Game in Society

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vendredi 27 novembre 2009

Morano et l'encadrement de l'accès aux jeux vidéo. Back to the 90s

Continuant sa campagne contre les jeux vidéo violents, Nadine Morano a développé son argumentation sur RMC. La secrétaire d'Etat à la famille revient sur la signalétique PEGI, après son speech sur la grippe A et avant celui sur la violence faite aux femmes, Classe, les jeux vidéo sont aussi importants, n'en déplaise aux morts du virus suite au retard d'administration du vaccin et aux femmes battues. Heureusement il n'y a pas de lien entre ces trois sujets, les JV ne provoquant pas la grippe A et n'entraînent pas de violences domestiques. Quoique sur ce dernier point je suis surpris qu'elle n'ait pas franchi le pas, certainement car elle pense le jeu vidéo comme un jouet pour enfant.

Le lien ? "Noël approche, parlons des jeux vidéo. Vous connaissez Dofus ?" Morano ne connait pas, Bourdin non plus. Dommage, car Dofus a déjà fait la une des journaux télévisés... c'est l'un des jeux vidéo en ligne les plus joués, surtout par les mineurs.... ils devraient lire ce site ou regarder la télé (ou le dessin animé Wakfus est diffusé sur France 3) :) Déjà, cette méconnaissance d'un best-seller fait froid dans le dos. Un peu comme si on voulait réguler le cinéma sans connaître Titanic ou le Soldat Ryan. En plus, étant une production française, il y a de quoi travailler sur l'identité nationale chez les plus jeunes.

Nous apprenons dans cette courte interview qu'un groupe de travail est mis en place, et vise à limier l'accès des jeux. Dans ce cadre, une étude sur le packaging est conduite, car le PEGI n'est pas efficace, seulement 21% des parents le connaissent. La source ? Un sondage... magnifique, je parie qu'il ne prend pas en compte la distinction parents de joueurs et de non joueurs, or ceci serait intéressant afin de pondérer les résultats. Qu'importe, les revendeurs spécialisés sont dans la ligne de mire, comme d'habitude.

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mardi 28 juillet 2009

Retour sur Night Trap

Aller, comme je suis sur ma partie violence et régulation, c'est l'occasion de vous remémorer Night Trap, le jeu qui a défrayé la chronique!.

Je vous propose donc ce reportage très rafraichissant :

Et en bonus cette citation du boss de Nintendo de l'époque, Howard Lincoln, qui fait sa mijorée devant le Sénat US :

Au cours de ces dernières années, des jeux très violents et injurieux ont atteint le marché et, bien sûr, je parle au sujet de Mortal Kombat et Night Trap. Permettez-moi de dire for the record, je tiens à préciser que Night trap n'apparaîtra jamais sur un système de Nintendo. Évidemment, il ne serait pas conforme à nos lignes directrices. Ce jeu, qui, comme vous l'avez indiqué, promeut la violence contre les femmes, n'a tout simplement pas de place dans notre société.

night trap

Je vous passe faute de temps les détails, mais la guerre livrée entre Sega et Nintendo sur la violence est des plus épique, et les auditions sont très rock'n roll!

jeudi 25 juin 2009

Gay double pride dans WOW

La Gay Pride s'est tenue le 20 juin dans WOW. Organisée en souvenir d'une descente de police dans un bar gay new yorkais dans la nuit du 27 et 28 juin 1969, la gay pride est une commémoration.

Chose intéressante, la question Gay dans les mondes numériques est un vrai problème, que ce soit l'interdiction du mot gay par Microsoft sur son Xboxlive, que ce soient les insultes anti-gay qui fusent sur les channels (grammaire sexuelle genrée pour les Kevins), et surtout l'affaire Sara Andrews vs.WOW.

Problème : les chartes de bonne conduite veulent pacifier les univers en ligne, en évitant toutes formes de discrimination, mais les insultes homophobes fusent. Donc, une joueuse gay de Wow a décidé de faire le forcing, en considérant que si Blizzard tolérait les insultes, elle pouvait faire sa guilde gay friendly.

Résumé de l'affaire Sara Andrews:

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mercredi 17 juin 2009

Ménage à trois et régulations anglaises

Pendant ces derniers mois le Royaume-Uni a fait l'objet d'un débat intéressant au sujet de la régulation des jeux vidéo. Avec l'affaire Manhunt 2, le rapport de la psychologue Tania Byron, nul doute qu'Outre-Manche les politiques se sentent concernés par le cas du jeu vidéo.

Jusqu'à présent le Royaume-Uni disposait d'un double système de classification, la norme pan-européenne PEGI, mise en place par l'industrie et portée par l'ISFE, et leur norme locale, mise en place par une autorité administrative, le British Board of Film Classification (BBFC), en charge de la régulation des films, mais aussi des jeux vidéo. A cela se rajoutait un troisième organisme anglais, le Video Standard Counsil (VSC) , en charge de l'étude des jeux 12+ pour le PEGI.

