D'abord le contenu stéréotypé (enfin j'ose espérer) :

Une hérésie :

Ce que nous avons montré, ce n'est pas le lien entre jeux vidéo violents et agression, qui a déjà été prouvé des dizaines de fois, mais c'est à quoi ce lien est dû

L'état de l'art tend au contraire à montrer que le lien n'est pas prouvé. Tout au mieux avons-nous un début de consensus sur l'excitation à court terme provoquée par la pratique du jeu, mais en aucun cas de quoi la transformer en comportement violent. La nuance entre agressivité, agression et violence est centrale.

Un concept imputations d'hostilité aux autres non défini quoique suivi d'une hypothèse intéressante :

"après avoir joué aux jeux vidéo, on s'attend à ce que, dans des situations de conflit, les autres aient un comportement agressif, ce qui prépare à être agressif soi-même

Mais quid de la démonstration? Ce n'est pas en affirmant qu'on a un échantillon, qu'on a fait des test, que l'on fait preuve. Alors certes les protocoles ne sont pas médiagéniques, mais tout de même, c'est le cœur même de notre travail. Une hypothèse n'a de sens qu'une fois invalidée ou validée, se construit au fur et à mesure, mais ne peut valoir comme vérité sans l'administration de la preuve (le protocole). Et leur absence rend cette déclaration non pas scientifique mais au contraire donne l'impression qu'on est dans le régime de la croyance. Alors oui, il y a la caution et la légitimation avec la mention du Journal of experimental social psychology. Mais cela ne peut suffire. Aussi, un Troll composé de science et revêtu des habits de la morale.... vous le sentez venir le point godwin?

Moralité, car il s'agit bien de morale et de croyance ici :

  • la caution scientifique suffit pour faire croire en la validité et évite l'administration de la preuve (qui doit exister, mais l'étude n'étant pas accessible, on ne peut que spéculer)
  • une étude qui confirme la violence a plus de chance d'être visible. Même si pour le coup, il y a de grands changements dans le traitement médiatique, notamment avec une reconnaissance du JV, de nouveaux entrants journalistes qui maîtrisent le jeu vidéo. Le troll peut gambader dans de grands espaces qui s'offrent à lui.
  • réduite à un communiqué de presse, l'étude devient un troll. Justement parce qu'elle affirme sans démontrer, se base sur les oppositions entre pro et anti-jeux vidéo et les réactives. Le Troll fait de l'aggro. Et le bataillon est mobilisé et au garde à vous depuis les années 98 (GTA, Famlles de France).

Et je ne suis pas certains que les créateurs de ce troll le reconnaîtraient. Normal, ils sont nombreux, entre les chercheurs de Grenoble, les journalistes du Dauphiné, puis l'AFP puis les reprises, rencontrés dans un espace social médiatique, déjà structuré, avec des rationalités et intérêts divergents.

Le troll est de plus en plus un animal politique et médiatique qui a trouvé un foyer. Nous en sommes ses créateurs, son espace, ses conditions de possibilité. Donc, un seul mot d'ordre : Kill the Troll before it kills you.