Game in Society

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lundi 20 avril 2009

Retour sur Columbine, 10 après

Lu sur le site du monde, un retour sur le massacre de Littleton, point culminant de la croisade anti-jeux vidéo. Y a pas à dire, c'est quand Le Monde fait du copier-coller d'articles étrangers qu'il redevient pertinent.

Extraits choisis :

DES DIZAINES D'EXPLICATIONS AU MASSACRE, TOUTES ERRONÉES

Mais qui étaient Eric Harris et Dylan Klebold ? Pourquoi ont-ils tué ? Que s'est-il réellement passé à Columbine ? Dix ans après le massacre, ces questions hantent toujours les mémoires, mais de nouvelles réponses ont vu le jour. "La vérité sur Columbine", comme titre The Guardian, ne colle pas avec ce qui a pu être écrit ou diffusé dans la presse à l'époque. "La plupart de ce qui a été dit au public sur cette tuerie est faux", renchérit USA Today.

(...)

Dans les semaines qui ont suivi, les médias ont évoqué de nombreuses explications au drame : l'appartenance à un gang, les jeux vidéos, le hard rock, la fascination pour les armes ou le nazisme... En réalité, Eric Harris et Dylan Klebold n'étaient ni des adorateurs de Marilyn Manson, ni des exclus. Leur haine n'était pas spécialement dirigée contres les sportifs, les Noirs ou les chrétiens. "Toutes ces histoires sont le produit de l'hystérie, de l'ignorance et de déductions fallacieuses" des heures et des jours qui ont suivi le massacre. "La vérité est bien plus sinistre", écrit Andrew Gumbel. Eric Harris avait largement exposé son but sur son site Internet. Il tient en quelques mots : faire disparaître le lycée et tous ceux qui s'y trouvent.

Comme part hasard toutes les explications, se révèlent n'être au final que des constructions sociales : pas plus les jeux vidéo que les autres pratiques des "jeunes" comme facteur déclencheur ne sont recevables. Le contexte social joue un rôle crucial (la reconnaissance et l'exclusion). Enfin, ça a permis à Grossman de vendre des caisses de son bouquin.

Aller, encore 3 ans, et l'Allemagne se rendra compte de la même chose pour Erfurt. On pourra enfin parler sérieusement. Y compris les scientifiques.

Source Goldstein 2001.

mercredi 1 avril 2009

Un chien joueur de jeux vidéo ultra-violents tue son maître addict à nintendogs

AFPC - Paris. Un chien devenu fou se retourne contre son maître fan de Nintendogs.

Tragique accident de DS.

Patrick, 37 ans, passe ses journées sur Nintendogs, le million sellers de la firme du célèbre plombier dealeur de jeu vidéo. Nintendogs est une simulation de chien, dans laquelle vous devez élever votre chihuahua ou autre canidé. Patrick plongé dans cet univers virtuel est passionné par Tomy son chihuahua virtuel, à tel point qu'il délaisse Titou, son vrai chihuahua de compagnie.

nintendogsTitou, enragé à cause de ce jeu, se rue sur la DS de son maître et se met à déchiqueter la machine. Le maître pris de folie se retourne contre son chien et l'abandonne sur la voie publique.

Le chihuahua congédié, décide de se venger. Il apprend le maniement des armes sur Guns, un jeu de simulation de meurtre d'indien paru sur PC et consoles. Après ce rapide apprentissage, il décide de retourner chez son maître et le tue.

Selon le rapport de police, le chien portait sur lui un véritable arsenal de guerre fourni par le jeu vidéo. Apparemment son maître a été tué par trois coup de kalachnikov. Le chien se serait procuré les armes par internet en entrant en contact avec le groupuscule anarchiste WANCAD (We Are Not Capitalism Dogs) et aurait annoncé l'intention de tuer son maître sur toutoublog, le skyblog pour chiens.

Selon l'inspecteur des meurtres canins, le chien s'est donné la mort en s'étranglant avec le cable HDMI de la PS3. A leur arrivée, Bully (Canins Canin Edit), le jeu ultra-violent et addictif de Rockstar tournait sur la télévision.

Paroles d'experts.

