Game in Society

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Tag - entrepreneurs de morale

Fil des billets - Fil des commentaires

jeudi 16 avril 2009

Falloujah et l'évolution de la question du réalisme

Il y a quelque jours enflait une polémique autour d'un jeu développé par Atomic game et édité par Konami : Six Days in Fallujah, un FPS qui propose de revivre la bataille irakienne éponyme de 2004, bataille qui a fait un nombre de morts considérables pour les britanniques.

La polémique se résume assez bien : on ne peut pas faire un jeu qui touche à un fait de guerre aussi récent et douloureux, selon Tim Collins, colonel du 1er bataillon de l'armée britannique, en interview dans le Daily Mail, alors que pour les pro-jeux vidéo, c'est aberrant qu'un média qui a fait ses choux gras sur la médiatisation du conflit donne des leçons de déontologie à un autre média. ,

Jusque là, rien d'anormal : les associations de victimes jouent les victimes, les officiers formateurs comme le Sergent John Mundy jouent la carte de la formation via le jeu.

Et puis on a aussi ce groupe spécialisé dans la lutte contre la guerre, Stop the war coalition, qui alors occupé à la médiatisation de guerre en Angleterre, se positionne par ce jeu vidéo. Nous avions déjà eu droit à un groupe anti-guerre dans l'affaire Ubisoft et America's Army en août dernier.

Lire la suite...

vendredi 5 décembre 2008

Quand l'Argentine donne une leçon de journalisme

L'émission "ultra"-populaire en Argentine, CQC a fait un reportage sur l'addiction au jeu vidéo. Au non, pas sur un ton sérieux et dramatisant europeo-centré. Non, complètement décomplexé et d'une rare qualité méthodologique.

Le reportage questionne la réalité de l'addiction au jeu vidéo, et interroge Susanna Calero, psychiatre spécialisée dans les addictions, qui avance :

Aucun jeu n'est mal. Si nous avons quelque chose dans l'existence, nous devons le voir d'un autre aspect. Que ce soit quelqu'un qui passe par un état d'angoisse par exemple, ce sont les conflits dans la maison qui les poussent à se réfugier, comme ils trouveraient refuge dans n'importe quel autre objet. (...) le jeu permet de se socialiser, mais quand il y a un usage excessif, la socialisation n'est plus.

Les psychiatres ont tendance à ne pas considérer les jeux vidéo comme addictif, ce qui pose la question : pourquoi une partie des non-psychiatres veulent faire une OPA sur cet objet? L'addiction sans drogue n'est-elle qu'une pure construction pour faire passer l'addiction dans le champ de la psychologie et de la psychanalyse ?

Quoi qu'il en soit, le reportage propose à des joueurs de faire du kart et à des parents sceptiques de faire une partie sur Wii. Et là, c'est le non-drame : les ados adorent le kart et seraient prêts à en refaire, les grands-mères s'éclatent à Wii tennis et révisent leurs positions après avoir pratiqué.

Ok, il y a un biais, la Wii n'étant pas révélatrice des jeux hardcore et ultraaaaaaaaaaaaaaaaa-violent, comme Counter Strike. En même temps, aller fragger à CS sans savoir maîtriser une souris, c'est compliqué.

Bref, un reportage très bien fait, complètement didactique et fun. Et après on dit qu'il n'y a pas de construction sociale, que la culture ne sert à rien. Le fait de poser la question en terme de violence et d'addiction reflète bien une intériorisation des valeurs établies. Et qu'un pays d'immigrants européens ait un autre point de vue illustre la pluralité et la relativité des positions de nos chers entrepreneurs de morale européens. Et puis quand un peuple a un rapport aussi fort avec ses psy, dans une approche exploratoire et de connaissance de soi, faut pas s'étonner qu'ils ne se satisfassent pas de positions orthodoxes.

Si la France était moins tabou avec ses psy, que la pratique était socialement partagée:

  1. les psy auraient suffisamment de boulot pour pas aller à la pêche aux nouveaux clients
  2. les pouvoirs publics et les industriels ne prendraient pas le public pour des cons
  3. les médias seraient moins pédants et dramatisant, pourraient être plus profonds et rigoureux sans rajouter une couche de pathos, vu qu'ils sauraient ce qu'est le pathos.

Y a pas à dire, on est de coincés de la vie :


CQC Argentina Informe Adiccion a los VideoJuegos

Bon, j'espère que le nouveau PDG de France télévision recevra l'ordre de notre président d'importer CQC en France. En même temps, c'est trop violent comme émission.