Extrait de présentation du cas anglais, issu d'une communication sur le système PEGI :

En Grande-Bretagne, le VSC a œuvré dans un premier temps comme administrateur d’un code de conduite à l’usage des professionnels de la vidéo dans le cadre de la loi britannique connue sous le nom de Video Recording Act (1989). En 1994, il a été chargé d’administrer le système ELSPA de classification des jeux vidéo en Grande-Bretagne. En 2003, le PEGI remplace l’ELSPA. Le British Board of Film Classification étudie toutes les classifications, pouvant refuser d’accorder l’utilisation de sa signalétique propre. Dans ce cas le jeu ne peut être distribué légalement au Royaume-Uni, ce qui n’a pas encore eu lieu d’être (sauf carmaggedon, bien que l'interdiction fut contournée en remplaçant les humains par des zombies).

Deux signalétiques c'était beaucoup trop pour les éditeurs anglais, regroupés dans leur syndicat ELPSA. D'ailleurs ces derniers, suite à l'interdiction de vente de Manhunt 2 ont entrepris de rendre la BBFC incompétente en la matière, et donc de pousser en faveur du PEGI et de son partenaire, le VSC.

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jeudi 11 juin 2009

Des chiffres pour exister / de la morale pour entreprendre

Vu lors du journal de 13h sur france 2, un dossier spécial ados et avec en invité la présidente d'e-enfance, prestataire de services pour les pouvoirs publics.

Si l'usage excessif des nouveaux médias est devenu une problématique saillante, se pose non plus la constitution du marché de l'addiction, mais des prédicateurs et entrepreneurs de cure. Vu qu'il y a une multitude d'acteurs sur le marché qui offrent des services, la surexposition d'une association parmi d'autres pourrait constituer un acte de concurrence déloyale et surtout du publi-reportage déguisé.

Sauf que e-enfance a réussi là où les autres luttent : être officiellement reconnue par les pouvoirs publics. Leur hotline net écoute famille a par exemple été inaugurée le 1er décembre dernier par Alliot Marie.

Passons. Ce qui nous intéressent sont les chiffres issus de leur enquête "les enfants et internet", IPSOS, avril 2009. L'étude porte sur un échantillon non représentatif, car numériquement trop faible (500 enfants), mais visant une tranche d'âge spécifique : les 9 - 17 ans.

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jeudi 12 mars 2009

Rapport sur la protection des consommateurs, et en particulier des mineurs, en ce qui concerne l'utilisation des jeux vidéo

Le rapport a donc été adopté ce lundi 12 mars, dans un contexte mouvementé.

Pour autant, ce rapport n'est pas liberticide et ne devrait pas condamner le jeu vidéo.

Quelques extraits tout de même sur la régulation à venir :

En résumé : on garde le système auto-régulé PEGI

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Revue de presse du jour

La panique morale commence et va peut-être donner lieu à une législation européenne.

Quelques éléments :

Une très belle phrase de Solidarité et Progrès (Jacques Cheminade inside), Massacre de Winnenden : Helga Zepp-LaRouche avait raison, banissons les jeux vidéo violents !

[Cependant, des neufs élèves abattus, dont huit filles, presque tous sont mort d’une balle en pleine tête. Cette « performance » est habituellement réservée à des tireurs d’élite bien entraînés ou des adolescents ayant passé de longues heures à s’initier aux jeux vidéo « point and shoot ».

Et la panique morale gagne en Allemagne:

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vendredi 5 décembre 2008

Quand l'Argentine donne une leçon de journalisme

L'émission "ultra"-populaire en Argentine, CQC a fait un reportage sur l'addiction au jeu vidéo. Au non, pas sur un ton sérieux et dramatisant europeo-centré. Non, complètement décomplexé et d'une rare qualité méthodologique.

Le reportage questionne la réalité de l'addiction au jeu vidéo, et interroge Susanna Calero, psychiatre spécialisée dans les addictions, qui avance :

Aucun jeu n'est mal. Si nous avons quelque chose dans l'existence, nous devons le voir d'un autre aspect. Que ce soit quelqu'un qui passe par un état d'angoisse par exemple, ce sont les conflits dans la maison qui les poussent à se réfugier, comme ils trouveraient refuge dans n'importe quel autre objet. (...) le jeu permet de se socialiser, mais quand il y a un usage excessif, la socialisation n'est plus.

Les psychiatres ont tendance à ne pas considérer les jeux vidéo comme addictif, ce qui pose la question : pourquoi une partie des non-psychiatres veulent faire une OPA sur cet objet? L'addiction sans drogue n'est-elle qu'une pure construction pour faire passer l'addiction dans le champ de la psychologie et de la psychanalyse ?

Quoi qu'il en soit, le reportage propose à des joueurs de faire du kart et à des parents sceptiques de faire une partie sur Wii. Et là, c'est le non-drame : les ados adorent le kart et seraient prêts à en refaire, les grands-mères s'éclatent à Wii tennis et révisent leurs positions après avoir pratiqué.

