Game in Society

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

dimanche 7 septembre 2008

Sarah Palin, la femme qui venait du froid

Lu sur le San Antonio Express, un article ironique proposant de comprendre la nouvelle side-kick de McCain, Sarah Palin, grâce à des jeux vidéo, la plupart se déroulant en Alaska ou dans les contrées australes.

Before we jump to conclusions about Palin, we should get to know her a little better — walk a mile in her snowshoes. Video games can help us do that.

Ces jeux confidentiels, voire inconnus sur le territoire européen, tentent avant tout de montrer en quoi l'Etat d'Alaska et son climat aride conditionneraient le caractère de glace de Palin. Ne prenons pas cet article à la lettre, mais décelons une pointe d'humour teinté des théories du climat de Montesquieu.

Il apparaît tout au long de l'article que les jeux vidéo proposent une expérience personnelle, une mise en situation, une simulation de vie. Bref, vivre par l'intermédiaire du jeu, une autre vie. C'est souvent le lot des political games.

Alors quid de cette analyse ? Les jeux vidéo cités ne sont que prétexte à des blagues potaches : As you play the video game, it helps to drop a few ice cubes into your underwear to get that extra dimension of realism.

Toujours dans cette même logique, le jeu vidéo fait parler de lui (surtout sur les blogs huhu), mais ne parvient pas à être un réel support d'analyse politique, peut être parce que la culture vidéoludique est encore limitée à un public restreint, moins immédiatement accessible. Faire des blagues avecles Chtii, tout le monde peut saisir, mais une blague sur GTA, à part les gamers qui ont fini le jeu (et pas les critiques qui l'incriminent sans avoir passé plus de 2 heures dessus), les autres publics ne pourrait voir la référence. Vous me direz, c'est une question de temps, l'âge moyen des joueurs augmente, la fracture vidéoloudique se résorbe....

Dernière perspective toutefois, la conclusion de l'article sur le jeu Artic tale:

Palin doesn't want federal protection for the polar bears and she doesn't believe in global warming. But if we could get her to play this game, she might change her mind.

Le jeu vidéo comme élément de prise de conscience, les political games s'y attellent.

En fait, le plus intéressant dans cette brève, c'est que ce soit un critique de jeu vidéo qui s'adonne à un commentaire politique sur le jeu démocratique.


Deadliest Catch: Alaskan Storm

mercredi 3 septembre 2008

Accident de DS

Les médias sont du pain béni, à nous offrir de passionnant sujets de bloggage.

Lu sur le blog e-psychologie et entendu sur France Inter le 2 septembre, un enfant a été écrasé car il jouait à un jeu vidéo. Bien entendu ce n'est pas la faut de l'automobiliste qui l'a écrasé.

Pour traiter de cette histoire macabre, rien ne vaut de bafouer la pudeur du deuil, de créer une cellule de crise virtuelle sur fréquence moyenne. Qui s'y colle, un tandem de choc, un journaliste et un expert,, et as usual.... roulement tambour... un psy, et pas des moindres: Dan Véléa, spécialiste des toxicomanies, et récent transfuge addictologue dans le monde lucratif des jeux vidéo.

Je ne ferai pas un large épilogue sur le business de la pathologisation, mais reprendrai cette citation tirée d'e-psychologie :

A la fin de la discussion, un journaliste lui tend la perche : “que faut il faire lorsque l’on est accro aux jeux vidéos ?” Consulter, bien sûr ! consulter. Voilà ce que d’autres appelleraient la construction d’une panique morale c’est à dire l’infiltration de peurs paniques transmises par le médias : nous sommes menacés par la technologie. Elle nous déborde, elle nous détourne de ce pour quoi nous sommes “naturellement” fait. Elle nous séduit par les plaisirs qu’elle nous apporte. Elle s’organise autour de quelques signifiants “patch”, déconnecté”,”réalité”,”SMS”,”console”,”jeux vidéo” et qui pointe dramatiquement vers “addiction”

Moi j'appellerai même ça la construction d'un marché ex nihilo. Le plus fascinant est que France Inter soit considérée comme une radio intellectuelle, ce qui ne l'empêche pas de laisser son sens critique off-line dès qu'il s'agit de jeux vidéo.

Par delà le fait divers macabre, se posent de vraies questions: jouait-il à burnout ? carmeggedon? GTA?

code de la route DS