Game in Society

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vendredi 4 décembre 2009

FTC loves ESRB : résultats 2009

Comme chaque année, l'étude undercover shop de la Federal Trade Commission, vise à évaluer les procédures de limitation à l'accès aux médias. Et comme depuis quelques années, les médias les mieux encadrés aux USA sont.... les jeux vidéo.

Conclusion de la FTC pour les jeux électroniques :

La FTC constate un degré élevé de conformité du marketing de l'industrie du jeu vidéo aux règles de publicité, bien que ces normes permettent aux commerçants de jeu de faire de la publicité sur de nombreuses émissions de télévision et de sites Web populaires auprès des enfants. En outre, les détaillants peuvent faire respecter les restrictions d'âge sur la vente de jeux M-rated (pour adulte) pour enfants, avec un taux de refus moyen de 80 pour cent. Le rapport note, cependant, que les enfants peuvent être en mesure d'obtenir des jeux M-rated, par exemple, lorsqu'ils utilisent des cartes-cadeaux pour les vendeurs en ligne. Enfin, la prolifération des applications de jeux pour mobiles fournit des défis - par exemple, certaines compagnies ne fournissent pas de système de notation pour les jeux disponibles sur leurs réseaux, et il n'y a pas de système cohérent de l'âge en fonction de contrôle parental pour ces applications.

Encore un nouveau marché à réguler. Le rapport est disponible ici.

FTC - Marketing Violent Entertainment to Children, 2009

source : Marketing Violent Entertainment to Children, Federal Trade Commission, USA, 2009, p. 28

Comment en arrivent-ils à des résultats aussi efficaces, en comparaison aux industries du divertissement ?

Deux leviers créés par l'ESRB le permettent :

  1. Charte des revendeurs développée par l'ESRB et signée par les plus gros distributeurs, impliquant leur respect du système ESRB. Wall mart, Gamestop l'ont signé. C'était l'un des enjeux des audiences de 1993-1994.
  2. Conseil de la publicité de l'ESRB, et notamment le fait de proposer des publicités visent les publics appropriés. Par exemple, un jeu pour adulte ne tentera pas de séduire un mineur.

Force est de constater que si le conseil de la publicité existe pour le PEGI, la charte des revendeurs est une autre histoire.... Cependant, contrairement aux discours français du moment qui tendent à stigmatiser les magasins spécialisés et grandes enseignes, les revendeurs ne sont pas pointés du doigt. C'est à dire que la responsabilité a été partagée dès le début, et qu'il convenait de mettre sur le même plan éditeurs et revendeurs dans le processus d'information du public.

Bien entendu, il est plus facile de stabiliser un système sur un territoire unique où quelques enseignes monopolisent les réseaux de vente de jeux vidéo. Mais avec les récents rachats et fusions, il est de plus en plus envisageable d'intégrer les grandes enseignes spécialisées. D'ailleurs, Wall-Mart a joué sur le côté respect du code et responsabilité, en intégrant un système électronique de contrôle des contenus, lors du passage en caisse. L'âge préconisé par l'ESRB s'affiche et permet d'éviter de vendre GTA IV à Théo, 8 ans.

vendredi 27 novembre 2009

Morano et l'encadrement de l'accès aux jeux vidéo. Back to the 90s

Continuant sa campagne contre les jeux vidéo violents, Nadine Morano a développé son argumentation sur RMC. La secrétaire d'Etat à la famille revient sur la signalétique PEGI, après son speech sur la grippe A et avant celui sur la violence faite aux femmes, Classe, les jeux vidéo sont aussi importants, n'en déplaise aux morts du virus suite au retard d'administration du vaccin et aux femmes battues. Heureusement il n'y a pas de lien entre ces trois sujets, les JV ne provoquant pas la grippe A et n'entraînent pas de violences domestiques. Quoique sur ce dernier point je suis surpris qu'elle n'ait pas franchi le pas, certainement car elle pense le jeu vidéo comme un jouet pour enfant.

Le lien ? "Noël approche, parlons des jeux vidéo. Vous connaissez Dofus ?" Morano ne connait pas, Bourdin non plus. Dommage, car Dofus a déjà fait la une des journaux télévisés... c'est l'un des jeux vidéo en ligne les plus joués, surtout par les mineurs.... ils devraient lire ce site ou regarder la télé (ou le dessin animé Wakfus est diffusé sur France 3) :) Déjà, cette méconnaissance d'un best-seller fait froid dans le dos. Un peu comme si on voulait réguler le cinéma sans connaître Titanic ou le Soldat Ryan. En plus, étant une production française, il y a de quoi travailler sur l'identité nationale chez les plus jeunes.

Nous apprenons dans cette courte interview qu'un groupe de travail est mis en place, et vise à limier l'accès des jeux. Dans ce cadre, une étude sur le packaging est conduite, car le PEGI n'est pas efficace, seulement 21% des parents le connaissent. La source ? Un sondage... magnifique, je parie qu'il ne prend pas en compte la distinction parents de joueurs et de non joueurs, or ceci serait intéressant afin de pondérer les résultats. Qu'importe, les revendeurs spécialisés sont dans la ligne de mire, comme d'habitude.

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jeudi 30 juillet 2009

ESRB, smells like teen spirit

Et voilà, ça fait 15 ans et 1 jour, enfin dans les fait il rentre en vigueur pour le Mortal Monday. Pour la peine je fête la naissance de l'esrb en finissant mon chapitre dessus!

