Game in Society

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vendredi 13 janvier 2012

Comment une étude devient un troll : violence et jeux vidéo

Une dépêche AFP, issue d'un article sur le Dauphiné libéré annonce qu'une nouvelle étude établit des liens entre violence et jeux vidéo. Jusque là, rien de nouveau, Ce qui m'interpelle n'est pas tant le contenu de l'étude, qui postule que la pratique de jeux vidéo violents a des effets sur l'imaginaire des joueurs et les pousse à adopter des comportements violents. Ce type d'approche est très classique, et reproduit la thèse des effets, avec une certaine habileté puisqu'elle se limite au niveau cognitif et ne prétend pas au passage à l'acte. Donc, je ne reviendrai pas dessus, je l'ai déjà fait ici ou sur d'autres espaces.

Non, ce qui m'interpelle est le fait que l'étude soit intégrée dans un dispositif de communication qui va à l'encontre même de certains principes scientifiques. Je ne suis pas là pour défendre une position de la "bonne" science, mais plutôt pour soulever un problème qui me semble central. Communiquer sur une étude est une chose qui peut être légitimée, la science publique est par définition publique et le fait que nos travaux ne soit pas visible et lisible contribue à l'isolement du chercheur - et à l'inverse les ranking et autres critères de notation de l'influence d'un article sont tout autant néfastes. Mais communiquer alors même que l'étude est inaccessible et pour cause, elle n'est pas publiée, met dans une situation extrêmement embarrassante. Autant, lorsque l'équipe de Walsh, Gentile ou Anderson fait de la com autour de ses études, elles sont publiées ou accessibles, donc on peut s'y référer. Autant là, à part des entrefilets on n'a aucune matière pour analyser le protocole d'enquête et les résultats, critiquer la méthodologie. Et par conséquent, on quitte le domaine de la preuve, de l'exigence scientifique pour basculer vers la croyance, la morale et autres.

Dès lors, que retient-on de ce communiqué de presse fabriqué à partir de bribes d'interview (bravo la circulation de l'information...) ? Une sorte de chimère destinée à activer les positions de chacun : Un troll scientifico-moral.

Construction du troll

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mardi 26 juillet 2011

Jeu vidéo, Norvège, interviews

Bonjour à tous,

Hier, j'ai été contacté par lemonde.fr et Libération, pour commenter le traitement médiatique de la tuerie d'Oslo, et plus particulièrement les premières évocations de la pratique des jeux vidéo par le tueur. Les deux articles sont disponibles ici et .

Pour autant, quelques points d'approfondissement et de précision sont nécessaires, car je sens déjà poindre les premières critiques. Donc autant qu'elles se fassent sur une version contrôlée de mes propos ; ici même, comme un hub vers d'autres zones de texte.

De la folie à l'action politique

Le lien entre jeu vidéo et tuerie est généralement le fait d'un récit de causalité, notion développée par Deborah Stone. Il s'agit d'établir une fiction qui met en place une relation causale entre deux éléments, Cette relation causale a valeur d'explication et de rationalisation d'actes qui sont "hors du royaume social" pour reprendre Goffman.

Ici la tuerie, difficile à qualifier à première vue, - on accuse les réseaux islamistes avant de découvrir le suspect - avec des motifs peu clairs ou acceptables, si tant est qu'un individu normal (au sens de canguilhem puis foucault) puisse avoir de tels motifs. Ainsi, le jeu vidéo se voit au départ mis en avant comme facteur potentiel. En impliquant les jeux vidéo, comme catégorie, on propose un début d'explication, on sort de l'irrationnel et de l'émotion pour entrer dans l'action politique, sociale et morale. Sans vouloir entrer dans des débats de psychologie sociale, les jeux vidéo sont des points de fixation dans le travail de compréhension, voire de deuil, et d'entrée dans le royaume social, soit le royaume administrable par les hommes en société.

Clinton avait fait cela après Littleton, mais avait tout de même dépêché une étude au Congrès qui n'avait pu statuer sur le lien de causalité, l'état de l'art scientifique étant trop peu avancé et contradictoire pour aboutir à une réponse claire. Il en a été de même pour Erfurt et Winnenden. L'insuffisance nécessite juste d'aller plus loin et surtout de rester prudent.

Maintenant, pour qu'une action politique à l'encontre du jeu vidéo soit entreprise, il faut qu'elle s'inscrive dans des politiques publiques capables de saisir la question. Télévision et violence, politique de jeunesse, question de la réglementation de la publicité pour enfants, comme framework au moment régulatoire des années 1993 aux Etats-Unis. Politique de sécurité du PS avec Chevènement ministre de l'intérieur, lors des débats sur la violence des jeux vidéo suivant des faits divers tragiques. J'ai fait un article sur le traitement politique français de la violence des jeux vidéo qui vient de paraitre, que je peux donner par mail. Sur le traitement médiatique, celui-là est disponible.

