N'oublions pas que Familles de France avec l'association des revendeurs spécialisés avait essayé de faire ce coup en 2006. Les enjeux financiers sont énormes, car si GTA ou Modern Warfare sort de carrouf et autres grandes surfaces, les Revendeurs spécialisés ont tout à gagner en ayant le monopole sur ce marché capté. Eternel débat politico-moral qui permettra de désigner les maitres du marché, un classique de l'histoire des jeux vidéo.

Revenons sur les contenus. Les scénarii de jeux mettent de manière très largement majoritaire le joueur dans la peau d'un agent appartenant aux appareils de l'Etat, celui-là même qui a le monopole de la violence physique. Flic, soldat, commando d'élite, le joueur ne joue que très rarement un déviant (GTA, Manhunt, etc.). De la même manière la violence n'y est jamais infondée (ce qui ne veut pas dire qu'on ne puisse pas diverger sur les fondements de la violence), et sert dans la quasi-totalité des jeux les idéaux démocratiques. Je vous donnerai une fois la thèse soutenue les chiffres exacts et plus détaillés, mais je me suis basé sur l'analyse qualitative d'un corpus de près de 300 jeux "d'action", les million-sellers entre 1999 et 2009. Bref, il y a donc de la violence, mais les jeux vidéo apprennent l'usage réglé de la violence légitime constitutive du monopole de l'État. Il n'y a doc pas lieu d'accuser les scénarii comme tels.

Alors pourquoi toujours ces discours ? Le problème réside dans l'importation systématique de la question de la "violence graphique", issue des discours sur les effets des médias. La fascination pour la dimension graphique esthétique ne peut à elle seule expliquer le passage à l'acte. Qui plus est, la question des effets est une argutie.

Enfin, étonnons-nous du fait que le PEGI ne soit pas mentionné, alors même qu'il a fait l'objet de discussions au niveau européen.

Affaire à suivre, en tous cas nous avons une alliée pour Mme Morano.

Via Alexis Banchet sur twitter.