Pour fêter ça, les hearings du congrès, du 9 décembre 93, premier tour des auditions. Y a du pathos, des cris et des larmes, Nintendo qui se la joue street responsability, que du lourd.

Vous apprécierez le déclaration de Jack Heistand, d'EA, boss de l'association de consoliers/éditeurs (IDSA) qui a développé l'ESRB :

En effet, je peux décrire ce que nous avons traversé, en tant qu'industrie du jeu vidéo, comme l’équivalent de l'élaboration d'un projet national de soins de santé. Je ne crois pas que quiconque dans l'industrie du divertissement ait eu d’aussi grandes préoccupations au sujet de la violence, et ce en si peu de temps.

Jack Heistand Président de l’Interactive Digital Software Association, 29 Juillet 1994. Traduction O. M.

jeudi 13 novembre 2008

ESRB fait peau neuve... illusion spell level 80

Lu sur le site-lobby gamepolitics, L'ESRB, association des industriels du jeu vidéo qui s'auto-régulent dans l'allégresse et tentent d'éviter les salves des politiques (non associés), vient de sortir une nouvel outil pour informer les parents : un résumé du jeu décrivant et motivant les raisons du classement. Ceci est opérant pour tous les jeux sortis après le 1er Juillet 2008.

Deux catégories intermédiaires sont rajoutées.

  • child, encore plus large que Everyone
  • ET, ajouté entre Everyone et Teen

Donc, un mieux car la signalétique est plus précise, enfin c'est ce qu'ils soutiennent. Cependant, cela ne demeure qu'une information. Qui plus est le texte n'est dispo qu'en ligne, et donc relativement peu visible pour les parents (faudraient qu'ils sachent que l'ESRB existe), et qui plus est peu pratique quand ils font leur courses à Wall Mart. Sachant que tous ont un iphone avec internet, cela va de soi, surtout les pauvres en tant de crise de subprimes.

Là où ils sont fort à l'ESRB, c'est qu'Hillary Clinton, jusqu'alors très critique vis à vis du système, a trouvé ça génial, un vrai cadeau pour les parents en cette période de vacances. Et son copain Lieberman d'applaudir l'ESRB pour avoir pris cette étape proactive dans l'information aux parents.

Y a des fois leurs prises de positions me dépassent. Je pense qu'un site web contre la fin dans le monde devrait résoudre les problèmes, réduire les inégalité et mettre fin au marasme bancaire. Surtout si le site web est lisible sur mobile. Ca m'étonne qu'ils n'y aient pas encore pensé.

Une belle vidéo de propagande pédagogie industrielle qui m'émeut :


New Video Game Rating Summaries from ESRB

Le rien à voir, ce soir conf dans Second Life sur le numéro de Quaderni.

mercredi 6 août 2008

Manif anti-ubisoft : DASW contre America's Army

Ubi soft est en charge de l'adaptation sur Xbox 360 du célèbre jeu de l'armée américaine, America's Army : true soldier, sorti depuis 15 novembre 2007 sur le territoire US.

Véritable outil de communication intégré, ce jeu s'inscrit dans la nouvelle politique de l'armée américaine, qui tente depuis les années 80 de pallier au problème de l'abandon de la conscription en 1973 (c'est à dire la mobilisation automatique d'une partie des membres des Etats fédéraux).

Communiquer par un jeu, promouvoir les valeurs de l'armée, AA n'est pas le seul à être vecteur de la "masculinité militarisée", véritable tradition dans le jeu vidéo selon le chercheur Stephen Kline.

America's Army pose cependant un double problème: - les actions du joueur sont enregistrées et peuvent être utilisées lors de la procédure de recrutement - le jeu propose au joueur de s'enrôler.

C'est ce dernier problème qui a été soulevé par l'association américaine DASW ( Direct action stop war), qui entend manifester contre Ubi Soft aujourd'hui à San Francisco.

Leur protestation se fonde sur un constat simple : Ubi Soft, en distribuant AA et par conséquent en le mettant à disposition des mineurs , irait à l'encontre de la charte des Nations Unies qui interdit de recruter des enfants.

Selon les articles 1 et 2 de ce protocole :

  • Article 1: States Parties shall take all feasible measures to ensure that members of their armed forces who have not attained the age of 18 years do not take a direct part in hostilities.
  • Article 2 : States Parties shall ensure that persons who have not attained the age of 18 years are not compulsorily recruited into their armed forces.

La version xbox est classée par l'ESRB "mature" soit +17 ans, et par le système PEGI +16 ans. Or le protocole a été ratifiée par les etats-Unis le 23 janvier 2003.

Sur les version PC on-line, les risques de recrutement existent. selon DASW, 4% des nouvelles recrues auraient été influencées par le jeu.

Prudence cependant. La version Xbox 360 propose un mode solo et un mode multi, et perd ce côté" MMO" du jeu PC. Ce qui change pas mal la donne au final, car il est impossible d'accéder à un site de l'armée via la xbox360.

L'argument du DASW semble ne pas tenir la route juridiquement pour ce cas spécifique, en tous cas pour cette version distribuée par Ubi Soft. Par contre pour la version gratuite, il y a certainement une faille, dans la mesure où le jeu, non réglementé par un quelconque organisme de régulation (l'ESRB ou le PEGI ne valident que les jeux payants), viole en partie le protocole onusien ratifié par un certains nombre d'Etats où le jeu est mis à disposition! Et là les fournisseurs d'accès et hébergeurs risquent d'en prendre pour leur grade.

Dans tous les cas, problème juridique et action politique à suivre!