Le porte parole de l'association des mères contre les jeux de simulation de chien (MADG) a déclaré :

Le porte parole de Nintendo n'a pas souhaité nous recevoir. Nous avons alerté les politiques de la dangerosité de ce jeu et appelons à la responsabilité de l'industrie. Nous notons que ce jeu n'est déconseillé qu'aux moins de 3 ans et exigeons qu'ils soit classé +18 et interdit aux maîtres d'animaux de compagnie. Des études ont prouvé que Nintendogs entraînait la mort de plusieurs animaux de compagnies par inanition. Aussi nous avons décidé de faire une class action contre nintendogz, ce jeu qui déchire des familles.

Selon Hervé Dumons, dresseur de chien et docteur en psychologie canine:

les chiens opèrent par mimétisme (...) une exposition prolongée aux jeux vidéo a une incidence certaine sur le comportement. Si la majorité passe sa journée vautrée sur un canapé, une fraction de la population canine passe à l'acte. Face à la demande incessante des canidés, nous avons prévus l'ouverture d'un centre de désintoxication pour chiens aux jeux vidéo. Nous faisons tout pour que les soins soient pris en charge par sécurité sociale.

Pour Dominique André, porte parole des éditeurs responsables de jeux vidéo :

Il faut avant tout que les chiens apprennent à se servir des jeux vidéo. C'est au maître de lui apprendre et de limiter sa pratique. La famille doit être responsable. Pour limiter l'accès, un contrôle canin olfactif a été mis en place. Le maître programme la machine et un parfum de chat est diffusé, repoussant les chiens les plus véhéments.

Pour l'historien Jean Meurice, professeur émérite à l'Institut Canin Français de Science Po Montargis :

L'Histoire regorge d'événements semblables. Au XIVè siècle, l'Eglise a interdit la présence des chiens dans les bordels pour éviter qu'ils perdent tout l'argent de leur maître. Cette politique anti gambling for dogs a permis l'émergence du capitalisme. On situe par ailleurs l'invention de la laisse à cette époque. (en off) Mais vous savez, le politique ne peut pas tout, alors il peut où il peut. Surtout quand les caisses sont vides .

Selon un député de l'ouverture, un amendement dans le projet de loi contre la délinquance canine devrait être déposé en urgence. Cet amendement prévoit l'interdiction des jeux vidéo aux chiens ainsi qu'aux maîtres.

Une histoire tragique qui pose encore la question de la responsabilité des jeux vidéo ultra violents et addictifs dans les meurtres canins. Par ailleurs suivant les préconisations de la commission Pour une gamelle responsable, la publicité et jeux vidéo cadeaux sur les paquets de frolics et canigou devrait être interdits et le message suivant apposé : "l'obésité des chiens est un fléau, les jeux vidéo en sont la cause." Nintendo fait pression pour que la mention suivante soit ajoutée : "Mettez votre chien à Wii Fit"

Killer dog photo de Titou prise par la DST quelques minutes avant le drame.

mercredi 18 mars 2009

Etudes sur la violence : sont-elles idéologiques ?

Un nouvel article des deux chercheurs qui montent dans le monde du jeu vidéo. Après leur contestation des études sur la question de l'addiction comme élément d'une panique morale, un nouvel article traite de l'orientation idéologique des études.

Christopher J. Ferguson, & John Kilburn, "The Public Health Risks of Media Violence: A Meta-Analytic Review", ''Journal of Pediatrics'', 23 février 2009

N'ayant pas pu avoir accès à l'article (je fais un appel d'ailleurs), je vous livre le compte rendu qui circule sur le net :

  • Ces 10 dernières années, on compte plus d'études sur le jeu vidéo que sur les autres médias.
  • Seulement 41% de ces études utilisent des méthodes viables et standardisées de mesure de la violence.
  • Ces méthodes de mesure peu fiables de la violence tendent à faire apparaître des effets maximisés en permettant aux chercheurs de choisir les faits qui valident leurs théories.
  • Plus les méthodes de mesure se rapprochent des faits, moins l'impact du jeu vidéo semble évident.
  • Le choix d'études de type expérimental (courtes et en labo et non en conditions réelles) tend également à tronquer les résultats et à s'éloigner une fois de plus de mesures satisfaisantes des comportements violents.
  • Il n'y a toujours aucune preuve que les jeux vidéo ont un impact supérieur aux autres médias sur les tendances violentes.

