Game in Society

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Tag - america s army

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lundi 10 août 2009

Welcome to the desert of Real

Welcome to the desert of Real est un machinima réalisé par Paolo Pedrecini, le game designer derrière molleindustria, le studio de développement de political games. Ce machinima traduit l'expérience post-traumatique des soldats de retour de la guerre du Golfe, et ce en utilisant l'outil même de propagande de l'armée US : America's Army.

Je vous laisse vivre cette expérience, plus proche d'un Kubrick que d'un Desert Strike. Y a pas à dire, Pedrecini est très doué. Je me demande ce qu'il ferait comme jeux s'il avait les moyens pour une production AAA.

Welcome - Pedrecini

vendredi 8 août 2008

Militantism for dummys

La manifestation anti-ubisoft / america's army s'est effectivement déroulée. Deux douzaines de manifestants selon Wired, plus selon les organisateurs. Et sans compter pas les multi-avatars et autres mules.

Deux reportages intéressants, le premier de Wired, assez ironique, relate la faiblesse des slogans, pour ne pas dire leur côté ridicule. La réponse dans le forum de Michael Reagan, directeur de DASW, est à lire et remet en cause ce ton léger. On y apprend que l'American Civil Liberty Union a aussi dénoncé AA... argument d'autorité ! Mais le fondement juridique reste flou. Par contre AA serait un véritable simulateur et donc entraînerait les jeunes américains à l'armée... encore un procès de naturalisation du virtuel...

Le second sur le blog multiplayer.MTV, reste plus neutre.

Un des vétérans de la guerre en Irak, Lockwood a confessé :

C'est définitivement un outil de recrutement, et le fait que ce soit poduit par le gouvernement fédéral et financé par nos impôts, me semble illégal (...) Je ne sais pas exactement quelles sont les lois, mais comme ça été financé par nos impôts on a le droit de dire : arrêtez de prendre notre argent et de l'utilier pour des m!r*@s

Et ce n'est pas le seul à ne pas savoir le fondement juridique de telles allégations. Ubisoft n'en sait pas plus, alors qu'ils auraient pu être tranquilles, sachant que le protocole onusien n'interdit pas la promotion et la propagande militaire... que le recrutement se fait off-line, qu'il y a donc des filtres réels.

Enfin voilà pêle-mêle plusieurs discours, le jeu n'étant qu'un prétexte pour porter d'autres revendications... cristallise les aspirations politiques. Ce n'est pas la première fois que l'entrée du politique dans le monde du jeu prend rapidement la tangente. Les jeux n'intéressent pas tant que ça, mais la portée symbolique les rend séduisants - souvenez-vous l'année dernière les amendements alarmistes du député Depierre sur le jeu vidéo dans le cadre de la loi de la prévention de la délinquance....

Quoi qu'il en soit, cette manif s'est faite dans une certaine candeur, musique, chant, slogans dignes de manifs collégiennes, tout y était pour en faire une fête!

Après tout, la dimension ludique d'une manif, ce côté célébration a déjà été mis en avant par les politistes (notamment Olivier Filleul).

"War is not a game" arboraient-ils sur leurs pancartes. Mais militer est tellement drôle ! Pourquoi s'en priver! D'autant que la manif a suffisamment fait parler d'elle dans le milieu, et que Ubisoft réfléchirait à arrêter l'exploitation de la franchise! Comme quoi, à chaque espace, ces formes de contestations, et la relativité de leur effectivité. Imaginons s'il existait des syndicats, que l'espace était vraiment politique, et non pas seulement économique... la confédération syndicale aurait fait fermer Ubisoft!

Alors que le jeu est un univers hautement compétitif et conflictuel, l'industrie fuit paradoxalement toute remise en cause... ce qui nous en dit long sur les producteurs qui sont de moins en moins issus du monde du jeu vidéo, mais importés des industries traditionnelles et assujettis aux capitalisme financier. Un vrai gamer aurait été piqué au vif, aurait élaboré des stratégies de contre (cast/spell-antiprotest), aurait fourbi ses armes et se serait jeté dans l'arène.

Alors que chez nous, désormais, quand il y a une grève en France personne ne s'en aperçoit.... il suffit d'une poignée de militants pour faire vaciller un géant mondial... La révolution passera par le jeu ou ne passera pas. A moins qu'elle soit enfermée pour toujours dans ces micro-territoires utopiques.


Le rien à voir du jour, les locaux de Sega of America, sont à quelques pâtés de maison! Et leurs locaux sont plutôt pas mal!

sega SF 1

san_francisco_mars_2008_174.jpg

sega SF 2

mercredi 6 août 2008

Manif anti-ubisoft : DASW contre America's Army

Ubi soft est en charge de l'adaptation sur Xbox 360 du célèbre jeu de l'armée américaine, America's Army : true soldier, sorti depuis 15 novembre 2007 sur le territoire US.

Véritable outil de communication intégré, ce jeu s'inscrit dans la nouvelle politique de l'armée américaine, qui tente depuis les années 80 de pallier au problème de l'abandon de la conscription en 1973 (c'est à dire la mobilisation automatique d'une partie des membres des Etats fédéraux).

Communiquer par un jeu, promouvoir les valeurs de l'armée, AA n'est pas le seul à être vecteur de la "masculinité militarisée", véritable tradition dans le jeu vidéo selon le chercheur Stephen Kline.

America's Army pose cependant un double problème: - les actions du joueur sont enregistrées et peuvent être utilisées lors de la procédure de recrutement - le jeu propose au joueur de s'enrôler.

C'est ce dernier problème qui a été soulevé par l'association américaine DASW ( Direct action stop war), qui entend manifester contre Ubi Soft aujourd'hui à San Francisco.

Leur protestation se fonde sur un constat simple : Ubi Soft, en distribuant AA et par conséquent en le mettant à disposition des mineurs , irait à l'encontre de la charte des Nations Unies qui interdit de recruter des enfants.

Selon les articles 1 et 2 de ce protocole :

  • Article 1: States Parties shall take all feasible measures to ensure that members of their armed forces who have not attained the age of 18 years do not take a direct part in hostilities.
  • Article 2 : States Parties shall ensure that persons who have not attained the age of 18 years are not compulsorily recruited into their armed forces.

La version xbox est classée par l'ESRB "mature" soit +17 ans, et par le système PEGI +16 ans. Or le protocole a été ratifiée par les etats-Unis le 23 janvier 2003.

Sur les version PC on-line, les risques de recrutement existent. selon DASW, 4% des nouvelles recrues auraient été influencées par le jeu.

Prudence cependant. La version Xbox 360 propose un mode solo et un mode multi, et perd ce côté" MMO" du jeu PC. Ce qui change pas mal la donne au final, car il est impossible d'accéder à un site de l'armée via la xbox360.

L'argument du DASW semble ne pas tenir la route juridiquement pour ce cas spécifique, en tous cas pour cette version distribuée par Ubi Soft. Par contre pour la version gratuite, il y a certainement une faille, dans la mesure où le jeu, non réglementé par un quelconque organisme de régulation (l'ESRB ou le PEGI ne valident que les jeux payants), viole en partie le protocole onusien ratifié par un certains nombre d'Etats où le jeu est mis à disposition! Et là les fournisseurs d'accès et hébergeurs risquent d'en prendre pour leur grade.

Dans tous les cas, problème juridique et action politique à suivre!