner un coup. Une course poursuite entre les deux carrés a alors lieu. tout est question de timing : asséner le coup au bon moment, tout en limitant les pertes.
Après un petit temps d'adaptation, on se prend au jeu, qui nécessite pas mal de dextérité et de chance. Là où le jeu devient assez génial, c'est de mettre une couche de politique, et donc de contextualiser, de donner sens à cet amas de pixel. Les groupes à incarner et à combattre sont complètement débiles. On nage dans la parodie marxiste, entre les fascistes italiens ninja, les techno-franc-maçons, les meccha-bourgeois, les rétroséparatistes radicaux, les cyber-machistes, enfants de vampires robots, homo-zombies, etc. Les associations sont nombreuses et les noms de groupes assez marrants, et finalement posent en plein dans l'actualité sur le débat de l'identité nationale la question du devenir de l'exogamie de groupes par ces associations sémantiques des plus improbables.
Blague exégétique intellectualisante mise à part, l'association des mots est dans la lignée des combo d'arcade, à savoir l'enchaînement d'actions (ici des groupes sociaux) assez improbable donnant un résultat très pop'n game culture, et dans la lignée des surréalistes.
Bref, encore un jeu où le politique et le social est un prétexte à du fun, mais où il confère ici une saveur assez sympathique. J'ai bien ris, grâce à l'ingéniosité de la répartition aléatoire des noms.
Le jeu en soi est assez limité, l'IA des groupes étant notamment indifférenciée. AUssi, j'aurais bien aimé voir comment coder les comportements des nazi-féministes sensibles, des rétrogothiques, des cyberlibéraux hétérogènes, ou encore des nécro-syndicalistes.
J'essaie d'avoir une interview de ce programmeur, ça m'intrigue. En attendant, vous pouvez aller faire un tour sur le forum du jeu. Et pour jouer, c'est là.


Commentaires
A quand une adaptation vidéoludique de "La Dialectique peut-elle casser des briques ?" Ce serait fort à propos, et techniquement pas trop difficile...
J'ai joué à ça il y a deux semaines, il te le faut Olivier !
http://www.nyu.edu/projects/ollman/...