Si a priori, sans avoir pu lire la démonstration, je ne vois pas le lien ici-même avec l'idéologie... au mieux une méthodologie dominante. Pourtant la conclusion débouche sur l'idéologie :

Le problème reste que les recherches sur les effets de la violence dans les médias continuent d'être guidées principalement par les convictions idéologiques ou politiques plutôt que par l'objectivité. La violence dans les médias a une longue histoire de soumission à l'idéologie. Pourquoi la croyance dans les effets de violence dans les médias persiste malgré les faiblesses inhérentes de la recherche reste une question ouverte. Cela pourrait être une « parfaite tempête » d'opportunisme politique, une union des agendas sociaux de l'extrême-droite et de l'extrême gauche, du dogmatisme scientifique qui a nui à la capacité de la communauté scientifique à un examen critique de ce domaine de recherche.

En fin de compte, les données de cette étude ne permettent pas de conclure que les recherche sur la violence dans les médias est un problème important de santé publique. Si l'objectif de la société est de réduire la violence, les efforts scientifiques, politiques et économiques devraient mettre leurs billes dans d'autres poches. (traduction libre sur dernière expression)

A part le fait que les marges de l'échiquier politique ne soient pas définies ici (extrême droite et gauche, quezaco?), la soumission à l'idéologie est pas assez claire. Il y a une différence entre agenda politique, jeux de pouvoir, utilisation d'études et ce qu'ils appellent l'idéologie. Si les études sont politiquement orientées, il faut voir les protocoles, les cahiers de charges s'ils existent, les acteurs qui soutiennent et produisent, etc. Et surtout ce qu'ils en font! Est-ce le jeu vidéo qui les intéresse, ou la stigmatisation sur le jeu vidéo sert-elle d'autres intérêts (politique envers la jeunesse, politique économique large, etc.)? Mais n'ayant pas l'article.... je prends avec des pincettes toute entreprise de communication scientifique.

Deux types de question / précaution :

  • quelle est sa définition de l'idéologie ? Est-ce que l'usage politique est forcément idéologique, où cela se situe-t-il? Là il faudrait que j'ai l'article (je radote). Mais bon, plus de 31 dollars, c'est prohibitif.
  • faut-il faire des abstracts de nos recherches pour journalistes ? des versions résumées réutilisables et reproductibles comme telles ?

lundi 16 mars 2009

Far cry 2: simulateur de quoi?

Lu sur le Times, un article s'interrogeant sur le lien entre la pratique de Far Cry 2 et la tuerie de Winnenden.

Ce qui m'a alerté est cet argument, non pas nouveau, mais plutôt bien formulé à propos de Far Cry 2:

Des parallèles sont apparus entre le jeu vidéo et le massacre du jeune homme de 17 ans. Dans le jeu, il est essentiel de détourner les voitures pour se déplacer. Kretschmer détourne une voiture, pointe un pistolet à la tête du conducteur et demande: «Dois-je avoir du plaisir et "enlever" davantage de pilotes?" Les personnages du jeu, fait par la société française Ubisoft et vendu à 2,9 m de copies, portent des tenues de camouflage noir - Kretschmer portait des vêtements noirs, le mercredi.

Parallèle le plus sinistre de tous, le tueur dans Far Cry 2 utilise un Beretta 92, l'arme avec laquelle Kretschmer a tiré 112 fois. Le jeu, certifiés non conforme pour les moins de 18 ans en Grande-Bretagne, comprend des séquences de visée, de tir et de rechargement d'un Beretta, séquences représentées avec force de détail. Il récompense aussi les joueurs qui tuent leurs victimes dans la tête, le style d'attaque choisi par Kretschmer.

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dimanche 15 mars 2009

Extrait Zone et les gold farmers

Voici l'extrait en conclusion du zone interdite du 8 mars dernier.

Pour info / réserves,

  • je n'ai pas souvenir qu'il y avait une bande son.
  • je ne suis pas sur que pendant la séquence gold farmer, il y ait eu l'inscription "image Ge Jin, Université de San Diego" (Sinon, comment dire... San Diego... en Chine?)

jeudi 12 mars 2009

La dépression, nouvelle star allemande

Bon, c'est le JT du 20h, ouverture sur la tuerie. La dépression est mise en avant avec les JV.

Le premier qui dit que le jeu vidéo ne provoque pas la violence mais la dépression, cf. l'addiction au jeu vidéo, et donc les jeux vidéo sont en partie responsables, ou encore que le jeu vidéo dé-socialise, alors que c'est plutôt la dé-socialisation qui le pousse à s'enfermer : il a perdu.