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mardi 12 mai 2009

30 millions pour le jeu vidéo et autres technologies : une mesure symbolique obsolète?

Le 7 mai dernier NKM - comme les bloggeurs se plaisent à affubler notre secrétaire d'Etat de ce petit nom - a communiqué sur le plan France numérique 2012, et a notamment mentionné la création d'une enveloppe pour le jeu vidéo, enfin plus précisément le jeu vidéo à usage professionnel, entendez par là les jeux sérieux qui servent à former les cadres sup' des grandes entreprises.

Extrait :

Le Président de la République souhaite, via le volet numérique du plan de relance présenté par la secrétaire d’État, donner de l’avance à la France dans trois secteurs clés : l’infrastructure à très haut débit (fibre optique), l’utilisation professionnelle du jeu vidéo et les plates-formes Web 2.0.

ERRATUM Tout de suite on déchante. La fibre optique coûte très cher (normal, c'est de l'infrastructure, même si elle est prise en charge pour partie par des providers comme Free) et devrait absorber une bonne partie du budget, les interfaces web 2.0,(pilotées par Lefebvre?) pourraient arriver en second, et les résidus iraient au serious gaming. ERRATUM

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jeudi 23 avril 2009

GTA : Streatham Hill, bientôt sur le net

Non ce n'est pas la nouvelle production de Rockstar, mais celle d'un étudiant en informatique anglais qui a décidé de modéliser sa banlieue de Londres. Après des centaines d'heures de repérage (photos), de programmation sous 3D Game Studio, le résultat est pas si mal pour une production amateur.

L'étudiant, Anthony Staines, souhaite diffuser son jeu sous l'appellation GTA, même si cela va être légalement impossible. D'autant qu'il souhaite édulcorer le jeu, "le rendre moins violent et véhiculer des valeurs positives." Question, est-ce un simple sandbox ou une satire socio-politique ? Car modéliser une ville ne fait pas un GTA.

Quoi qu'il en soit, au vu du résultat, le jeu vidéo amateur risque de devenir de plus en plus intéressant. Mais peut-être pas lorsqu'il devient un moyen de se faire repérer par les studios. En attendant d'autres vidéos sur son site, le trailer est disponible, reprenant tous les codes d'un GTA: San Andreas mixé avec GTA 4.

vendredi 3 avril 2009

You can leave your game on

Lu sur presseocean.fr, le cas intéressant d'un joueur se baladant à poil dans un parc, en hurlant à la mort de sa famille. Je cite l'intro de l'article pour que vous saisissiez le lien :

Dimanche, un jeune fuyait en pleine rue une tuerie imaginaire. Les jeux vidéo sont en question. Réactions.

Pourquoi ce cadrage ? Mystère des arcanes du journaliste. La question du sourçage a été posée en mail perso, attendons la réponse. Quoi qu'il en soit, malgré la perche tendue (très d'actualité huhu), les experts ont presque totalement dédouané les jeux vidéo. Saluons cette réponse.

Ca me rappelle :

  • cette histoire de 2006 d'autant plus drôle d'un parisien retrouvé à poil, alors qu'il se prenait pour un elfe de la nuit de Wow. Malheureusement, je ne retrouve pas l'article. Par contre si vous voulez savoir comment mettre dévêtir vos perso dans Wow, il y a plein de questions sur l'Internet multimedia...
  • la question de journaliste que je viens de recevoir : les sims sont-ils un peu de la schizophrénie. Je pense lui conseiller d'aller en HP, histoire de ne pas utiliser des termes de manière abusive. Mais à la lecture de l'article précédemment cité, je me demande s'il ne l'a pas lu.

mardi 24 mars 2009

Le point de non retour ou le renversement des stigmates

Il y a des jours on ne s'y attend pas. Et puis arrive quelque chose d'extra-ordinaire. Non pas une tuerie a cause des jeux vidéo, c'est d'un banal. Non, de nouvelles têtes dans la prise de parole experte médiatique. J'adore ça, je les collectionne et les compile. Mais là on est passé à un niveau supérieur. Une voix s'élève par dessus le marasme et la clameur. La voix de la sagesse et de la raison. Quel est donc ce sage parmi les sages qui ramènera tout un peuple à la lumière, ce prophète des temps modernes apportant la bonne parole, prodiguant ses conseils avisés pour restaurer la paix des ménages ???

super nanny

Que dire. Super Nanny qui explique la tuerie de Winnenden et accuse les jeux vidéo tout en recommandant le dialogue parent-enfant. Il paraît (selon google trad.) qu'elle a un diplôme de pédagogue, mais quand même, Super Nanny...

