Here comes a new challenger : Sophie Briard-Auconie
Par olivier le vendredi 15 janvier 2010, 10:15 - actualité - Lien permanent
Dans la série, on accuse les jeux vidéo des dérèglements sociaux, et surtout des coups de folie, Mme Sophie Briard-Auconie nous a fait part de ses craintes à l'encontre des jeux vidéo.
Par une équation classique : violence juvénile / meurtre = jeux vidéo, Mme la députée européenne Briard-Auconie (NC) explique le meurtre du Kremlin Bicetre par ces mots :
En faisant mes courses de Noël pour mes enfants, je me suis intéressée à l’offre pléthoriques des jeux vidéos. Pour beaucoup d’entre eux, la violence est omniprésente, crue et devient même l’objectif à atteindre. Le but du jeu est de tuer, de voler des voitures en brutalisant les conducteurs puis d’échapper à la police dans un graphisme et une ambiance qui exhortent à la brutalité. Or, pour certains jeunes, l’usage de ces jeux vidéo représente leur quotidien pendant des heures et des heures. Leurs parents ou leur encadrement ne gèrent pas la nature des scénarii et encore moins le temps qu’ils y passent.
Encore une fois, je ne saurais critiquer les prises de position politique si elles relevaient d'un savoir minimal sur la question. Mais lorsque l'expérience ordinaire personnelle, apolitique, sert de grille de lecture à des problèmes sociaux très vastes, j'ai toujours du mal. C'est un grand classique que de faire valoir son statut de parent pour légitimer sa position sur les jeux vidéo, tant pour l'industrie que le personnel politique... à mon avis, la question de la connaissance du sujet "violence des jeux vidéo" se joue à un autre niveau, plus distancié du drame et des émotions.
Ainsi, de conclure sur la limitation de la vente aux magasins spécialisés et aux adultes est une prise de position lourde de conséquences, et une question qui ne peut être traitée au détour d'un communiqué de presse.
N'oublions pas que Familles de France avec l'association des revendeurs spécialisés avait essayé de faire ce coup en 2006. Les enjeux financiers sont énormes, car si GTA ou Modern Warfare sort de carrouf et autres grandes surfaces, les Revendeurs spécialisés ont tout à gagner en ayant le monopole sur ce marché capté. Eternel débat politico-moral qui permettra de désigner les maitres du marché, un classique de l'histoire des jeux vidéo.
Revenons sur les contenus. Les scénarii de jeux mettent de manière très largement majoritaire le joueur dans la peau d'un agent appartenant aux appareils de l'Etat, celui-là même qui a le monopole de la violence physique. Flic, soldat, commando d'élite, le joueur ne joue que très rarement un déviant (GTA, Manhunt, etc.). De la même manière la violence n'y est jamais infondée (ce qui ne veut pas dire qu'on ne puisse pas diverger sur les fondements de la violence), et sert dans la quasi-totalité des jeux les idéaux démocratiques. Je vous donnerai une fois la thèse soutenue les chiffres exacts et plus détaillés, mais je me suis basé sur l'analyse qualitative d'un corpus de près de 300 jeux "d'action", les million-sellers entre 1999 et 2009. Bref, il y a donc de la violence, mais les jeux vidéo apprennent l'usage réglé de la violence légitime constitutive du monopole de l'État. Il n'y a doc pas lieu d'accuser les scénarii comme tels.
Alors pourquoi toujours ces discours ? Le problème réside dans l'importation systématique de la question de la "violence graphique", issue des discours sur les effets des médias. La fascination pour la dimension graphique esthétique ne peut à elle seule expliquer le passage à l'acte. Qui plus est, la question des effets est une argutie.
Enfin, étonnons-nous du fait que le PEGI ne soit pas mentionné, alors même qu'il a fait l'objet de discussions au niveau européen.
Affaire à suivre, en tous cas nous avons une alliée pour Mme Morano.
Commentaires
Personnellement, je ne suis pas d'accord sur un point : les jeux vidéos violents me paraissent loin d'être majoritaires sur le marché, en face de la pléthore de jeux dits " casual ". Même si des jeux violents comme GTA ou Call of Duty se vendent à des milliers d'exemplaires, les cooking mama, mario kart ou wii fit, Fifa ou Gran Turismo se vendent très bien aussi.
Si encore on savait que les agresseurs jouaient à des jeux vidéo "violents", je comprendrais. Mais la seule évidence dont elle dispose, ce sont ses courses au supermarché.
Enfin bon, j'ai déjà connu pire et plus hystérique.
la question de la violence dans les JV est intéressante mais le point de vue que défend Olivier est passionnant, quelle est la mise en scène de cette violence ? incarner un soldat de la Seconde Guerre mondiale ou bien incarné un bandit comme dans GTA, cela ne renvoie pas aux mêmes représentations. Il ne s'agit pas de stigmatiser tel ou tel joueur, car la plupart du temps le joueur est capable d'incarner une multitude de profils sans se jeter sur le premier venu. GTA s'est vendu à plusieurs millions d'exemplaires, je préconise donc de ne plus sortir de chez soi ^^
@ Karh : oui, je précise que ce sont des jeux d'action que j'ai étudiés. Aussi, dans ces jeux d'actions il y a de la compétition sous forme de violence, plus ou moins explicite.
@Shane : oui, elle est vie molo, ça doit etr ele coté centriste :p
@ Berlu: surtout qu'un même joueur peut être fan des sims, PES et call of duty... C'est pas pour autant qu'il manipule les gens, joue au MIlan AC et tue des gens.