Car le facteur qui semble poser problème c'est son manque d'intégration à l'école, les gens qui se moquaient de lui. C'est pas du social ça? L'école comme instance de socialisation ça ne vous dit pas quelque chose ?

Et la dépression c'est une problématique sociale. Y a qu'à lire Alain Ehrenberg, la fatigue d'être soi : manque de lisibilité, défaut de reconnaissance et énorme responsabilité individuelle. Tout est dit.

Voilà, il fallait que ça soit dit avant que ça n'émerge dans l'espace public. Décrédibilisons à l'avance, principe de précaution oblige !

Un placement produit argumentatif anticipé. C'est sioux. Mais vaut mieux prévenir.

Littleton reloaded

Super columbine massacre RPG Éternel come back? Après notre salve d'amendements et de reportages sur l'addiction ou la campagne de pub anglaise, retour sur un grand classique du traitement médiatique des jeux vidéo : la violence.

Hier, a eu lieu la fusillade à Winnenden en Allemagne. A peine j'ai appris ça que je me suis dit : tiens, demain on accusera les nouvelles technologies et les loisirs du tueur. Donc, on accusera les jeux vidéo. Ils ont fait pareil pour Littleton et Erfurt.

Bon, ben c'est parti, Associated Press donne du grain à moudre :

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dimanche 8 mars 2009

Récit de Zone interdite. Que fait la police ?

Le reportage de Zone interdite sur les jeux vidéo a eu lieu. Inséré après un premier sur l’alcool et le cannabis, et précédent un reportage, digne des plus grand Droit de savoir, sur les viols par mineurs (que j’aurai déconseillé aux moins de 16 ans vu que les actes sont répréhensibles pour des mineurs et la violence du truc). Ayant pris des notes pendant l’émission, je vous livre le tout avec les commentaires en attendant la mise en ligne sur dailymotion.A voir sur M6replay.

Pour plus de lisibilité, mes réflexions seront en italique. Je remercie M6 de m'avoir offert ce monument de télévision, et les journalistes sans qui rien n'aurait été possible.

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jeudi 22 janvier 2009

Le lien entre violence et jeux vidéo est une construction

Voici a priori un camarade de lutte. Un article scientifique, Christopher J. Ferguson, The school shooting/violent video game link: causal relationship or moral panic? (p 25-37), paru dans le Journal of Investigative Psychology and Offender Profiling démontre qu'il n'y a pas de liens entre jeux vidéo et violence, et qu'il s'agit davantage d'une "panique morale".

Le plus intéressant est qu'il démonte les protocoles d'enquêtes établissant le lien entre jeux vidéo et violence, et offre une perspective plus sociologique de la construction de la doxa actuelle, enfin de la vulgate scientifique.

Cette panique morale vient généralement dans un contexte de guerres de culture:

La panique morale apparaît dans les guerres de culture qui se produisent dans une société, bien que les croyances morales soient souvent déguisés en « recherche » scientifiques, souvent de mauvaise qualité. Chacun de ces groupes, les politiciens, les médias et les chercheurs en sciences sociales, ont, sans doute, des motifs pour promouvoir ces croyances hystériques sur la violence dans les médias, et les jeux vidéo en particulier. (p. 30)

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dimanche 4 janvier 2009

Ma DS m'a fumé

Sur DS, la console pour les filles et maman (c'est gratuit), sort mon coach personnel : arrêter de fumer avec la méthode Alain Carr, adaptation vidéo-ludique du best-seller du Monsieur.

Donc, en première mondiale, nous avons enfin l'opportunité de voir si un livre est plus efficace qu'un jeu vidéo.

La méthode est simple, elle consiste à détruire les croyances du plaisir de la clope, par une série d'objections moralisantes. Il paraît que ça a marché, le tout étant de bien reconfigurer le surmoi par l'intériorisation de normes et valeurs alternatives.

J'ai pas encore pu voir le jeu et j'ai pas trouvé de commentaires d'utilisateurs. Question qui me brûle les lèvres comme un cigarette cramée jusqu'au filtre: l'addiction au jeu vidéo est-elle meilleure que celle à la clope? Est-ce que l'addiction à la clope est un bon substitut à world of warcraft ? Le sevrage de la clope rend-il plus violent qu'une partie de GTA?

Je contacte Moati pour lancer le débat. Et attends vos retours!

En attendant un test qui m'a fait rire. Un autre plus consciencieux.

Et sinon arrêter le jeu vidéo avec mon coach personnel DS? c'est pour quand?

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