Game in Society

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vendredi 3 septembre 2010

Conférence GameCulture / Suisse

Pour info, un festival Suisse pour lequel j'ai reçu une magnifique invitation avec des stickers space invaders so 80s.

Conférence GameCulture

Jeux vidéo : créativité suisse dans le contexte international

Fantoche, Festival International du Film d’Animation, Baden Jeudi 9 septembre 2010

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mercredi 24 février 2010

Musée du jeu vidéo

Le musée du jeu vidéo va ouvrir ses porte le 14 avril prochain sur le toit de l'arche de la défense. Je vous copie colle une partie du dossier de presse qui m'a le plus interpellé:

Ce premier espace entièrement consacré aux jeux vidéo se veut accessible à tous et propose de retracer son histoire à travers ses consoles les plus emblématiques mais aussi des machines méconnues. Plus de 200 pièces seront ainsi présentées aux visiteurs. On y trouvera aussi des portraits de créateurs de jeu et d’icônes de la Game Culture pour mieux appréhender ce phénomène culturel.

Conçu pour les nostalgiques mais aussi pour les curieux de cet art numérique en pleine croissance, ce lieu aura comme objectif de démocratiser et promouvoir la culture vidéoludique auprès du grand public.

Déjà la création d'un musée du jeu vidéo est une belle entreprise de légitimation culturelle et devrait influer sur les discours représentations sociale sur le jeu vidéo.

D'autre part, je suis très intrigué sur le contenu de ce musée. C'est quand même un musée sur un bien de consommation ludique de masse, produit industriellement. Et cet extrait du communiqué laisse penser qu'on aura droit à un ensemble de machines, soit la partie la moins créative du jeu vidéo. Ne jugeons pas avant de le visiter, mais exclure a priori le contenu des jeux vidéo et ne mettre à dispositions que des boites aux design parfois douteux, me laisse sceptique.

Quant au travail d'historien du jeu vidéo, si c'est faire une liste des machines sorties autant aller flâner dans les boutiques de retrogaming et éplucher les journaux spécialisés ou les bons de commande des grandes surfaces. Reste enfin à savoir les liens entre ce musée et les autres entreprises existantes telles que le fond jeu vidéo de la BNF. D'autres musées existent, notamment au UK avec le national videogames archive, côtoyant des entreprises plus locales.

En tous cas, je rêve d'un musée où les jeux seront jouables ou sinon exposés en mode démo, classés selon les filiations, avec des commentaires sur le contexte socio-historique de production et de diffusion, les portraits des créateurs, industriels, politiques, ingénieurs, des productions indépendantes, des mods, des installations artistiques, des conférences avec les figures de cette industrie, des expos temporaires et thématiques, etc.

Sauf que là on dépasse le classement par tests et notes, et on franchit le pas vers quelque chose d'autre. Imaginez une exposition bioshock mélangeant pièces iconographiques d'art déco, les récits d'Ayn Rand et autres délires objectivistes... associant artwork, scénarii, version beta, etc... il ne reste plus qu'à négocier les droits d'auteur.... Aller, Messieurs Vivendi et Blizzard, faites lui don de WOW.

vendredi 19 juin 2009

Reporter de guerre

Un projet très intéressant de Marco Cadioli, ARENAE, de reportage de guerre... dans les jeux multi-joueurs, dont Quake 3, Counter-Strike et Enemy Territories. Certes vieux, mais qu'il m'a plu de redécouvrir.

Extrait de la démarche :

Des mondes avec leurs propres règles, que vous devez maîtriser pour survivre ou tout simplement pour se déplacer. Le photographe se joint à ces mondes comme un "embedded" reporter, conduit par un joueur, et il suit l'action en prenant des photos de la lutte, des portraits des gladiateurs, des cadavres sur le terrain, des photos de la guerre.

Rendre compte des aventures partagées et vies qui se lient dans ces univers, contribuer à la mémoire collective, mais aussi offrir un autre regard, telle semble être la démarche.

Certains parlent d'archivages des mondes numériques. Je troue que leur reconstruction par l'écrit ou la photo est intéressante, à l'instar du blog New World Notes, ou du Second Life Herald, mixte entre le journal local de Second Life et de fantastiques archives des événements passés. Et la multitude de sites de communautés, de forums, comme autant de témoignage d'expériences subjectives, dont nous parvenons à extraire de l'opacité d'Azazoth de la Tyrie et autres lieux fermés quelques traces par nos commentaires, témoignages, discussions.

Pour le chercheur, ces matériaux sont à la fois passionnants, souvent très riches, mais en même temps occupent un statut très particulier, difficilement stable, à prendre comme des lettres de fans, des récits d'expérience, des conversations ordinaires, voire même des focus group pour les forums de communautés en ligne, Pour autant, nous devons agir avec précaution, car la mémoire de ces mondes est en cours de constitution, qu'il est impossible de tout relater seul, et que chaque point de vue témoigne avant tout des pratiques des raconteurs, hautement subjectif malgré les tentatives d'objectivations. Et l'intersubjectivité constituant cette mémoire collective demeure illisible sans un gros effort de hiérarchisation, classement, élimination, sur-exposition, etc. Si l'ethnométhodologie de Garfinkel gagne du terrain pour explorer, les historiens sont face à un défi intéressant d'archivage. La BNF s'y met petit à petit, ou bien le projet How They Got Game de Stanford.

Pour un travail introspectif d'une critique d'art dans Second Life, Margherita Balzerani, ancienne curatrice en charge du numérique au Palais de Tokyo, je vous conseille l'article : Journal intime d'un critique d'art à l'ère du web 2.0. Rencontre avec l'artiste :: par Margherita Balzerani