Habbo et war child se sont unies pour "organiser la plus grande manifestation en-ligne de tous les temps", aujourd'hui, vendredi 19 septembre. Attention, il ne s'agit pas de dénoncer les méfaits de la guerre, mais d'éducation. Les teenagers se réuniront pour comprendre que la guerre c'est mal. https://blog.gandi.net/media.php
Comment est venue cette idée ? Une enquête. Commandé par Sulake et War child: 50% des jeunes pensent que les réseaux sociaux peuvent faire prendre conscience des problèmes du monde, et "sont plus efficaces que les manifestations du monde réel ou les pétitions auprès des gouvernements." Bref, le net comme moyen pour se faire entendre. Première remarque, l'échantillon assez conséquent ne touche que les 13-14 ans. Heureusement qu'à cet âge l'idéalisme demeure.
Toutefois un scepticisme épidermique et des observations sur d'autres terrains vidéoludiques, me font davantage penser à une évolution des formes de contestation, avec en bémol majeur : le fait que le jeu et les mondes virtuels soient coupés du monde réel, et par conséquent une annihilation des luttes futures. A moins qu'elles soient en support de manifestations réelles.
Comment transférer le capital militant, convertir cette ressource technologique (le net) en quelque chose d'efficace auprès des policy makers? Et le plaisir de la manif? Ca encore c'est possible, ces espaces étant socialisant, ils pourront toujours en parler en chat. Manque quand même les merguez de la CGT. D'ailleurs cette absence d'organisations politiques, de syndicats, et la constitution d'une foule d'invidiualités risque de changer la nature des contestations. Si numériquement, ils pourront atteindre des sommets, ces manif ne seront pas pour autant efficaces sans relai et couverture médiatique.
Que le divertissement se mêle ainsi au politique me laisse sceptique. Non pas que théoriquement ce soit impossible, mais dans les faits, une manif d'un million de personnes n'affectera que les usagers du mondes. Wow saturé, au final les autres utilisateurs de mondes virtuels ne seront pas concernés. Et je parle même pas de ceux de la vie réelle. Une attaque massive des serveurs, c'est possible mais illégal, même si parfois légitime (de gaulle sort de ce corps).
Dans tous les cas, cela fera plaisir à notre président, puisque pour le coup on ne remarquera même plus les grèves, cantonnées à ces espaces clos coupés du monde bien que pénétrés de toutes parts d'enjeux sociaux et politiques. Une articulation à creuser autour des conséquences de la dématérialisation des ressources. Les banques pourront témoigner.
