Game in Society

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lundi 11 janvier 2010

Rock is dead star : Internationale San Diego

Rockstar est bien connu pour ses productions vidéoludiques dont la qualité égale le nombre de critiques et condamnations morales. Pour une fois, ce n'est pas le contenu de leurs jeux qui défraie le microcosme vidéoludique, mais les manières de faire ces jeux. En effet, les femmes des employés de Rockstar San Diego ont écrit une lettre ouverte appelant à changer les conditions de travail de leurs maris.

Les griefs sont nombreux et symptomatiques des problèmes contemporains du travail : dead lines qui se multiplient, impossibilité d'avoir son samedi de libre même pour aller chez le médecin, suppression des semaines de congés, sans parler du climat délétère qui règne entre employés. Conséquences directes : les familles en souffrent et les employés tombent en dépression. Or si les conditions de travaillent n'évoluent pas, une action en justice sera menée.

La lecture des commentaires est d'ailleurs intéressante, puisqu'ils confirment le changement de politique managériale et soulignent que les horaires de boulot oscillent entre 14-16 heures par jour, six jours sur sept. Soit deux fois 35h en une semaine, sans prise des congés payés. Ce même rêve américain dénoncé par GTA IV.... c'est beau. Quant à l'augmentation des salaires, elle est inférieure à l'inflation.

Cet épisode n'est pas sans rappeler celui des EA spouse - mêmes conditions de travail, même initiative par les femmes - et pose encore une fois la question des conditions sociales de production d'un jeu vidéo, déjà dénoncée dans un précédent rapport.

Les conditions de travail décrites ne doivent pas nous faire oublier que le jeu vidéo est une industrie, soumise à des logiques de rentabilité financière qui prennent le pas sur la rationalité de la création d'une œuvre numérique. Et donc, ceci implique l'importation des techniques managériales exogènes opérantes dans les nouvelles techno, services et autres industries créatives.

Pendant ce temps là, en France, un projet de loi est élaboré pour limiter le stress au travail. On devrait faire venir les développeurs pour ressusciter wanadoo éditions ou annexer San Diego.

Affaire à suivre. Mais entre le far west de Red dead revolver et l'every day life au studio, on se demande s'ils ont des scénaristes ou des sociologues....

jeudi 12 mars 2009

La dépression, nouvelle star allemande

Bon, c'est le JT du 20h, ouverture sur la tuerie. La dépression est mise en avant avec les JV.

Le premier qui dit que le jeu vidéo ne provoque pas la violence mais la dépression, cf. l'addiction au jeu vidéo, et donc les jeux vidéo sont en partie responsables, ou encore que le jeu vidéo dé-socialise, alors que c'est plutôt la dé-socialisation qui le pousse à s'enfermer : il a perdu.

Car le facteur qui semble poser problème c'est son manque d'intégration à l'école, les gens qui se moquaient de lui. C'est pas du social ça? L'école comme instance de socialisation ça ne vous dit pas quelque chose ?

Et la dépression c'est une problématique sociale. Y a qu'à lire Alain Ehrenberg, la fatigue d'être soi : manque de lisibilité, défaut de reconnaissance et énorme responsabilité individuelle. Tout est dit.

Voilà, il fallait que ça soit dit avant que ça n'émerge dans l'espace public. Décrédibilisons à l'avance, principe de précaution oblige !

Un placement produit argumentatif anticipé. C'est sioux. Mais vaut mieux prévenir.