Shane Fenton, je te maudis de ne pas m'avoir laissé dans l'ignorance. Que les verts condamnent le jeu vidéo ou qu'une compétition de jeu vidéo près de Stuttgart soit annulé par le maire, ça passe encore, ça se tient. Mais Super Nanny... Non pas qu'elle n'ait pas droit de s'exprimer, mais qu'un journaliste ait eu l'idée de l'interviewer... je ne sais pas ce qu'ils prennent en conférence de rédaction, mais ça devrait être interdit.

Blague à part, une icône de télévision qui devient experte en violence et jeux vidéo, c'est une superbe revanche de la télévision sur les anciens discours de stigmatisation. Que la télévision accusée d'être la baby-sitter par défaut, produise des icônes donneuses de leçon, des autorités morales, c'est un retournement dont je ne mesure pas encore l'importance et la portée. Il y a quelque chose de tellement hyper-symptomatique que je n'arrive pas à le dire ; le syndrome de la lettre volée m'aveugle.

Un jour viendra, Hugo Délire condamnera la prochaine pratique déviante qui aura remplacée le jeu vidéo.

jeudi 12 mars 2009

La dépression, nouvelle star allemande

Bon, c'est le JT du 20h, ouverture sur la tuerie. La dépression est mise en avant avec les JV.

Le premier qui dit que le jeu vidéo ne provoque pas la violence mais la dépression, cf. l'addiction au jeu vidéo, et donc les jeux vidéo sont en partie responsables, ou encore que le jeu vidéo dé-socialise, alors que c'est plutôt la dé-socialisation qui le pousse à s'enfermer : il a perdu.

Car le facteur qui semble poser problème c'est son manque d'intégration à l'école, les gens qui se moquaient de lui. C'est pas du social ça? L'école comme instance de socialisation ça ne vous dit pas quelque chose ?

Et la dépression c'est une problématique sociale. Y a qu'à lire Alain Ehrenberg, la fatigue d'être soi : manque de lisibilité, défaut de reconnaissance et énorme responsabilité individuelle. Tout est dit.

Voilà, il fallait que ça soit dit avant que ça n'émerge dans l'espace public. Décrédibilisons à l'avance, principe de précaution oblige !

Un placement produit argumentatif anticipé. C'est sioux. Mais vaut mieux prévenir.

lundi 9 mars 2009

Pikachu m'a tuer

Pendant que la France fait sa petite bourgeoise avec ses problèmes d'addiction au jeu vidéo (oulah la, mon fils ne sort plus se droguer et violer des mineurs, il ne doit pas être normal, cf Zone interdite), les Anglais ont une sacrée longueur d'avance que j'avais presque oubliée de mentionner.

game4life

Traduction libre > Pour une mort prématurée : ne rien faire... pauvre con de gamer d'assisté qui touche le RMI et vole dans les super marchés alors que les gentils gens ils travaillent pour toi quand tu passes ta vie à mourir.

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jeudi 29 janvier 2009

Nintendo, si tu savais, ta DS où on se la met !

Lu sur écrans et kutaku

Robert Pelloni est un warrior, un vrai, capable de tout pour arriver à ses fins. Même se mettre en grève pour faire pression sur Nintendo. Le bon gars veut en effet sortir son jeu Bob's game sur DS. Mais Nintendo l'a snobé.

Alors, pris de courage, il a décidé de mener sa guerre interstellaire de 100 jours contre les aliens Nintendo. Hu, en fait il s'est enfermé dans sa chambre top secrète, au premier étage à côté de la chambre ses parents. Mais pour que cela ait un certain retentissement médiatique, il a décidé de mettre une webcam.

Si c'est pas du beau répertoire d'action / marketing geek tout ça : se prendre en otage version Loft story pour faire pression sur ses non-envahisseurs, je trouve ça très fort !

En même temps, faire sa thèse c'est pareil, mais sans webcam.


"bob's game" for NDS - a game by one person (cinematic trailer 20080912)

lundi 15 septembre 2008

Mes collègues m'ont tuer

Un petit jeu flash, assez marrant, five minutes to fill yourself, vous mettant dans la peau d'un employé modèle qui doit se suicider en moins de 5 minutes afin d'éviter une évaluation de as direction.

Pas si évident (attention au gros relou), bonne réalisation, musique stressante et chrono obsédant. De la pression sociale avec un renversement des stigmates, le jeu se joue de ses codes. Un bon exutoire, plein d'humour qui n'est pas sans rappeler certains vécus.

Produit par la boite de communication sur internet et d'habillage flash de sites web, Ham in the Fridge, un bon advergame. Enfin, quand on connait les intentions mercantiles de ce genre de boites, comment ils parviennent à détourner la souffrance psychologique de certains travailleurs pour en faire un jeu amusant, on se dit que le recyclage capitaliste a de beaux jours devant lui.

De là à dénoncer les accidents du travail, il n'y a qu'un pas.

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