Game in Society

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Tag - consommateur

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mardi 19 mai 2009

Protection des consommateurs du jeu vidéo

Viviane Reding, dans la perspective du eYouGuide, guide de l'Union européenne sur les droits numériques du consommateur pense à intégrer le jeu vidéo dans le processus de normalisation de la diffusion et de la qualité. Ces dispositions concernent essentiellement le commerce numérique, mais aussi les bien numériques. Un agenda numérique est proposé, abordant notamment ces deux points :

2. Faire en sorte qu’il soit indifférent, pour les consommateurs, que les contenus numériques (musique, jeux, films, livres) viennent d'un pays de l'UE plutôt que d'un autre, en posant les jalons d’une politique de licence multi-territoriale pour le contenu en ligne.

(...)

4. Étendre les principes qui sous-tendent les règles en matière de protection des consommateurs aux accords de licences pour les produits tels que les logiciels de protection contre les virus, de jeux et autres contenus sous licence qu’ils téléchargent. Les licences devraient garantir aux consommateurs les mêmes droits fondamentaux que ceux attachés à l’achat d’un bien: le droit d’obtenir un produit qui fonctionne selon des conditions commerciales équitables.

Cet agenda pose quand même plusieurs questions :

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mardi 30 décembre 2008

Le gouvernement en mode double bind

Lancé en grandes pompes (au moins du 45), le site pedagojeux.fr est apparu sur le net le 15 décembre dernier.

Le but est simple : informer et sensibiliser les parents et chalands sur les risques des jeux vidéo. Les thèmes de prédilections seront sans surprise pour les lecteurs de ce blog : la violence et l'addiction.

Qui est derrière tout ça ? Une team d'institutionnels et associatifs issue du forum des droits de l'internet de 2007:

  • La Délégation interministérielle à la Famille (DIF)
  • la Délégation aux Usages de l’Internet (DUI)
  • Internet Sans Crainte
  • le Forum des droits sur l’internet,
  • l’Union Nationale des Associations Familiales,
  • Action Innocence,
  • le Syndicat des Éditeurs de Logiciels de Loisirs,
  • Microsoft,
  • Bayard Jeunesse
  • JeuxOnLine.

A première vue, l'initiative est louable, le résultat étonnamment mesuré et contraste fortement avec la campagne du ministère de la famille sur les dangers d'internet.

Et pourtant, derrière ce beau pixel glacé, se trame un symptôme de nos politiques publiques actuelles : comment laisser faire (le marché) tout en laissant croire qu'on ne le laisse pas faire (qui a dit que je parlais du G20 sur la crise). Ou dit autrement comment trouver un responsable qui ne soit ni les politiques ni le marché ?

Et là nous arrivons en plein débat idéologique, tant est qu'il puisse exister. Les deux délégations ministérielles ont des objets a priori différent.

Le DIF propose de :

Soutenir les familles dans l’exercice effectif de leur autorité et responsabilité parentales ; leur garantir la liberté de choix du mode de garde ; aider les pères comme les mères à mieux concilier vie familiale, vie professionnelle et vie sociale.

Alors que le DUI :

a pour mission de proposer les mesures nécessaires à l'amplification du développement de la société de l'information au bénéfice de tous et partout. Créée en juillet 2003, lors du Comité Interministeriel pour la Société de l'Information (CISI), elle est aujourd'hui rattachée au ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche.

Sa mission est de contribuer à combler le retard numérique de la France et à la porter sur ce terrain au niveau des pays les plus développés. Son approche est globale jouant simultanément sur plusieurs leviers complémentaires.

Notamment autour des thèmes suivants : L'accès public à internet ; L'équipement des personnes ; L'accompagnement des politiques numériques territoriales ; La sécurité des personnes sur internet en général, et la protection des mineurs en particulier ; La formation et l'accompagnement au TIC.

D'un côté on a le ministère de la famille qui veut responsabiliser les parents et accroitre leur autorité parentale, ce qui en d'un point de vue libéral (au sens philosophique du XVIIIe) est un gage d'indépendance de l'individu face à l'Etat, de l'autre on a le ministère de l'économie qui veut responsabiliser la famille pour émanciper le marché des contraintes du politique, et ce traduisant une tendance inavoué à un certain minarchisme. Se substitue petit à petit la figure du citoyen à celle du consommateur dont la liberté vaut bien quelques vides juridiques.

Les enjeux de sécurité et de responsabilité entre libéralisme et paternalisme apparaissent au final comme des instruments permettant d'assainir le marché. Vous me direz rien d'extraordinaire, ni de novateur sous le soleil : responsabilité à trouver un job (sinon plus de chômage), responsabilités des parents vis à vis de leur progéniture (sinon on sucre les allocs), autorité des parents (enfin pas tout à fait, la police de proximité 2.0 est en béta).

Bref, une belle externalisation des prérogatives et ressources de l'Etat. On charge les individus d'éduquer les enfants, ce qui en soit n'est pas choquant, la famille est l'instance première de socialisation pour Durkheim. Sauf à considérer qu'il y a des inégalités sociales, que tout le monde n'a pas les même capitaux et ressources culturels et économiques capable de forger de bons citoyens consommateurs.

Mais que les politiques publiques des jeux vidéo cristallisent autant cette idéologie, c'est finalement assez flatteur pour nous pauvres joueurs. Nous sommes l'avant garde d'une irresponsabilité généralisée. Me tarde de voir les procès au TA, où les parents seront attaqués par la police délit de faiblesse d'autorité parce que leur gosse aura chipé des bonbons à la boulangerie.

Rien de grave, les riches pourront externaliser leur autorité à des boites privées (ou au grand frère) et contracter des assurances responsabilité petits cons. Quant aux pauvres, qu'ils nous fassent pas chier. Fallait pas être pauvre, fallait choisir de faire cadre sup et non ouvrier, qu'ils se plaignent pas si leur usine ferme, ils n'avaient qu'à choisir une industrie porteuse, forcer leurs parents à payer des études à l'ESSEC, et surtout ne pas naître dans un milieu social défavorisé, grosse erreur de leur part.


Dora contre les pauvres