Ok, il y a un biais, la Wii n'étant pas révélatrice des jeux hardcore et ultraaaaaaaaaaaaaaaaa-violent, comme Counter Strike. En même temps, aller fragger à CS sans savoir maîtriser une souris, c'est compliqué.

Bref, un reportage très bien fait, complètement didactique et fun. Et après on dit qu'il n'y a pas de construction sociale, que la culture ne sert à rien. Le fait de poser la question en terme de violence et d'addiction reflète bien une intériorisation des valeurs établies. Et qu'un pays d'immigrants européens ait un autre point de vue illustre la pluralité et la relativité des positions de nos chers entrepreneurs de morale européens. Et puis quand un peuple a un rapport aussi fort avec ses psy, dans une approche exploratoire et de connaissance de soi, faut pas s'étonner qu'ils ne se satisfassent pas de positions orthodoxes.

Si la France était moins tabou avec ses psy, que la pratique était socialement partagée:

  1. les psy auraient suffisamment de boulot pour pas aller à la pêche aux nouveaux clients
  2. les pouvoirs publics et les industriels ne prendraient pas le public pour des cons
  3. les médias seraient moins pédants et dramatisant, pourraient être plus profonds et rigoureux sans rajouter une couche de pathos, vu qu'ils sauraient ce qu'est le pathos.

Y a pas à dire, on est de coincés de la vie :


CQC Argentina Informe Adiccion a los VideoJuegos

Bon, j'espère que le nouveau PDG de France télévision recevra l'ordre de notre président d'importer CQC en France. En même temps, c'est trop violent comme émission.

Les chiffres, c'est compliqué.

L'ELSPA, l'Entertainment Leisure & Software Publishers Association, la team de producteurs anglais qui tente de faire pression sur le Video Standard Counsil en miitère de régulation des jeux vidéo a pris position sur le débat public :

l'ELSPA demande à tous les parents qui veulent acheter un jeu vidéo pour Noël de s'en référer à la signalétique du PEGI, notamment l'âge et le descriptif de contenu. L'âge apparaît sur les jaquettes de jeu et sert à protéger les enfants et aider le public à être informé quand il achète des jeux pour enfant. L'ELSPA croit que les PEGI habilite les parents à faire les bons choix pour les enfants.

Passons, le débat sur qui doit être responsable de quoi, tant la proposition suivante est lumineuse :

Dans une optique reflétant les efforts déployés par les fabricants de produits alimentaires et les détaillants pour offrir aux consommateurs un moyen facile de comprendre le contenu des aliments, l'industrie du jeu vidéo est sur le point de lancer un système de "feux de circulation" pour le système de régulation.

Tout ça suite à l'enquête de la Docteur Byron, psychologue-clinicienne, (quelle originalité) qui a commis le rapport Safer children in a digital world (pdf). Ce rapport, entre autres propositions, relève que le système PEGI n'est pas connu et maîtrisé par les parents. Pour le coup, c'est pas faux, mais la solution dépasse le bon sens :

Nous vous proposons cette idée comme une conséquence directe du rapport ; le système doit supprimer le risque de confusion et c'est ce que nous faisons. Le système prévu par PEGI est très robuste, mais nous voulons qu'il soit clair pour les adultes, avec la mise en garde par les couleurs

Face à un tel obscurantisme de chiffres - 3, 7, 12, 16, 18 - dont la combinaison ésotérique doit certainement ouvrir les portes d'hadès, l'industrie encourage à mettre des codes couleurs, parce que le vert c'est bien, le mal c'est rouge. Par delà le retour aux signalétiques des années 90 (pour le JV et la télé même), je comprends mal le grand écart entre cette volonté de rendre les parent responsables et même de présupposer qu'ils ne savent pas lire des chiffres.

Alors plutôt que d'expliquer et d'éduquer, à la base - 12 ans n'est pas le niveau de difficulté mais l'âge conseillé - ils préfèrent les couleurs. Y a pas à dire responsabiliser le public tout en le considérant comme attardé, ça laisse rêveur. Me tarde d'avoir le sceau royal sur la moitié de la jaquette, "king approved, theocratic proof".

samedi 22 novembre 2008

Politique de la peur : Les jeux vidéo ne sont pas violents, mais ultra-violents

La nouvelle campagne de publicité du ministère du travail, des relations sociales, de la famille et de la solidarité nous offre un superbe clip de publicité prévention informant des dangers potentiels d'internet, le grand sujet à la mode. Oui, potentiels, pas réels, et alors ? principe de précaution oblige. Mais pas seulement.

Par delà le cliché, sont présentés pêle-mêle tous les méchants/déviants de la terre : skin, prostituées, biker? (le troisième j'ai du mal), alien de l'espace, pédophile... et de conclure sur cette sentence : "ne laissez pas le danger rentrer chez vous, activez le contrôle parental sur internet".

Vous apprécierez certainement de voir mis sur un même plan pédophile, néo-nazisme, et jeux vidéo, preuve d'une capacité de discernement sans faille. J'ai dû rater ça dans le dernier GTA.

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